Restaurer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents
Proposée par Gabriel Attal (EPR)
L'essentiel
Déposée à l'Assemblée nationale, cette proposition de loi entend adapter la réponse pénale face à la délinquance des mineurs et renforcer la responsabilité de leurs parents. Selon son exposé des motifs, elle redéfinit le délit de soustraction d'un parent à ses obligations légales, avec une circonstance aggravante lorsque le mineur a commis une infraction, permet au juge des enfants de prononcer une amende civile contre les parents absents aux convocations en assistance éducative, étend leur responsabilité solidaire pour les dommages causés par leurs enfants et crée une procédure de comparution immédiate pour les mineurs. Ses auteurs affirment respecter les principes constitutionnels de la justice des mineurs, sans revenir sur l'architecture du code de justice pénale des mineurs issu de la réforme de 2021.
En première lecture, le 11 février 2025, la motion de rejet préalable déposée par Boris Vallaud a été repoussée par 202 voix contre 96, de même que les amendements de suppression de l'article premier (125 contre, 63 pour). Le texte a été adopté le 12 février par 125 voix contre 58. Après accord en commission mixte paritaire, l'Assemblée a adopté le texte définitif le 12 mai 2025 par 341 voix pour, 187 contre et 8 abstentions, une nouvelle motion de rejet ayant été écartée par 176 voix contre 103.
Qui a voté pour ou contre « Restaurer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents » ?
L'Assemblée nationale a adopté le texte le 12 mai 2025 par 341 voix pour, 187 contre et 8 abstentions.
Ont majoritairement voté pour : RN, EPR, DR, HOR, DEM, LIOT, NI, UDDPLR, NI.
Ont majoritairement voté contre : LFI-NFP, SOC, ECOS, GDR.
Le détail du scrutin et les positions individuelles ↗Les rapports parlementaires sur ce texte
- Proposition de loi visant à aménager le code de la justice pénale des mineurs et certains dispositifs relatifs à la responsabilité parentale… Rapport législatif · 06/05/2025 texte disponible
- Restaurer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents Rapport législatif · 27/11/2024 texte disponible
À lire sur ce texte
Le parcours de la loi
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Assemblée nationale première lecturela motion de rejet préalable, déposée par M. Boris Vallaud, de la proposition de loi visant à restaurer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents (première lecture).Motion rejetée 96 pour · 0 abs · 202 contre · 2 non-votantsChargement du détail des votes…
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Assemblée nationale première lecturel'ensemble de la proposition de loi visant à restaurer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents (première lecture).Adopté 125 pour · 0 abs · 58 contre · 1 non-votantsChargement du détail des votes…
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Sénatsur l'ensemble de la proposition de loi visant à restaurer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parentsAdopté 227 pour · 4 abs · 113 contre · 4 non-votantsChargement du détail des votes…
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Assemblée nationale CMPla motion de rejet préalable, déposée par Mme Mathilde Panot, de la proposition de loi visant à renforcer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents (texte de la commission mixte paritaire).Motion rejetée 103 pour · 0 abs · 176 contre · 2 non-votantsChargement du détail des votes…
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Assemblée nationale CMPl'ensemble de la proposition de loi visant à renforcer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents (texte de la commission mixte paritaire).Adopté 341 pour · 8 abs · 187 contre · 1 non-votantsChargement du détail des votes…
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1 a changé de position
Nom Groupe Avant → après Karl Olive EPR pour → abstention
Au banc du débat
Les parlementaires les plus actifs sur ce texte, en séance et en amendements.
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Clémence GuettéLFI-NFP126 interventions · 10 amendements -
Ugo BernalicisLFI-NFP102 interventions · 10 amendements -
Gérald Darmanin86 interventions · 0 amendements
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Jean TerlierEPR85 interventions · 27 amendements -
Jérémie IordanoffECOS55 interventions · 12 amendements -
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Pouria AmirshahiECOS33 interventions · 12 amendements -
Sylvie JosserandRN30 interventions · 25 amendements -
Hervé SaulignacSOC29 interventions · 10 amendements -
Gabriel AttalEPR27 interventions · 7 amendements
Répartition des amendements
Par statutAmendements (4)
Exposé des motifs
Les rédacteurs de cet amendement s’opposent à l’article 1 de la présente proposition de loi lequel vise à intégrer au délit de soustraction d’un parent à ses obligations légales, une circonstance aggravante liée à la commission d’une infraction par le mineur. Cet article ajoute également une peine de travaux d’intérêt général aux parents dits “défaillants”.
Cette mesure est à la fois dangereuse et inopérante.
Cette approche exclusivement répressive envers des parents d’enfants en conflit avec la loi ne constitue pas un vrai soutien à la parentalité des parents des enfants à protéger, qu’ils soient protégés par l’aide sociale à l’enfance ou par la protection judiciaire de la jeunesse.
Rappelons que les enfants en conflit avec la loi sont aussi des enfants en danger : selon les chiffres de l’ONPE, environ la moitié des mineurs pris en charge pénalement ont également fait l’objet d’un suivi au titre de l’enfance en danger (Rapport d’information sur la justice pénale des mineurs, Jean Terlier, Cécile Untermaier, février 2019).
Cet article dénature la visée de l’article 227‑17 du code pénal qui établit le délit de soustraction d’un parent à ses obligations légales. En effet, la mesure proposée ne juge pas la soustraction mais les actes commis par l’enfant. Cela va également à l’encontre d’un principe à valeur constitutionnelle et conventionnelle, inscrit à l’article 121-1 du code pénal.
Enfin, les rédacteurs de cet amendement s’inquiètent du détournement de la visée de la peine alternative à l’emprisonnement de travail d’intérêt général (TIG). En créant une peine de TIG complémentaire à l’emprisonnement, le TIG perd son caractère d’alternative et devient une peine cumulative à l’incarcération, pouvant par ailleurs, elle aussi, mener à l’incarcération là où la peine de TIG est censée permettre son évitement.
Dispositif
Supprimer cet article.
Exposé des motifs
Les rédacteurs de cet amendement s’opposent à l’article 2 de la présente proposition de loi lequel instaure la possibilité pour le juge des enfants statuant en assistance éducative de prononcer une amende civile à l’égard des parents qui ne défèrent pas aux convocations aux audiences et auditions d’assistance éducative.
Cette mesure est à la fois dangereuse et inopérante.
De nombreuses études concernant les parents dont les enfants sont protégés démontrent l’étendue des difficultés économiques et sociales auxquelles ils sont confrontés : précarité, isolement social, monoparentalité, état de santé physique et/ou psychique dégradé…
La qualité de la relation que les parents entretiennent avec les professionnels est un élément essentiel pour reconstruire une parentalité mise à mal par les difficultés familiales et la séparation d’avec son enfant.
Cette approche exclusivement répressive envers des parents d’enfants à protéger ne constitue donc pas un vrai soutien à la parentalité des parents des enfants, qu’ils soient protégés par l’aide sociale à l’enfance ou par la protection judiciaire de la jeunesse.
Dispositif
Supprimer cet article.
Exposé des motifs
Les rédacteurs de cet amendement s’opposent à l’article 4 de la présente proposition de loi lequel crée une procédure de comparution immédiate pour les mineurs.
Cette mesure vient non seulement complexifier le code de justice pénale des mineurs en créant deux types de comparution immédiate, mais il crée par ailleurs un régime de comparution immédiate avec possibilité de détention provisoire plus sévère que pour les majeurs.
Cette approche exclusivement répressive à l’égard des enfants en conflit à protéger méconnait les principes fondamentaux de la justice des mineurs notamment la primauté de l’éducatif sur le répressif.
Dispositif
Supprimer cet article.
Exposé des motifs
Les rédacteurs de cet amendement s’opposent à l’article 5 lequel revoit les modalités d’atténuation de la peine pour les mineurs.
Cette mesure méconnait les principes constitutionnels et conventionnels de la justice des mineurs : la primauté de l’éducatif sur le répressif, l’atténuation de la responsabilité pénale des mineurs en fonction de l’âge et la spécialisation de la justice des mineurs.
Faire de « l’excuse de minorité » pour les 16-18 ans non plus un principe mais une dérogation nécessitant de motiver son application par les magistrats en cas de récidive légale ou pour certaines infractions, revient à appliquer aux mineurs les mêmes sanctions que les adultes. Ces mesures pourraient avoir les effets inverses de ceux escomptés et exacerber les difficultés des mineurs faisant l’objet de sanctions inadaptées.
Dispositif
Supprimer cet article.