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SOC

Rendre accessible à tous les étudiants le repas à 1 euro

Proposition de loi adoptée
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Répartition des amendements

Par statut

DISCUTE 2
Tous les groupes

Amendements (2)

Art. APRÈS ART. PREMIER • 28/11/2024 DISCUTE
LFI-NFP

Exposé des motifs

Par cet amendement, le groupe LFI-NFP souhaite étudier l’opportunité de mettre en place la gratuité des repas servis par les centres régionaux des œuvres universitaires (CROUS), et ce, sur l’ensemble de leurs sites de restauration.

Les chiffres de la précarité alimentaire étudiante sont inquiétants. D’après le dernier Baromètre IFOP pour l’association COP’1 réalisé en octobre 2024 et intitulé « La précarité étudiante en France : quelle réalité ? » : 36 % des étudiants ont déjà sauté souvent ou de temps en temps des repas par manque d’argent (dont 11 % « souvent »), soit une proportion supérieure à l’ensemble des Français (29 %). 18 % des étudiants ont déjà eu recours à l’aide alimentaire, soit près d’1 étudiant sur 5, et parmi eux, 65 % y ont recours régulièrement ou fréquemment (23 % d’entre eux y ont recours régulièrement, soit au moins 1 fois par semaine). Par ailleurs, en raison de l’inflation, 43 % des étudiants ont déjà réduit les portions/la quantité des différents repas qu’ils prennent. De plus, la mise en place de la généralisation des repas CROUS à 1 € pendant la crise Covid et sa fin prématurée annoncée à la rentrée 2021 a créé selon l’Union étudiante une augmentation des dépenses des étudiants de + 506 € par an pour s’alimenter au CROUS.

Cette situation est intolérable, et nous ne pouvons nous en satisfaire. Si nous soutenons évidemment le retour de la généralisation des repas CROUS à 1 €, qui permettra d’améliorer le pouvoir d’achat des étudiants et de leur assurer une meilleure alimentation, la situation alimentaire des étudiants est tellement grave que la question de l’opportunité de la mise en place de la gratuité totale des repas CROUS se pose inévitablement. Tel était ainsi l’objet d’un amendement que nous avions déposé en ce sens lors des discussions du PLF 2025.

Dans ce contexte, les récentes annonces gouvernementales sur le sujet sont indécentes. En effet, lors d’un déplacement le lundi 25 novembre 2024, le ministre actuel de l’enseignement supérieur et de la recherche Patrick Hetzel a annoncé la mise en place à partir de février 2025 d’une aide financière de 40 € par mois pour les étudiants boursiers et 20 € pour les étudiants non-boursiers (+ 10 € dans les territoires ultramarins) évoluant sur des territoires où l’offre de restauration à tarif modéré se situe à plus de 20 minutes à pied ou en transport en commun. 100 000 étudiants devraient bénéficier de cette mesure, pour un montant de 38 M€ pour l’année 2025. De nombreux syndicats s’offusquent légitimement de cette mesure comme la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) qui dénonce un montant « dérisoire » ou encore l’UNEF qui souligne la nécessité de reconstruire un service public de la restauration universitaire en exigeant « l’ouverture de nouveaux restaurants universitaires et de cafets pour garantir l’accès à la tarification sociale » pour tout le monde.

Dispositif

Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport relatif à l’opportunité de la généralisation de la gratuité des repas servis par les centres régionaux des œuvres universitaires, dans tous leurs sites de restauration et points de vente gérés ou agréés.

Art. APRÈS ART. PREMIER • 28/11/2024 DISCUTE
LFI-NFP

Exposé des motifs

Par cet amendement, le groupe LFI-NFP questionne les moyens humains et financiers alloués aux CROUS et notamment à la gestion de leurs sites de restauration, indispensables pour garantir l’effectivité de l’accès de tous les étudiants à une offre de restauration à tarif abordable.

La question de l’accessibilité des sites de restauration est un enjeu majeur. Selon la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), plus de 72 % des restaurants universitaires ne sont pas ouverts le soir et cette proportion atteint même 85 % le week-end, ce qui réduit d’autant plus la possibilité pour les étudiants d’avoir accès à un repas abordable. Cette situation est d’autant plus difficile que, comme nous le dénonçions déjà l’année dernière à l’occasion de l’examen d’une proposition de loi similaire, là où il y en a, des restaurants universitaires ferment par manque de rentabilité financière, d’autres sont remplacés par des cafétérias privées. Résultat : selon le Baromètre IFOP pour l’associaton COP’1 réalisé en octobre 2024, 23 % des étudiants ne vont pas se restaurer au CROUS car il n’y en a tout simplement pas près de chez eux.

Cette situation est même reconnue par le Gouvernement lui-même : en effet, l’annonce de la mise en place dès février 2025 d’une aide financière de 40 € pour les étudiants boursiers et 20 € pour les étudiants non-boursiers (+10 € pour les étudiants des territoires ultramarins) s’adresse à 100 000 étudiants évoluant sur des territoires où l’offre de restauration à tarif modéré se situe à plus de 20 minutes à pied ou en transport en commun. Or, cette mesure, indécente et insuffisante face à la précarité généralisée des étudiants, passe à côté de ce qu’il faudrait réellement faire pour lutter contre la précarité alimentaire des étudiants : réinvestir massivement dans les moyens alloués au service public de la restauration universitaire, afin d’augmenter les moyens des sites de restauration existants, mais également renforcer leur maillage territorial pour lutter contre les déserts d’accès. C’est le sens des revendications des syndicats étudiants comme l’Union étudiante qui appelle à « l’ouverture de nouveaux restaurants universitaires et de cafets pour garantir l’accès à la tarification sociale » pour tout le monde.

Dispositif

Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport présentant un bilan exhaustif des moyens financiers et humains alloués à la gestion des différents sites de restauration et points de vente gérés ou agréés par l’ensemble des centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires. Ce rapport analyse notamment dans un premier temps, l’adéquation des moyens alloués aux sites de restauration existants, mais présente également dans un second temps, une analyse des carences existantes du maillage territorial de ces mêmes sites sur l’ensemble du territoire, essentiels pour assurer l’accès de tous les étudiants à une offre de restauration modérée.

Scrutins (0)

Aucun scrutin lié à ce texte.