Meilleure reconnaissance des maladies professionnelles chez les sapeurs-pompiers
Pierre-Yves CadalenLFI-NFP
Député — Finistère (2)
La question
M. Pierre-Yves Cadalen appelle l'attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur les sapeurs-pompiers et les maladies professionnelles dont ils sont victimes. Aujourd'hui la France compte près de 253 000 sapeurs-pompiers professionnels et volontaires. Ceux-ci sont amenés chaque jour à intervenir au secours de la population, mettant en danger leur vie et leur santé. Outre les dangers du feu, ils s'exposent à des risques sanitaires très variés et peu reconnus. Une étude britannique datant de 2023 constate par exemple, une prédominance des cancers supérieure à 323 % chez les pompiers âgés de 35 à 39 ans comparée à celle de la population générale. En France, on estime que le risque de cancer, comparé à la population générale, serait plus élevé de 58 % pour le mélanome chez les pompiers et supérieur de 16 % dans le cas du cancer de la vessie. À cela on ajoute des risques spécifiques liés à la grossesse, tels que le retard de croissance intra-utérin, la prématurité de l'enfant et le risque de fausses couches. Les horaires de nuit sont également un facteur de déséquilibre psychique, somatique et social. De plus, l'organisme endormi laisse parfois s'installer certains problèmes physiques inexistants lors de l'activité diurne, tels que le mal de dos ou encore les problèmes cardiaques. En 2023, le Canada a voté le Bill C-224, un dispositif de protection avancée des professionnels du secours et de l'assistance. Celui-ci reconnaît jusqu'à 19 cancers imputables à la profession de sapeur-pompier. En France, seuls deux cancers sont présumés imputables à l'activité de sapeur-pompier. Cela a pour conséquence le fait que les victimes d'un autre type de cancer doivent apporter la preuve du lien entre le développement de cette maladie et l'exercice de leurs fonctions. Or il n'y a aucune étude épidémiologique ou effort de suivi médical coordonné mis en œuvre. De plus, il n'existe actuellement pas de donnée officielle et précise sur le nombre de sapeurs-pompiers atteints de cancer. La santé des sapeurs-pompiers est menacée par l'ensemble de ces facteurs. Il est impératif de mettre en place des mesures pour protéger et accompagner les sapeurs-pompiers. Il l'interroge sur ce qu'il compte mettre en place pour protéger les sapeurs-pompiers.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/09/2026S'il n'existe pas d'étude épidémiologique ou de données officielles sur le nombre de sapeurs-pompiers atteints de cancer, le ministère de l'intérieur a toutefois mis en oeuvre un observatoire national de la santé des sapeurs-pompiers, qui se nourrit des différentes études scientifiques pour énoncer des recommandations à destination des services d'incendie et de secours. En lien avec cet observatoire, le pôle santé de la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises du ministère de l'intérieur anime un réseau de recherche en santé national, identifiant ou orientant certains axes de recherche concernant la santé des sapeurs-pompiers, tels l'étude interuniversitaire "firefightersmultiexp". Dans ce cadre, la création d'une chaire de santé en service à l'ENSOSP a été encouragée, afin de développer la recherche sur ces sujets. Cette chaire, créée en collaboration avec l'université d'Angers, sera installée pour la rentrée 2026. En outre, une réforme du suivi de la santé en service des sapeurs-pompiers a été engagée, afin de prendre en compte les préoccupations liées à leur santé. Le ministère de l'intérieur intervient également pour améliorer les équipements de protection individuelle tels la tenue de feu ou la cagoule filtrante permettant d'améliorer la préservation du sapeur-pompier.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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