pour la refondation de Mayotte
Amendements (53)
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement a été travaillé avec la Coalition Eau.
Cet amendement vise à mettre en œuvre un plan de rénovation et de redimensionnement des infrastructures de distribution d’eau potable afin de garantir les principes de continuité, d’égalité et d’adaptabilité du service public de l’eau à Mayotte.
En 2017, 29 % des logements n’avaient pas accès à l’eau potable à Mayotte, ce qui représente 81 000 personnes. Mayotte subit en effet une sécheresse inouïe, qui s’ajoute à des infrastructures vétustes et à un manque criant d’installations de traitement et de dessalement. Cette crise de l’eau a des conséquences sociales et sanitaires graves. En effet, les problèmes d’accès à l’eau potable, d’hygiène et d’évacuation de l’eau peuvent être à l’origines d’épidémies diverses, alors même que l’accès aux soins à Mayotte est 16,9 % plus cher qu’en métropole.
Pourtant l’État et le département ne sont pas à la hauteur et les plans mis en œuvre sont largement insuffisants.
Après le passage des cyclones Chido et Dikeledi, la crise de l’eau à Mayotte s’est aggravée et de nombreuses infrastructures sont désormais inutilisables, tandis que les besoins n’ont jamais été aussi élevés. Ainsi, les coupures d’eau se multiplient et sa qualité se dégrade.
Les trois premiers alinéas visent donc à apporter des précisions sur le Plan Eau Mayotte, en particulier en réalisant un réel diagnostic sur l’état de la crise de l’eau et en multipliant le nombre de points d’accès à l’eau. En attendant de pallier les graves défaillances du service public de l’eau à Mayotte, nous devons pouvoir agir en parallèle sur tous les fronts. C’est pourquoi il est nécessaire d’encourager l’ensemble des sources alternatives (multiplication des bornes fontaines, stockage et récupération des eaux de pluie, distribution de contenants propres, accompagnement à l’utilisation des eaux de surface…).
Selon la loi n°2006-1772 du 30 décembre 2006 sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) : "l'usage de l'eau appartient à tous et chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d’accéder à l’eau potable, dans des conditions économiquement acceptables par tous". En l’occurrence, à Mayotte, cette loi n’est pas respectée et c’est pourquoi il est donc aujourd’hui nécessaire d’agir urgemment.
Dispositif
Après l’alinéa 133, insérer les cinq alinéas suivants :
« – à engager, d’ici décembre 2025, le diagnostic territorial de l’accès à l’eau obligatoire prévu à l’article L. 1321‑1 B du code de la santé publique ;
« – à assurer un maillage suffisant de points d’eau publics ;
« – à assurer l’accessibilité et l’abordabilité des points d’eau publics, notamment en multipliant les points d’achat et de recharge des cartes monétiques ; ».
« Le stockage et la récupération des eaux de pluies seront facilités et encouragés pour les ménages. »
« En particulier, seront encouragées les solutions et sources alternatives d’accès à l’eau (multiplication des bornes fontaines, stockage et récupération des eaux de pluie, distribution de contenants propres, accompagnement à l’utilisation des eaux de surface) dans les zones où le service public d’eau n’est pas suffisant ou efficient. »
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à rappeler que les difficultés de Mayotte, avant d’être aggravées par les catastrophes climatiques Chido et Dikeledi ne sont pas apparues ex nihilo, mais leur préexistaient, en raison du manque d’engagement de l’Etat à l’égard de ce territoire dont les habitants se sentent abandonnés.
Une telle précision s’impose, dans la mesure où cette défaillance de l’Etat figure parmi les facteurs ayant contribué au maintien de Mayotte au rang de département le plus pauvre de France.
Enfin, il est regrettable que l’amorce d’une démarche tendant à la convergence économique et sociale entre l’hexagone et Mayotte, n’ait été réellement entreprise qu’en raison de la survenance d’évènements climatiques majeurs.
Dispositif
Après l’alinéa 14, insérer l’alinéa suivant :
« A l’instar des autres territoires ultramarins, Mayotte a souffert, durant des années, d’un sous-investissement chronique et d’un manque d’efficacité des politiques régaliennes, lesquels ont largement contribué à la persistance de conditions de vie particulièrement dégradées sur ce territoire. »
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à rappeler la nécessité d’offrir aux habitants de Mayotte des conditions de vie décentes et dignes de l’appartenance à la République, à laquelle ils ont exprimé leur attachement à plusieurs reprises.
Alors que 77% de la population de Mayotte connaît une extrême pauvreté, il importe d’affirmer clairement le refus de voir les habitants de ce territoire, pourtant situé dans la 7e puissance mondiale, demeurer dans l’incapacité de satisfaire leurs besoins primaires. En effet, au-delà de la sécurité, les Mahorais sont confrontés à de nombreuses difficultés pour se nourrir, se loger, à avoir accès à l’eau, et ainsi soumis à des conditions de vie indignes.
Dispositif
À l’alinéa 6, après le mot :
« vivre »,
insérer le mot :
« décemment, »
Art. ART. 2
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Les auteurs de cet amendement souhaitent supprimer les dispositions qui restreignent les conditions d’accès au séjour pour motif familial à Mayotte de manière disproportionnée.
Ces alinéas imposent la détention préalable d’un visa de long séjour pour la délivrance des cartes de séjour temporaire « vie privée et familiale » délivrées à l’étranger parent d’enfant français ou au titre des « liens personnels et familiaux ». Ils portent de trois à cinq ans la durée de résidence régulière exigée pour la délivrance de la carte de résident « parent d’enfant français » et crée une condition de résidence habituelle de sept ans pour la délivrance de la carte de séjour temporaire « liens personnels et familiaux ».
D’une part, les auteurs de cet amendement souligne que la Défenseure des droits recommande l’abandon de l’allongement de la durée de résidence régulière, portée de trois à cinq ans, en soulignant que les conditions de délivrance de la carte de résident à Mayotte sont déjà extrêmement strictes. Ces dispositions rendent l'accès au titre de séjour très difficile, notamment dans un contexte local marqué par une précarité administrative, sociale et économique. De plus, l’étude d’impact n'explicite pas de quelle manière cette mesure pourrait contribuer à la lutte contre la fraude. Selon la Défenseure des droits, ces dispositions n'apporteraient donc aucune réelle efficacité en matière de maîtrise migratoire ou de lutte contre la fraude, mais alourdiront davantage un cadre juridique déjà restrictif.
D’autre part, concernant la restriction de l’accès au titre de séjour "vie privée et familiale", il est proposé de limiter sa délivrance aux cas où l’étranger justifie d’une entrée régulière en France via un visa de long séjour et d’une résidence habituelle de sept ans. Cependant, comme l'indique la Défenseure des droits, une telle mesure soulève de nombreuses difficultés et pourrait avoir des conséquences disproportionnées.
Elle rappelle, dans son avis n°25-07 du 6 juin 2025, que l'article L.423-23 du CESEDA transpose les exigences de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme (Conv. EDH), qui protège le droit au respect de la vie privée et familiale. Cet article prévoit qu'un étranger qui ne remplit pas les conditions d'accès au séjour pour motif familial, mais qui dispose de liens personnels et familiaux en France, peut obtenir un titre de séjour temporaire "vie privée et familiale", d'une durée d'un an. Cette régularisation intervient lorsque le refus de séjour porterait atteinte de manière disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale.
Subordonner désormais la délivrance de ce titre de séjour à des conditions supplémentaires, telles que l'entrée régulière en France sous visa de long séjour et une résidence de sept ans, reviendrait à modifier la finalité même de l'article L.423-23. Ce dernier ne serait plus alors perçu comme la mise en œuvre des obligations internationales de régularisation prévues par l’article 8 de la Conv. EDH, mais comme l’établissement d’une nouvelle voie de régularisation automatique, applicable uniquement aux étrangers ayant rempli les nouvelles conditions, ce qui restreindrait davantage encore l'accès au séjour.
Pour toutes ces raisons, les auteurs de cet amendement proposent de supprimer ces dispositions.
Dispositif
I. – Supprimer les alinéas 2 à 5.
II. – En conséquence, supprimer les alinéas 12 à 15.
Art. ART. 30
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
L'alinéa 190,nouvellement créé, prévoit l'exclusion de toute coopération de l'assemblée de Mayotte aux négociations avec des pays qui ne reconnaissent pas l'appartenance du territoire de Mayotte à la République.
Cet article exclue donc de facto toutes possibilités pour l'Assemblée de Mayotte de discuter avec des État de la zone, notamment les Comores, qui ne la reconnaissent pas comme française.
Cette restriction peut avoir des conséquences particulièrement dommageables pour le 101e département français, qui se priverait de passer des accords internationaux particulièrement utiles.
La suppression de cet alinéa paraît donc nécessaire pour laisser à Mayotte le plus d'options possibles lorsqu'il s'agit d'agir sur le plan international.
Dispositif
Supprimer l'alinéa 190.
Art. APRÈS ART. 27
• 19/06/2025
IRRECEVABLE_40
Art. ART. 4
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement a pour objet de supprimer l’article 4 du projet de loi, qui prévoit un allongement des délais de sursis à l’enregistrement des reconnaissances de paternité ou de maternité prononcés par le procureur de la République en cas de soupçons de reconnaissance frauduleuse. La durée du sursis sera de deux mois maximum, renouvelable une fois par décision spécialement motivée. Cette durée sera portée à trois mois, renouvelable une fois par décision spécialement motivée lorsque l’enquête est menée, en totalité ou en partie, à l’étranger par l’autorité diplomatique ou consulaire.
Un tel allongement du délai aurait des conséquences graves sur les enfants concernés. En l’absence de reconnaissance enregistrée, l’enfant n’est pas juridiquement rattaché à son parent, ce qui pourrait bloquer son accès aux droits fondamentaux (santé, éducation, droits sociaux). Cela créerait une insécurité psychique, sociale et juridique majeure, tant pour l’enfant que pour les parents concernés qui, en l’absence d’acte de reconnaissance, sont privés de leurs droits en matière d’autorité parentale.
Cet article s’inscrit dans une logique de suspicion généralisée à l’égard des reconnaissances de filiation à Mayotte, alors même que la reconnaissance d’un enfant devrait être un acte protégé et encouragé dans l’intérêt supérieur de l’enfant, tel que défini par l’article 3 de la Convention internationale des droits de l’enfant.
En outre, le flou entourant les critères de déclenchement et de prolongation du sursis renforce le risque d’arbitraire et de rupture d’égalité pour les habitants de Mayotte.
Cette disposition apparaît ainsi disproportionnée au regard de l’objectif affiché, et dangereuse s’agissant du respect des droits fondamentaux, en particulier du droit au respect de la vie privée et familiale au sens de l’article 8 de la Conv. EDH. Elle s’inscrit dans une logique de suspicion systématique vis-à-vis des actes de reconnaissance dans un territoire déjà fortement marqué par la défiance administrative, ce que dénonce régulièrement la Défenseure des droits dans ses rapports, en soulignant l’effet d’accumulation des mesures dérogatoires à Mayotte.
Les auteurs de cet amendement proposent ainsi la suppression de l’article 4 pour garantir le respect du principe d’intérêt supérieur de l’enfant et garantir le respect de la vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la Conv.EDH.
Dispositif
Supprimer cet article.
Art. ART. 8 BIS
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à supprimer l’article 8 bis du projet de loi pour la refondation de Mayotte, qui impose au préfet d’informer sans délai les organismes de sécurité sociale et France Travail de toute décision de refus de séjour, de retrait de titre ou d’expulsion, et oblige ces derniers à radier les personnes concernées.
Cet article reprend, pour Mayotte, les dispositions de l’article 48 du projet de loi pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration qui avaient été censurées par le Conseil constitutionnel, qui l’avait regardé comme un « cavalier » législatif.
L’introduction de cette disposition confortera une forte précarisation des personnes étrangères. En supprimant leur accès aux droits sociaux, cette mesure les prive de soins de santé, d’indemnisation ou d’aides sociales. Ces personnes, déjà vulnérables, se retrouveront dans une situation de grande précarité.
Dispositif
Supprimer cet article.
Art. ART. 2 BIS A
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Par cet amendement de repli, nous souhaitons rappeler que l’abrogation du titre de séjour spécifique à Mayotte à l’horizon 2030 revient à prolonger de facto une exception au droit commun pour encore plusieurs années, alors même que ce dispositif n’a pas démontré son efficacité en matière de régulation migratoire.
Dispositif
À la fin de l’alinéa 2, substituer à la date :
« 1er janvier 2030 »
la date :
« 1er janvier 2026 ».
Art. ART. 15
• 19/06/2025
IRRECEVABLE_40
Art. ART. 2 TER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement propose la suppression de l’article 2 ter qui vise à limiter le regroupement familial en excluant de cette possibilité les étrangers disposant d’un logement « édifié ou occupé sans droit ni titre ou relevant de l’habitat informel ».
Cette condition supplémentaire imposée pour être éligible au regroupement familial à Mayotte exclura une grande partie de la population étrangère, notamment les travailleurs, des possibilités de regroupement familial en raison de l’impossibilité matérielle d’accéder à un logement dit « normal » dans un territoire où les conditions de logement sont particulièrement et structurellement très difficiles.
En imposant des critères stricts de logement, cet article risque de renforcer l’isolement social et de stigmatiser davantage des populations déjà vulnérables, sans offrir de solutions pour améliorer leur situation.
Pour toutes ces raisons, les auteurs souhaitent la suppression de l’article 2 ter.
Dispositif
Supprimer cet article.
Art. ART. 15
• 19/06/2025
IRRECEVABLE_40
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Dans son rapport de 2020 intitulé « Établir Mayotte dans ses droits », le défenseur des Droits soulignait l’urgence pour la République de donner aux corps aux promesses faîtes au 101e département français.
Abordant la question de l’éducation, le défenseur des droits parle de « manque de moyens et dénis de droits » et souligne les difficultés que rencontrent les enfants de Mayotte à être scolarisés. Le défenseur des droits a notamment rappelé ses recommandations aux maires de Mayotte, leur indiquant de nouveau l’obligation qui est la leur de scolariser tous les enfants sur le territoire de leur commune dès lors que ces derniers y réside de façon effective.
Plus récemment, lors de son déplacement en 2023 sur l’île française la plus pauvre, la défenseure des droits a pu rappeler l’effectivité des droits qu’impose l’État de Droit. Le communiqué indique alors qu’à Mayotte « le droit à la scolarisation n’est pas assuré pour des milliers d’enfants ».
Or, à Mayotte ou le taux de pauvreté est de 77%, l’école peut malheureusement être le seul endroit ou l’enfant à accès à un repas complet par jour. Les difficultés d’accès à l’école, et donc à la restauration scolaire, entrave gravement les besoins primaires des enfants habitants Mayotte.
Le présent amendement a donc pour but d’inscrire, dans les objectifs atteindre par le Gouvernement, dans le cadre de sa délégation de compétence opérée par le parlement, la scolarisation et l’accès des enfants à la restauration scolaire à Mayotte.
Dispositif
Après l’alinéa 16, insérer l’alinéa suivant :
« – la scolarisation des enfants mahorais, dans les mêmes conditions que ceux de l’hexagone, qui est un objectif prioritaire afin de leur assurer un accès à l’éducation et aux services périscolaires ; ».
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
IRRECEVABLE
Art. APRÈS ART. 2
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement reprend une préconisation d'UNICEF France.
L’Article 414-5 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile prévoit qu’un document de circulation pour étrangers mineurs (DCEM) est délivré de plein droit à un mineur si l’un des parents dispose d’une carte de séjour temporaire, pluriannuelle ou d’une carte de résident. À Mayotte seulement, l’enfant doit, en plus, être né en France.
Cette dérogation entraîne des conséquences concrètes sur le droit de vivre avec ses parents (article 9 CIDE). En effet, la composition des foyers à Mayotte amène parfois des ménages composés d’une pluralité de nationalités et de statuts administratifs. Il est donc fréquent que les parents soient en situation régulière mais que l’enfant soit né dans un pays étranger. Ainsi, de nombreux enfants se trouvent bloqués sur le territoire alors qu’il est parfois nécessaire pour la famille de quitter l’île pour des raisons de santé, de scolarisation, d’études ou de rapprochement familial avec d’autres membres de la famille qui vivent en Hexagone ou dans la région Océan Indien. Cette spécificité est d’autant plus problématique considérant la proportion d’enfants étrangers présents sur le territoire mahorais. Il contrevient à l’intérêt supérieur de l’enfant de ne pas pouvoir se déplacer librement, d’autant plus dans le contexte de territorialisation des titres de séjour que connait le département de Mayotte renforce la rupture d’égalité dans la réalisation d’une liberté de circulation effective dans l’ensemble du territoire français.
Dispositif
Le 6° de l’article L. 441‑7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile est abrogé.
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Malgré le processus de départementalisation de l’île, les services publics déployés à Mayotte restent pour bon nombre d’entre eux, mutualisés avec ceux de la Réunion, à l’instar du tribunal administratif réunionnais, compétent pour tout contentieux mahorais.
Si la solidarité réunionnaise envers les mahorais n’est plus à prouver (budget d’un million d’euros versé à Mayotte après le passage du cyclone Chido, accueil des évacuations sanitaires du centre hospitalier mahorais à la Réunion, gestion des appels d’urgence depuis la Réunion durant le passage de Chido…), la Réunion ne peut être éternellement au soutien du territoire le plus pauvre de France en étant elle-même le troisième territoire le plus pauvre de la République.
La départementalisation de Mayotte ne se fera qu’avec l’octroi de services publics entièrement dédiés à ce territoire et gérés par les mahorais. C’est le sens du présent amendement.
Dispositif
Après l’alinéa 21, insérer l’alinéa suivant :
« – la création, dans un délai de cinq ans à compter de la promulgation de la présente loi, de services publics autonomes et entièrement gérés depuis Mayotte. »
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Mayotte est un département français depuis 2011, pourtant, en 2018, selon l’Insee, 42 % de la population vivait avec moins de 160 euros par mois. En 2022, à peine un tiers des 15-64 ans avaient un emploi. De nombreux habitants vivent dans des bidonvilles insalubres.La problématique humanitaire de Mayotte est donc secondaire et ne répond en aucun cas à une volonté de développement économique réel. Les récentes grèves générales de l’île de Mayotte contre la vie chère en témoignent : les grandes enseignes françaises de commerce et le gouvernement ne montrent aucun empressement à régler les problèmes des prix élevés des denrées alimentaires de base.
La colonisation, puis la départementalisation de Mayotte répond en réalité à des objectifs militaro-économiques. La zone économique exclusive de Mayotte permet à la France de prospecter les potentielles ressources de l’océan Indien (hydrocarbures et minerais), tout en surveillant militairement le canal du Mozambique, où passent deux tiers du pétrole provenant du Moyen-Orient.
Dispositif
Après l’alinéa 113, insérer l’alinéa suivant :
« Pour tourner la page de l’histoire coloniale, l’État ne doit plus faire primer ses intérêts stratégiques sur la qualité de vie des Mahorais et des Mahoraises. »
Art. ART. 1ER BIS
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Par cet amendement, nous souhaitons réexaminer la mesure confiant au représentant de l’État, jusqu’en 2030, la conduite de l’ensemble des services et établissements publics de l’État à Mayotte.
Le choix de centraliser durablement autant de pouvoirs entre les mains d’un seul acteur questionne l’équilibre entre l’État et les collectivités locales, ainsi que le principe de libre administration.
Sans garde-fous ni gouvernance partagée, un tel recentrage risque d’accentuer la défiance démocratique déjà exprimée par une partie de la population. Ce type de dérogation, présenté comme exceptionnel, ne saurait devenir une norme durable ni servir de terrain d’essai à d’éventuelles extensions à d’autres territoires.
Enfin, la durée du dispositif, fixée à six ans, paraît excessive et sans réelle justification.
Dispositif
À l’alinéa 1, substituer à la date :
« 31 décembre 2030 »
la date :
« 31 décembre 2026 ».
Art. ART. 27
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à clarifier la vocation du fonds de soutien instauré pour les communes et intercommunalités de Mayotte en matière d’activités périscolaires. En précisant les types de dépenses éligibles, il permet de sécuriser l’utilisation des crédits et de garantir une offre périscolaire de qualité, adaptée aux besoins locaux. Il répond à une demande forte des élus locaux et des acteurs éducatifs de disposer d’un outil de financement transparent et ciblé.
Dispositif
Après l’alinéa 1, insérer les cinq alinéas suivants :
« À ce titre, le fonds peut notamment financer :
« 1° La rémunération et la formation des personnels encadrant les activités périscolaires ;
« 2° L’acquisition de matériels pédagogiques, culturels ou sportifs nécessaires ;
« 3° Les dépenses de fonctionnement liées à l’organisation et à la coordination de ces activités ;
« 4° Les actions d’accompagnement éducatif visant à favoriser l’inclusion et la réussite scolaire. »
Art. ART. 15
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à associer étroitement les élus locaux à la préparation et à l’adoption des mesures prises par ordonnance pour adapter la législation sociale à Mayotte.
Dispositif
Après l’alinéa 7, insérer l’alinéa suivant :
« Préalablement à toute mesure prise en application du présent article, le Gouvernement consulte les élus locaux de Mayotte ainsi que les représentants des collectivités territoriales concernés, afin de recueillir leur avis sur les adaptations envisagées. »
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à revenir sur l’approche réductrice et stigmatisante, par laquelle le projet de loi de programmation aborde les problématiques urgentes auxquelles Mayotte est confronté.
En effet, alors que la situation de ce territoire est catastrophique sur tous les plans, que les passages de Chido et Dikeledi l’ont aggravée, il est regrettable de constater que le projet de loi censé lui permettre d’amorcer sa marche vers la convergence tant attendue des droits avec l’hexagone, et la sortie de son état de sous-développement chronique se focalise, comme systématiquement s’agissant de Mayotte, sur l’immigration irrégulière et l’habitat informel.
Or, la pluralité des causes du retard en tous points de Mayotte, impose qu’il soit clairement exposé la volonté d’offrir aux habitants de Mayotte des conditions de vie dignes de leur appartenance à la 7e puissance mondiale, et non seulement celle de lutter contre l’immigration irrégulière et l’habitat informel, qui au demeurant, figurent davantage au rang des conséquences de la défaillance de l’exercice des compétences régaliennes sur ce territoire, que parmi les causes exclusives de la situation que traverse Mayotte
Dispositif
À la fin de l’alinéa 15, substituer aux mots :
« visant à lutter plus efficacement contre l’immigration clandestine et l’habitat illégal »
les mots :
« afin de doter le territoire des moyens adaptés aux besoins de ses habitants, lui permettant d’assurer son développement et de faire face aux défis auxquels il est confronté ».
Art. ART. 15
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement rédactionnel vise à rappeler qu’à l’échelle sémantique, le terme « Hexagone » soit désormais privilégié par rapport à celui de « métropole » pour qualifier la France continentale par rapport à ses territoires ultramarins, le terme « métropole » faisant écho au passé colonial de la France.
Dispositif
I. – À l’alinéa 1, substituer au mot :
« métropole »
le mot :
« hexagone ».
II. – En conséquence, à l’alinéa 12, substituer au mot :
« métropole »
le mot :
« hexagone ».
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à rappeler le caractère multiple des causes de l’insécurité à Mayotte qui ne saurait, contrairement à ce que sous-entend l’alinéa ici modifié, découler de la seule immigration irrégulière.
La formulation de cet alinéa est effet doublement critiquable : d’une part, elle participe à la stigmatisation des personnes résidant en situation irrégulière à Mayotte, a fortiori des étrangers entendus au sens large. D’autre part, le fait de réduire l’insécurité que connaît ce territoire à cette unique grille de lecture, revient à apporter des réponses inappropriées à la multiplicité de ses causes.
Dispositif
À la fin de l’alinéa 85, substituer aux mots :
« lien avec la lutte contre l’immigration irrégulière »
les mots :
« tenant compte des causes multiples de l’insécurité à Mayotte ».
Art. ART. 30
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Tel que rédigé, l'alinéa permettrait à l'assemblée de Mayotte de se prononcer sur tous les actes de l'Union européenne, quand bien même ceux-ci ne la concerneraient. L'absence de distinction entrainerait donc une consultation systématique de l'assemblée de Mayotte qui n'a pas vocation à devenir un organe de consultation européen. En outre, ladite assemblée ne dispose pas de moyens spéciaux pour absorber cette charge supplémentaire de consultation.
Il est donc proposé de supprimer cet article qui vient surcharger inutilement la collectivité nouvellement créée.
Dispositif
Supprimer l'alinéa 192.
Art. AVANT ART. 6
• 19/06/2025
IRRECEVABLE_40
Art. ART. 15
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Le présent amendement vise à renforcer la transparence et le suivi parlementaire sur l’évolution des écarts persistants entre Mayotte, les autres départements d’outre-mer et la France hexagonale en matière de prestations sociales.
Malgré l’objectif affiché d’alignement progressif des droits, les écarts de montants versés, de taux de recours, de délais de traitement et de qualité de service demeurent importants à Mayotte, contribuant à un sentiment d’injustice et de relégation pour les Mahorais.
En précisant le contenu du rapport annuel que le Gouvernement devra remettre au Parlement, cet amendement garantit que les disparités seront analysées de façon complète et objective, en tenant compte non seulement des montants mais aussi de l’accès effectif aux droits et de la qualité de leur mise en œuvre.
Dispositif
Après l’alinéa 11, insérer les alinéas suivants :
« Ce rapport précise :
« 1° Les montants moyens versés par type de prestation ;
« 2° Les taux de recours et de non-recours observés pour chaque prestation ;
« 3° Les délais moyens de traitement des dossiers et de versement des droits ;
« 4° Les disparités d’effectivité et de qualité du service public dans l’instruction des droits et le suivi des bénéficiaires ;
« 5° Les obstacles identifiés à l’harmonisation des régimes et les leviers envisagés pour réduire ces écarts.
« Le rapport formule, le cas échéant, des recommandations pour garantir une convergence progressive des droits et une amélioration de l’accès aux prestations pour les habitants de Mayotte. »
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à garantir l'alignement des droits économiques et sociaux à Mayotte avec ceux en vigueur dans Hexagone, dans le but d'atteindre une égalité réelle.
Les inégalités à Mayotte sont structurelles, elles se traduisent notamment par des minimas et des prestations sociales largement inférieures à ceux octroyés dans les autres territoires de la République.
En effet, Mayotte demeure le département le plus pauvre de France, avec un taux de pauvreté atteignant 77 % de la population, contre 14 % dans l'Hexagone. Cette situation creuse un fossé considérable et fragilise le principe fondamental d'égalité inscrit dans notre pacte républicain, selon lequel chaque citoyen, quel que soit son lieu de résidence, doit bénéficier des mêmes droits et protections.
Ainsi, les auteurs de cet amendement considèrent que l'objectif de "convergence " des droits n'est pas suffisant et doit être remplacé par celui d'égalité des droits.
Dispositif
I. – À la première phrase de l’alinéa 22, substituer aux mots :
« de convergence »
les mots :
« d’égalité ».
II. – En conséquence, procéder à la même substitution à la deuxième phrase de l’alinéa 170, à la première phrase de l’alinéa 194, à la seconde phrase de l’alinéa 195, à l’alinéa 196 et à l’alinéa 298.
III. – En conséquence, à l’alinéa 191, substituer au mot :
« convergence »
le mot :
« égalité ».
IV. – En conséquence, à l’alinéa 192, deux fois, au début de l’alinéa 193, à la deuxième phrase de l’alinéa 194, à la deuxième phrase de l’alinéa 198 et à la seconde phrase de l’alinéa 331, les mots :
« la convergence »
les mots :
« l’égalité ».
Art. ART. 15 BIS
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
En 2022, 77 % de la population mahoraise vivait sous le seuil de pauvreté, et en 2018 la moitié des Mahoraises et Mahorais vivait avec moins de 260 euros par mois. Après le cyclone Chido, la situation s’est fortement aggravée, et pourtant, le SMIC horaire à Mayotte n’est que de 8,98 €, contre 11,88 € en métropole, alors même que la vie y coute bien plus cher. En effet, les prix des denrées alimentaires sont 30 % plus élevés qu’en métropole et l’accès aux soins y coûte 16,9 % plus cher.
Face à ces inégalités criantes et aux conséquences sociales irréversibles, la population mahoraise ne peut pas attendre six ans pour la revalorisation du SMIC. Par ailleurs, il ne devrait pas y avoir de seuil intermédiaire, mais bien un alignement au très court terme, à 100 %, sur le taux actuel en cours en métropole d’ici le 1er janvier 2026.
Cet amendement propose ainsi d’aligner le SMIC sur le taux en cours en France métropolitaine non pas d’ici 2031, mais d’ici la fin de l’année 2025. Les rédacteurs de cet amendement soulignent par conséquent le manque d’ambition de cet alinéa, alors même que l’alignement du SMIC et des prestations sociales sur les taux de la métropole pourrait être décidé par décret. Une telle mesure d’égalité et de justice est absolument nécessaire afin de garantir aux habitants de l’archipel des conditions de vie dignes, et ce, le plus vite possible.
Dispositif
Substituer au taux :
« 87,5 % »
le taux :
« 100 % ».
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Les enfants de nationalité étrangère à Mayotte semblent régulièrement rencontrer des freins administratifs à l'inscription scolaire et être victimes de pratiques discriminatoires. Bien que le décret n° 2020-811 du 29 juin 2020 vise à simplifier les procédures d’inscription scolaire dont nombre d’associations déploraient des exigences abusives de pièces à fournir, son impact demeure difficile à mesurer.
Pour autant, de nombreux acteurs constatent la persistance de pratiques discriminatoires, notamment à l’égard des jeunes enfants. En 2023, la Chambre régionale des comptes a rendu son rapport d’observations définitives concernant la commune de Kani-Kéli et fait état de restrictions persistantes au droit d’accès à l’éducation. Ainsi, il est mentionné : « le maire peut vérifier la domiciliation sur le territoire de la commune, cette vérification ne peut faire obstacle à l’inscription de l’enfant. Le maire utilise son droit de vérification en procédant à des enquêtes menées par la police municipale. Dans le cas où il ressort de cette enquête que l’enfant ne réside pas à l’adresse indiquée, son inscription est refusée. La commune applique des conditions plus restrictives que celles prévues par les textes en vigueur : elle permet l’attestation sur l’honneur uniquement en remplacement du justificatif de domicile pour les personnes hébergées, mais elle exige alors des justificatifs d’identité et de domicile de l’hébergeant. Ces conditions restrictives d’accès à l’école empêchent la scolarisation des plus précaires. [….] De telles pratiques sont discriminatoires, le Défenseur des droits a eu l’occasion de rappeler que la notion de domicile doit être entendue largement, en particulier pour les enfants vulnérables du fait de leur situation économique. ».
Cet amendement a été travaillé avec l’UNICEF France.
Dispositif
Compléter l’alinéa 170 par la phrase suivante :
« L’État rappelle fermement l’obligation de scolarisation de l’ensemble des enfants sur le territoire mahorais, en application du décret n° 2020‑811 du 29 juin 2020 relatif à la simplification de l’inscription scolaire. »
Art. ART. 5
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à supprimer l’article 5 du projet de loi, qui prévoit une aggravation de la peine d’amende encourue en cas de mariage ou de reconnaissance de paternité ou de maternité réalisés « aux seules fin » d’obtenir un titre de séjour, une protection contre l’éloignement ou la nationalité française. La peine d’amende passe ainsi de 15 000 euros à 75 000 euros.
Cette disposition s’inscrit dans une logique de durcissement répressif inefficace et dangereuse.
Les auteurs de cet amendement soulignent, d’une part, que rien ne permet de démontrer l’effet dissuasif de l’aggravation des peines en matière de reconnaissance frauduleuse.
Dans son avis n°25-07 du 6 juin 2025, la Défenseure des droits souligne que les motifs avancés par l'étude d'impact qui sont propres à Mayotte ne peuvent pas être suffisants pour emporter une aggravation de la peine encourue sur l’ensemble du territoire.
Par conséquent, elle considère que le durcissement de la peine d’amende de 15 000 euros prévue par l’article L. 823-11 du CESEDA relatif aux reconnaissances et aux mariages frauduleux, à 75 000 euros, n’est ni justifié ni proportionneé.
La Défenseure des droits considère que la généralisation de la suspicion de fraude à l’égard des personnes de nationalité étrangère telle qu’elle découle du projet de loi et des documents annexes, alors qu’il a été constaté dans l’étude d’impact que la quasi- totalité des saisines du parquet par l’officier de l’état civil de Mamoudzou pour suspicion de reconnaissance frauduleuse se sont avérées non probantes, porte gravement atteinte aux droits des enfants dont la filiation n’a pu être immédiatement établie, aux parents dont la probité a été mise à mal, et au principe d’égalité.
Ce dispositif s’inscrit ainsi dans une logique de suspicion systématique à l’égard des actes juridiques posés par les personnes étrangères à Mayotte et contribue à renforcer la perception selon laquelle le mariage ou la reconnaissance de filiation par un étranger serait, par défaut, suspect. Cela constitue une discrimination indirecte fondée sur l’origine ou la nationalité, contraire aux principes d’égalité devant la loi.
Pour toutes ces raisons, les auteurs de cet amendement demandent la suppression de ces dispositions.
Dispositif
Supprimer cet article.
Art. ART. 2
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
En l’état actuel du droit, l’article L. 423‑8 du CESEDA impose à la personne étrangère de démontrer qu’elle contribue effectivement à l’entretien et à l’éducation de l’enfant, par tous moyens. Les alinéas 10 et 11 de cet article exigent désormais que, pour justifier de l’entretien effectif de l’enfant à Mayotte, seules les preuves nominatives seront recevables.
Cette nouvelle exigence constitue une mesure disproportionnée qui risque de créer une situation d'inégalité pour les parents qui, bien qu'assumant pleinement leur rôle parental, se retrouvent dans l'incapacité de fournir ces justificatifs formels. L'application de cette mesure pourrait entraîner des refus de régularisation et placer ces familles dans une situation de précarité, avec des répercussions graves sur l'intérêt supérieur de l'enfant.
L'exigence de justificatifs nominatives apparaît ainsi comme une nouvelle restriction du droit au séjour des parents d'enfants français et constitue un obstacle à l'accès aux droits fondamentaux, en créant une barrière administrative injustifiée.
Pour toutes ces raisons, les auteurs de cet amendement demandent la suppression de ces alinéas.
Dispositif
Supprimer les alinéas 10 et 11.
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à rappeler l’importance de l’intégration régionale, laquelle est de nature à faciliter, dans l’environnement régional des territoires ultramarins, leur rayonnement et celui de la France.
Plus encore, compte tenu de l’ampleur des difficultés auxquelles est confronté Mayotte, les solutions à celles-ci, notamment sur le plan de l’approvisionnement et des échanges commerciaux, peuvent résulter d’une meilleure coopération régionale.
Or, nonobstant la réaffirmation du nécessaire renforcement de la coopération régionale des territoires dits d’outre-mer par le CIOM, force est de constater que sa mise en œuvre tarde à se concrétiser, et Mayotte en subit les conséquences.
Dispositif
Compléter l’alinéa 8 par les mots :
« dont l’importance a été réaffirmée lors du Comité interministériel des Outre-mer du 18 juillet 2023 ».
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Certaines mesures du présent texte sont susceptibles de générer des effets d’aubaine et d’attirer des entreprises sur le territoire. Par ailleurs, comme à l’accoutumée, à la suite de catastrophes impliquant d’importants travaux de reconstruction, certaines entreprises, notamment dans le secteur du bâtiment, pourraient en tirer une rente significative.
Cet amendement vise à rappeler la responsabilité de l’État en matière de juste répartition des bénéfices tirés des mesures adoptées et des richesses éventuellement créées.
Dispositif
Après l’alinéa 192, insérer l’alinéa suivant :
« L’État devra veiller à ce que les mesures prises dans le cadre de la refondation de Mayotte bénéficient à tous et notamment aux personnes les plus précaires. Il veillera également à la juste répartition des richesses créées par la convergence économique ».
Art. ART. 6
• 19/06/2025
IRRECEVABLE_40
Art. ART. 10
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Les auteurs de cet amendement souhaitent supprimer la dérogation à l’obligation de proposer un relogement ou hébergement d’urgence prévue à l’alinéa 14.
En effet, alors que la situation locale en matière de logement et d’hébergement est critique, il est proposé de modifier les dispositions législatives existantes en permettant au représentant de l’État de déroger, pendant presque dix ans, à l’obligation systématique de proposition de relogement ou d’hébergement.
Or, comme le souligne la Défenseure des droits dans son avis n°25‑07, dans son avis du 17 avril 2025, le Conseil d’État a rappelé que l’existence d’une proposition de relogement ou d’hébergement, tenant compte de la situation, notamment personnelle et familiale, de la personne évacuée, figure au nombre des garanties à prendre en compte dans l’appréciation du caractère équilibré de la conciliation entre la sauvegarde des intérêts publics qui justifie la mesure d’évacuation forcée et les atteintes à la vie privée et à la dignité humaine qu’elle emporte.
La version de cet l’article 10 amendée suite à l’avis du Conseil d’État ne permet pas davantage d’assurer une conciliation équilibrée entre la sauvegarde de l’intérêt public et les atteintes à la vie privée et à la dignité humaine.
En outre, la Défenseure des droits souligne que sans mesures d’accompagnement adéquates visant à la préservation de ces droits et notamment à proposer un hébergement, les opérations d’évacuation sont contreproductives en raison de la reconstitution quasi immédiate de ces habitations.
Pour toutes ces raisons, les auteurs de cet amendement demandent la suppression de l’alinéa 14.
Dispositif
Supprimer l'alinéa 14.
Art. ART. 10
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Le présent amendement vise à garantir des propositions de relogement ou d’hébergement d’urgence adapté aux besoins et à la situation familiale des personnes expulsées tel que prévu par le Conseil d’État. En effet, le cyclone Chido a exacerbé les enjeux liés à l’habitat sur l’île. De nombreuses familles ont dû quitter les lieux d'hébergement à l’approche de la rentrée, sans bénéficier de relogement adapté. Ces familles sont actuellement dans l’obligation de reconstruire des habitats de fortune, dans des matériaux toujours plus fragiles, dans les hauteurs de l’île et dans des conditions sanitaires alarmantes. Le cas des personnes en demande d’asile ou bénéficiant d’une protection internationale est particulièrement inquiétant. Plusieurs campements de fortune ont vu le jour post Chido, faute d’hébergement ou de logement. Les conditions sont catastrophiques, des dizaines de cas de typhoïde ont été recensés par les ONG sur place et l’accès aux besoins essentiels n’est pas assuré. Les besoins primaires des enfants sont difficilement assurés, notamment l’accès à l’eau et à la nourriture. Il est donc proposé d’ajouter des garanties aux propositions de relogement ou d’hébergement d’urgence lors de la publication de l’arrêté pour évacuer et démolir les locaux et installations.
Cet amendement a été travaillé avec l’UNICEF France.
Dispositif
À l’alinéa 7, après le mot :
« urgence »,
insérer les mots :
« , adaptée aux besoins et à la situation familiale des personnes expulsées, conformément à l’avis du Conseil d’État, ».
Art. ART. 15
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à clarifier et enrichir le champ du rapport annuel que le Gouvernement doit remettre au Parlement entre 2026 et 2036 concernant la situation de Mayotte au regard des prestations sociales.
En remplaçant la formulation initiale, centrée uniquement sur une comparaison des montants versés, par une rédaction plus complète, l’amendement précise que le rapport devra également couvrir les conditions d’accès aux prestations et la qualité de service associée, en comparaison avec l’Hexagone et les autres territoires régis par l’article 73 de la Constitution.
Cette précision répond à une réalité connue : à Mayotte, les écarts ne tiennent pas uniquement aux montants alloués mais aussi aux obstacles administratifs, aux taux de non-recours, aux délais de versement et à la qualité du suivi par les services compétents.
Dispositif
À la fin de l'alinéa 10, substituer aux mots :
« entre les montants de prestations sociales versés à Mayotte et ceux versés dans l’hexagone et dans les autres départements d’outre-mer »
les mots :
« constatées en matière de montants, de conditions d’accès et de qualité de service des prestations sociales versées à Mayotte, comparées à celles versées dans l’hexagone et dans les autres territoires relevant de l’article 73 de la Constitution ».
Art. ART. 3
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à supprimer l’article 3 du projet de loi pour la refondation de Mayotte, qui prévoit de centraliser l’établissement des actes de reconnaissance de maternité et de paternité exclusivement auprès des officiers d’état civil de la commune de Mamoudzou.
Une telle centralisation introduit un traitement différencié injustifié entre les usagers, en fonction de leur lieu de résidence, créant de facto une inégalité entre les habitants de Mamoudzou et ceux des autres communes de Mayotte. Cette mesure revient ainsi à instaurer une forme de discrimination territoriale, contraire au principe d’égalité devant le service public.
Or, Mayotte est un territoire insulaire où les conditions de déplacement sont notoirement difficiles. Les infrastructures routières sont limitées, les temps de transport peuvent être longs, coûteux et incertains, notamment en raison de l’enclavement de certaines zones rurales. En centralisant cette démarche administrative sensible dans une seule commune, le Gouvernement méconnaît les réalités géographiques et sociales du territoire. Cette mesure complexifiera inutilement les démarches pour de nombreuses familles, en particulier les plus vulnérables.
Les auteurs de cet amendement rappellent que la reconnaissance d’un enfant est un acte juridique fondamental, qui a des conséquences majeures sur l’exercice de l’autorité parentale, la filiation, les droits successoraux, ou encore l’accès aux prestations sociales. Restreindre l’accessibilité à cet acte revient à créer un obstacle potentiel à l’établissement de la filiation, et donc à l’accès aux droits des enfants et des parents.
Cette disposition contrevient aux engagements internationaux de la France, notamment de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), qui garantit à tout enfant le droit d’être reconnu et d’avoir une filiation établie dans les meilleurs délais.
En outre, cette centralisation risque d’engendrer une surcharge administrative pour les services de l’état civil de Mamoudzou, déjà confrontés à une forte pression démographique et à des moyens humains et matériels limités. Elle pourrait aussi entraîner une augmentation des contentieux administratifs pour refus ou retard de traitement, nuisant à la sécurité juridique des usagers.
Pour toutes ces raisons, les auteurs de cet amendement demandent la suppression de l’article 3 qui ne paraît pas justifié et qui porterait une atteinte au principe d'égal accès au service public de l'état civil.
Dispositif
Supprimer cet article.
Art. ART. 15
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à inscrire dans la loi un objectif d'alignement des droits sociaux à Mayotte avec ceux en vigueur en Hexagone, afin d'aboutir à une égalité réelle, y compris en ce qui concerne l’aide médicale de l'Etat (AME).
Les inégalités à Mayotte sont structurelles, elles se traduisent notamment par des minimas et des prestations sociales largement inférieures à ceux octroyés dans les autres territoires de la République.
En effet, Mayotte demeure le département le plus pauvre de France, avec un taux de pauvreté atteignant 77 % de la population, contre 14 % dans l'Hexagone. Cette situation creuse un fossé considérable et fragilise le principe fondamental d'égalité inscrit dans notre pacte républicain, selon lequel chaque citoyen, quel que soit son lieu de résidence, doit bénéficier des mêmes droits et protections.
Dispositif
Au début de l’alinéa 1, insérer les mots suivants :
« Afin de garantir l’égalité réelle des citoyens de Mayotte en matière d’accès aux droits sociaux, ».
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Alors même que le SMIC à Mayotte n’est pas le même qu’en métropole, les rédacteurs de cet amendement alertent sur l’urgence de la situation. Face à un coût de la vie pouvant être supérieur à 30 % en comparaison avec la métropole, la moindre source de revenu est aujourd’hui vitale pour de nombreux Mahoraises et Mahorais. Ainsi l’État doit s’engager à établir l’égalité sociale entre Mayotte et la métropole sans délais, alors même que le RSA est aujourd’hui 50 % inférieur à celui en cours en métropole.
Ces prestations, aux fondements de notre système social de solidarité, doivent pouvoir s’aligner sur le droit commun le plus vite possible. Les rédacteurs de cet amendement soulignent par conséquent le manque d’ambition de cet alinéa.
L’argument d’un besoin de convergence économique, justifiant ce délai inacceptable avant l’alignement des prestations sociales n’est pas valable.
Cette convergence économique n’est en réalité qu’un moyen de poursuivre une politique d’austérité, tout en se pliant aux exigences des chefs d’entreprise, le tout au détriment des Mahoraises et Mahorais, dont beaucoup dépendent de ces prestations sociales pour vivre.
Dispositif
I. – À la deuxième phrase de l’alinéa 194, après le mot :
« sociale »,
insérer les mots :
« , avec notamment une hausse des cotisations sociales, ».
II. – En conséquence, à la même deuxième phrase du même alinéa 194, substituer à l'année :
« 2031 »,
les mots :
« janvier 2026 ».
III. – En conséquence, à la fin de la même deuxième phrase du même alinéa 194, supprimer les mots :
« , avec une trajectoire soutenable, tant pour l’économie que pour la société mahoraise, post Chido ».
IV. – En conséquence, supprimer la dernière phrase dudit alinéa 194.
Art. ART. 10
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à supprimer l’article 10 du projet de loi pour la refondation de Mayotte, qui facilite la destruction des abris informels et la mise à la rue de leurs occupants.
Sous couvert de lutter contre les conditions de logement insalubres, cet article risque en réalité d’aggraver la précarité de familles déjà vulnérables, sans offrir de solutions d’hébergement ou de relogement adaptées. Il réduit notamment de manière significative le délai d’exécution volontaire des ordres d’évacuation, en passant d’un mois à quinze jours, et supprime l’obligation systématique préalable pour le préfet de proposer un relogement ou un hébergement d’urgence.
Certes, contrairement au Gouvernement, la commission des affaires économiques du Sénat a suivi l’avis du Conseil d’État en limitant cette mesure à titre exceptionnel jusqu’au 13 décembre 2034. Toutefois, même encadré, cet article demeure inacceptable.
Mayotte connaît une situation de crise structurelle majeure, aggravée par les circonstances exceptionnelles depuis le passage du cyclone Chido : plus de 77 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et une grande partie des logements sont faits de tôle, sans accès aux infrastructures de base (eau courante, sanitaire, électricité). Dans ce territoire ou le logement social ne représente qu’à peine 5% du parc immobilier (contre 17,5% au niveau national), la destruction des abris sans une obligation alternative de relogement ne ferait qu’aggraver une situation déjà désastreuse et porterait une grave atteinte au droit au logement.
Pour toutes ces raisons, les auteurs de cet amendement demandent la suppression de l’article 10.
Dispositif
Supprimer cet article.
Art. ART. 2
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement de repli vise à supprimer la disposition qui empêche la délivrance de la carte de séjour temporaire "vie privée et familiale", lorsqu'un parent ne peut prouver sa contribution effective à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, ou en l'absence de décision de justice.
Les auteurs de cet amendement considèrent que la suppression du second alinéa de l'article L.423-8 du CESEDA, qui précise que "lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant " restreint de manière disproportionnée l'accès au séjour.
Comme le souligne la Défenseure des droits dans son avis n°25-07 du 6 juin 2025, "la suppression, pour Mayotte, de la réserve prévue à l’alinéa 2 de l’article L.423-8 du CESEDA instaure un recul dont la conformité aux obligations internationales de la France ne peut qu’interroger. En effet, les dispositions envisagées, si elles étaient adoptées, pourraient conduire l’autorité préfectorale à
s’estimer en situation de compétence liée pour refuser toute régularisation au titre de la protection de la vie privée et familiale ou de l’intérêt supérieur de l’enfant lorsque l’étranger parent d’enfant français ne serait pas en mesure de justifier de la contribution du parent français à l’entretien et à l’éducation de l’enfant, ou même de la nouvelle condition d’entrée régulière si elle est adoptée. Or, de tels refus méconnaitraient nécessairement les obligations de la France résultant de la jurisprudence de la CEDH".
Pour toutes ces raisons, les auteurs demandent la suppression de ces dispositions.
Dispositif
Supprimer les alinéas 8 et 9.
Art. ART. 15
• 19/06/2025
IRRECEVABLE_40
Art. ART. 15 BIS
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Le présent amendement vise à interpeller la représentation nationale sur l’urgence d’un alignement complet et effectif du salaire minimum de croissance à Mayotte, sans palier intermédiaire.
Lors de la départementalisation de Mayotte en 2011, il avait déjà été solennellement annoncé que le SMIG local serait aligné sur le SMIC hexagonal dans un délai de trois ans, comme en témoignent les engagements publics de l’époque. Or, plus d’une décennie plus tard, cet alignement reste incomplet, malgré la flambée du coût de la vie et la persistance de fortes inégalités de revenus.
En prévoyant une simple revalorisation à 87,5 % à compter de 2026, le projet de loi entérine en réalité un nouvel échelonnement, prolongeant un différentiel de salaire minimum qui pèse directement sur le pouvoir d’achat des Mahorais.
Cet amendement de principe réaffirme donc que le respect du principe d’égalité dite réelle passe par une convergence rapide et totale des droits sociaux et économiques.
Dispositif
Substituer aux mots :
« relevé pour atteindre 87,5 % de sa valeur applicable en métropole »
les mots :
« aligné sur sa valeur applicable en hexagone ».
Art. APRÈS ART. 2
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement reprend une préconisation d'UNICEF France.
Les conditions d’accès à la nationalité française pour les enfants nés à Mayotte de parents étrangers sont dérogatoires et de plus en plus restrictives par rapport au droit en vigueur sur le reste du territoire français. Ces jeunes, qui remplissent les conditions d’accès à la nationalité française en vigueur en Hexagone, se voient donc privés d’un certain nombre de droits de façon discriminatoire et se retrouvent dans l’obligation, à leur majorité, de faire une demande de titre de séjour. Les jeunes concernés sont confrontés à une multitude d’obstacles, d’un manque d’information au blocage de la préfecture, ce qui porte le délai d’obtention de ce titre entre 1 et 3ans. Pendant cette période, les enfants deviennent majeurs, obtiennent leur baccalauréat, passent le délai Parcours Sup et se retrouvent automatiquement en année blanche, sans possibilité ni d’étudier, ni de travailler.
La préfecture et le rectorat ont créé un système basé sur la méritocratie où chaque année, une poignée d'élèves peuvent bénéficier d'un canal de régularisation auprès de la préfecture pour pouvoir continuer leurs études. Cela concernerait 450 jeunes alors même que plus du triple deviennent chaque année bachelier.
Ces dérogations emportent déjà des conséquences particulièrement néfastes, et maintiennent délibérément dans la précarité juridique et administrative des milliers de jeunes sur le territoire. Cette PPL, si elle est adoptée, aura pour effet de favoriser les situations de non droit déjà existantes et les années dites « blanches », ainsi que les phénomènes de jeunes en errance existant de manière exacerbée à Mayotte.
Par ailleurs, les enjeux liés à l’accès à la nationalité française à Mayotte ont fait l’objet d’une recommandation spécifique du Comité des droits de l’enfant des Nations-Unies, en 2023, lors de l’audition de la France dans le cadre du 6e examen sur l’effectivité de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Ainsi, le Comité demande à la France de « réexaminer le régime exceptionnel d'accès à la nationalité pour les enfants de Mayotte et envisager de ratifier la Convention européenne sur la nationalité de 1997 et la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention des cas d'apatridie en relation avec la succession d'États de 2009. ».
Dispositif
La section 4 du chapitre III du titre II du livre IV du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile est complétée par un article L. 423‑13‑1 ainsi rédigé :
« Art. L. 423‑13‑1. – Un enfant né à Mayotte, pour lequel l’article 2493 du code civil est applicable, se voit délivrer automatiquement, à l’âge de dix-huit ans, un titre de séjour pluriannuel portant la mention « vie privée familiale – jeune né en France ». »
Art. ART. PREMIER
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
En 2022, 77 % de la population mahoraise vivait sous le seuil de pauvreté, et en 2018 la moitié des Mahoraises et Mahorais vivait avec moins de 260 euros par mois. Après le cyclone Chido, la situation s’est fortement aggravée, et pourtant, le SMIC horaire à Mayotte n’est que de 8,98 €, contre 11,88 € en métropole, alors même que la vie y coute bien plus cher. En effet, les prix des denrées alimentaires sont 30 % plus élevés qu’en métropole et l’accès aux soins y coûte 16,9 % plus cher.
Face à ces inégalités criantes et aux conséquences sociales irréversibles, la population mahoraise ne peut pas attendre six ans pour la revalorisation du SMIC. Par ailleurs, il ne devrait pas y avoir de seuil intermédiaire, mais bien un alignement au très court terme, à 100 %, sur le taux actuel en cours en métropole d’ici le 1er janvier 2026.
Cet amendement propose ainsi d’aligner le SMIC sur le taux en cours en France métropolitaine non pas d’ici 2031, mais d’ici la fin de l’année 2025. Les rédacteurs de cet amendement soulignent par conséquent le manque d’ambition de cet alinéa, alors même que l’alignement du SMIC et des prestations sociales sur les taux de la métropole pourrait être décidé par décret. Une telle mesure d’égalité et de justice est absolument nécessaire afin de garantir aux habitants de l’archipel des conditions de vie dignes, et ce, le plus vite possible.
Dispositif
À la première phrase de l’alinéa 22, supprimer les mots :
« en 2031, avec une étape intermédiaire à 87,5 % .
Art. ART. 2 BIS A
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Fixer l’abrogation du titre de séjour spécifique à Mayotte à l’horizon 2030 revient à prolonger de facto une exception au droit commun pour encore plusieurs années, alors même que ce dispositif n’a pas démontré son efficacité en matière de régulation migratoire.
Soutenir que son maintien est nécessaire le temps de renforcer les moyens de contrôle des frontières revient à admettre que c’est moins l’existence du titre que l’insuffisance structurelle des moyens qui pose problème.
Enfin, continuer à présenter cette abrogation comme un risque d’« appel d’air » entretient une logique de peur plutôt qu’un débat rationnel sur l’adaptation des moyens et la coopération régionale, seule voie crédible pour rendre cette abrogation pleinement soutenable.
Dispositif
Supprimer l’alinéa 2.
Art. ART. 2
• 19/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Cet amendement vise à supprimer l’article 2 du projet de loi pour la refondation de Mayotte, lequel durcit les conditions d’accès au séjour sur le territoire, en particulier pour les titres de séjour fondés sur les liens familiaux, tels que les statuts de « parent d’enfant français » ou de « liens privés et familiaux ». Il porte ainsi de trois à cinq ans la durée de résidence régulière exigée pour la délivrance de la carte de résident « parent d’enfant français » et crée une condition de résidence habituelle de sept ans pour la délivrance de la carte de séjour temporaire « liens personnels et familiaux ».
Comme le rappelle l’étude d’impact, le volume de titres délivrés ou renouvelés en matière d’immigration familiale est prépondérant à Mayotte : 13 554 titres en 2023 et 15 747 titres en 2024 soit plus de 80% des titres délivrés ou renouvelés à Mayotte (85% en 2023).
Les dispositions de cet article auront pour conséquence directe une réduction drastique du nombre de titres délivrés, sans prendre en compte les répercussions concrètes sur les familles et les enfants vivant sur l’île. Loin de faire reculer la présence de personnes étrangères, ce durcissement contribuera à maintenir un grand nombre de familles dans une situation d’irrégularité, exposant des milliers d’enfants à la précarité administrative et à l’exclusion sociale.
L’absence de perspectives de régularisation pour les familles installées à Mayotte constitue une atteinte manifeste aux droits fondamentaux, notamment ceux garantis par la Convention internationale des droits de l’enfant. En effet, l’impossibilité d’accéder à un statut stable prive les enfants de nombreux droits, dont l’accès à l’éducation, à la santé ou à un cadre de vie décent.
Dans son rapport de 2020 intitulé « Établir Mayotte dans ses droits », la Défenseure des droits alerte sur l’insécurité juridique qui pèse sur les personnes étrangères vivant sur l’île et constate que ces restrictions participent à « maintenir les étrangers dans une situation de précarité administrative permanente, freinant leur perspective d’intégration et pesant sur le développement de l’île ».
Dans le même sens, la Cimade souligne une atteinte quotidienne à l’intérêt supérieur de l’enfant et pointe le « piétinement des liens familiaux » en raison d’une « obsession pour le contrôle des personnes étrangères installées à Mayotte » qui domine les logiques administratives, y compris dans des situations où les enjeux humanitaires et familiaux devraient primer.
Pour toutes ces raisons, les auteurs de cet amendement proposent la suppression de l’article 2.
Dispositif
Supprimer cet article.
Art. ART. PREMIER
• 17/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
À Mayotte, 77 % de la population se trouvent sous le seuil de pauvreté, 57 % en situation d’insécurité alimentaire et 54 % privés d'accès aux soins et à la santé . Les Mahorais sont confrontés à une catastrophe humanitaire nécessitant une aide conséquente et adaptée. Ainsi, il ne devrait pas être question de détruire des logements illégaux et de pourchasser les personnes étrangères, mais de construire des logements dignes et de garantir l’éducation et l’accès aux soins à toutes et tous.
De plus, faire de Mayotte un territoire soumis à des règles spécifiques en matière d’immigration ne fera que renforcer le sentiment d’exclusion ressenti par la population mahoraise. Mettre en place des mesures d’exception, c’est faire de Mayotte un territoire français exclu du droit commun.
La répression et les logiques d’affichage ne doivent en aucun cas se substituer à l’Etat de droit et à l’État social.
Face à une situation humanitaire aussi préoccupante et aux risques de violation des libertés et droits fondamentaux, le groupe de la Gauche démocrate et républicaine s’oppose donc à cet alinéa et demande par conséquent sa suppression.
Dispositif
Supprimer les alinéas 25 à 65.
Art. ART. PREMIER
• 17/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Les rédacteurs de cet amendement souhaitent rappeler leur opposition formelle à la restriction des conditions d’accès à la nationalité française à Mayotte. Ils considèrent que la restriction du droit du sol est un recul fondamental et que le droit du sol est un fondement de notre pacte républicain. La nationalité s’acquiert en effet par la socialisation et est déterminée par le partage d’un sol commun.
Enfin, les rédacteurs de cet amendement rappellent que les enjeux liés à l’accès à la nationalité française à Mayotte ont fait l’objet d’une recommandation spécifique du Comité des droits de l’enfant des Nations-Unies lors de l’audition de la France dans le cadre du 6ème examen sur l’effectivité de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Le comité demande à la France de « réexaminer le régime exceptionnel d'accès à la nationalité pour les enfants de Mayotte ». Le présent alinéa entre donc en contradiction avec ces recommandations et ne tient pas compte de l’intérêt supérieur de l’enfant et du respect de la CIDE.
Dispositif
Supprimer l’alinéa 43.
Art. ART. PREMIER
• 17/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
L’essentiel de l’immigration clandestine vers Mayotte se fait par voie maritime, notamment en raison de la proximité des îles comoriennes. La traversée maritime des Comores à Mayotte s’effectue au moyen d’embarcations appelées localement des « kwassas-kwassas ». Les conditions de sécurité de la traversée sont particulièrement mauvaises, et les risques pris par les clandestins très élevés, au risque de se traduire par des drames. Selon un rapport sénatorial de 2012, l’évaluation du nombre de décès lors de ces traversées est difficile, les chiffres varient, selon les estimations, entre 7 000 et 10 000 morts depuis 1995 avec l'instauration du visa Balladur.
Il convient donc d'ajouter un protocole de sauvetage en mer en coopération avec les Comores, conformément au droit maritime international.
Dispositif
Après l’alinéa 40, insérer les quatre alinéas suivants :
« En matière de sauvetage :
« – une enquête quantitative réalisée en coopération avec les Comores sur le nombre de disparus en mer depuis l’établissement du visa Balladur ;
« – un protocole de sauvetage en mer pour les personnes interceptées ;
« – une politique commune avec les Comores de prévention des dangers d’une traversée en mer. »
Art. ART. PREMIER
• 17/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Les rédacteurs de cet amendement souhaitent rappeler que Mayotte demeure le département le plus pauvre de France et que 77% de la population vit sous le seuil national de pauvreté national, avec 267 euros de revenu médian mensuel. C’est cinq fois plus qu’en métropole. Depuis la départementalisation en 2011, Mayotte n’a jamais atteint le même niveau de vie que les autres territoires ultramarins ou hexagonaux. Depuis 2011, l'île a connu différentes révoltes contre la vie chère, des crises de l’eau. Face à cette extrême pauvreté, la seule réponse politique apportée a été une lutte contre l'immigration irrégulière teintée d'atteintes aux droits fréquentes et répétées.
Dispositif
À l’alinéa 15, substituer aux mots :
« immigration clandestine »
les mots :
« extrême pauvreté ».
Art. ART. PREMIER
• 17/06/2025
DISCUTE
Exposé des motifs
Les opérations Wumbushu (2023) et Place nette (2024) ont eu des conséquences désastreuses sur les habitants de l’île, en particulier sur les enfants.
Les rédacteurs de cet amendement souhaitent rappeler que la moitié de la population de Mayotte est composée d’enfants et que 80 % d’entre eux vivent dans la grande pauvreté. Les premières victimes des opération de destructions de bidonvilles sont les enfants.
Depuis la mise en œuvre de l’article 197 de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique (ELAN) qui autorise les préfets de Guyane et de Mayotte à détruire l’habitat insalubre sur simple décision administrative, pas moins de 3500 logements ont été détruits et 14 500 habitants mis à la rue, avec comme conséquence une forte inflation des loyers.
Par ailleurs, selon l’UNICEF, en 2023, sur les 701 cases en tôles détruites, moins de la moitié des personnes concernées ont eu accès à un hébergement d’urgence provisoire, mettant en lumière l’insuffisance des solutions proposées et leur inadaptation aux besoins des familles, en particulier des enfants. La loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique (ELAN) impose pourtant qu’une « proposition de relogement adaptée » soit faite à l’endroit des habitants concernés par les démolitions.
Dispositif
À l’alinéa 28, après le mot :
« nette » »
insérer les mots :
« , au prix de nombreuses atteintes aux libertés et droits fondamentaux, ».
Scrutins (0)
Aucun scrutin lié à ce texte.