← Retour aux lois
HOR

Renforcer la pénalisation de l’organisation de rave-parties

Proposition de loi Adopté en commission
Voir la fiche sur assemblee-nationale.fr →

Répartition des amendements

Par statut

DISCUTE 6 RETIRE 1
Tous les groupes

Amendements (7)

Art. ART. PREMIER • 03/04/2026 RETIRE
SOC

Exposé des motifs

Quand l’État craint la jeunesse qui danse, c’est la liberté qui vacille.

La présente proposition de loi relative aux rassemblements festifs appelle une opposition résolue et sans ambiguïté, tant elle constitue une impasse politique, juridique et sociale.

Sous couvert d’encadrement, ce texte opère en réalité un durcissement répressif d’une ampleur préoccupante. L’aggravation des sanctions - jusqu’à six mois d’emprisonnement et 5 000 euros d’amende pour les organisateurs, ainsi que la pénalisation des participants - révèle une volonté de criminaliser des pratiques culturelles et festives qui relèvent pourtant de l’exercice de libertés fondamentales.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : la liberté de se réunir, la liberté d’expression culturelle, la liberté de faire société autrement. Autant de principes que l’État de droit devrait protéger, et non restreindre par réflexe sécuritaire.

Cette fuite en avant répressive n’est pas seulement contestable dans son principe : elle est inefficace dans ses effets. Depuis plus de vingt ans, le cadre juridique existant, prétendument déclaratif, fonctionne en réalité comme un régime d’interdiction déguisée. En rompant le dialogue avec les organisateurs, il a contribué à reléguer ces rassemblements dans des espaces toujours plus isolés, augmentant mécaniquement les risques pour les participants et compliquant l’intervention des secours.

Persister dans cette voie, c’est refuser de tirer les leçons de l’expérience. C’est croire, à tort, que l’on réglera des phénomènes sociaux par la seule contrainte. C’est, en somme, confondre autorité et aveuglement.

Plus grave encore, ce texte méconnaît un impératif essentiel : celui de la santé publique. Sur le terrain, les associations de réduction des risques accomplissent un travail irremplaçable de prévention, d’information et de secours. Les fragiliser, même indirectement, revient à affaiblir les dispositifs qui protègent concrètement les personnes. Là encore, la logique répressive se révèle non seulement injuste, mais contre-productive.

Enfin, cette proposition de loi ignore ce que ces rassemblements disent de notre société. Pour une partie de la jeunesse, ils ne sont pas qu’un espace festif : ils sont aussi une réponse à des formes d’exclusion persistantes — sociales, raciales, de genre — dans l’accès aux lieux festifs traditionnels. Les réprimer sans les comprendre, c’est ajouter de la relégation à la relégation.

D’autres voies existent pourtant. Elles reposent sur le dialogue, la responsabilité partagée et la co-construction avec les acteurs concernés. Elles ont déjà fait leurs preuves, démontrant qu’un encadrement concerté permet de garantir à la fois la sécurité, la santé et le respect des libertés.

À l’inverse, le présent texte choisit la facilité du tout-répressif. Il traite les symptômes sans jamais s’attaquer aux causes, et risque, ce faisant, d’aggraver les désordres qu’il prétend combattre.

Parce qu’elle porte atteinte aux libertés publiques, parce qu’elle fragilise la santé publique, parce qu’elle méconnaît les réalités sociales et parce qu’elle s’inscrit dans  la continuité d'une logique inefficace, cette proposition de loi ne doit pas être amendée. Ce n’est pas une loi d’ordre, c’est une loi d’échec, elle doit être rejetée.

Tel est le sens du présent amendement de suppression.

Dispositif

Supprimer l’alinéa 2.

Art. ART. 2 • 02/04/2026 DISCUTE
SOC

Exposé des motifs

Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à supprimer l’article 2 qui prévoit d’abaisser de 500 à 250 participants le seuil à partir duquel les rassemblements festifs à caractère musical seraient soumis à une obligation de déclaration préalable.

Cet article aurait pour conséquence d’étendre le délit créé à l’article 1er aux organisateurs de rassemblements de faible envergure, ce qui ne semble ni souhaitable au regard du principe de proportionnalité des délits et des peines, ni efficace, dans la mesure où il n’est pas démontré que ces rassemblements de faible envergure poseraient des difficultés particulières.
 
Enfin, la fixation de ce seuil relève du domaine réglementaire et non de la loi.

Aussi, il est proposé de supprimer cet article afin de maintenir le seuil actuel fixé à 500 participants. 

Dispositif

Supprimer cet article. 

Art. ART. PREMIER • 02/04/2026 DISCUTE
SOC

Exposé des motifs

Par cet amendement, le groupe Socialistes et apparentés entend s’opposer à cette proposition de loi qui alourdit les dispositions répressives en vigueur sans apporter aucune plus-value en matière d'efficacité. 

Le renforcement des sanctions visant les organisateurs de rassemblements festifs n'aura pour effet que de dégrader la sécurité des personnes y participant. Il est à cet égard essentiel de sortir de l'impasse du régime juridique de l'autorisation préalable déguisée en régime de déclaration préalable : il appartient à la collectivité publique de renouer un dialogue garantissant l'organisation de ces rassemblements festifs dans le cadre négocié avec les préfets au nom de l'Etat.

Cet amendement propose donc de maintenir les sanctions actuellement encourues par les organisateurs en cas d’absence de déclaration préalable ou en violation d'une interdiction prononcée par le préfet, soit une contravention de la 5ème classe.

Dispositif

À l’alinéa 2, substituer aux mots : 

« six mois d’emprisonnement et de 5 000 euros d’amende » 

les mots : 

« l’amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe ».

Art. ART. PREMIER • 02/04/2026 DISCUTE
SOC

Exposé des motifs

Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à laisser à la libre appréciation de la justice l’opportunité de confisquer le matériel saisi, sans que la décision de ne pas le confisquer nécessite une décision spécialement motivée.

Dispositif

I. – À la première phrase de l’alinéa 3, substituer au mot : 

« prononce »

les mots : 

« peut prononcer ».

II. – En conséquence, supprimer la seconde phrase du même alinéa 3.

Art. ART. PREMIER • 02/04/2026 DISCUTE
SOC

Exposé des motifs

Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à supprimer l'alinéa 6 qui entend sanctionner les personnes qui participeraient à un rassemblement festif à caractère musical interdit ou non déclaré.

Cette disposition alourdirait les dispositions répressives en vigueur, puisque seuls les organisateurs de ces rassemblements sont aujourd’hui passibles de sanctions, à défaut de déclaration préalable ou en violation d'une interdiction prononcée par le préfet. 

Il n’apparaît pas opportun d’étendre les sanctions aux participants, dans la mesure où un participant peut de bonne foi se rendre à un événement sans savoir si celui-ci est organisé ou non dans le respect de la réglementation.

Dispositif

Supprimer l'alinéa 6. 

Art. ART. PREMIER • 02/04/2026 DISCUTE
SOC

Exposé des motifs

Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés entend supprimer l'article 1er de cette proposition de loi qui vise à renforcer la répression contre les rassemblements festifs à caractère musical. 

En faisant le choix d’une logique exclusivement répressive, sans démonstration de sa nécessité ni de son efficacité, cette proposition de loi prend le risque d’aggraver les phénomènes contre lesquelles elle prétend lutter.

Plutôt que d’anticiper et réduire les risques liés à ces événements festifs, ce texte élargit le champ de la répression, en érigeant en délit des faits jusqu’ici contraventionnels, et en étendant les sanctions, au-delà des organisateurs, aux simples participants.

Les raves-parties répondent à une expression sociale et culturelle : liberté d’expression, accès à des espaces festifs alternatifs. Ignorer ces motivations, choisir une approche exclusivement fondée sur la répression et l’interdiction, aura pour conséquence de pousser les raves-parties dans une clandestinité accrue pour échapper au contrôle, sans résultat sur les dérives que le texte entend traiter, et avec un risque accru pour la sécurité des participants. 

Au contraire, il appartient à la collectivité publique de renouer un dialogue garantissant l'organisation de ces rassemblements festifs dans un cadre négocié avec les préfets au nom de l'État.

Dispositif

Supprimer cet article. 

Art. ART. PREMIER • 02/04/2026 DISCUTE
SOC

Exposé des motifs

Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à supprimer l’alinéa 4, qui dispose que toute personne qui contribuerait à l’organisation d'un rassemblement festif à caractère musical interdit ou non déclaré est présumée avoir connaissance de son caractère illicite.

Cette rédaction apparaît problématique, notamment au regard de la présomption d’innocence. Il est donc proposé de la supprimer.

Dispositif

Supprimer l'alinéa 4.

Scrutins (0)

Aucun scrutin lié à ce texte.