Moyens alloués à l'éducation nationale et politique d'orientation
Sandrine RunelSOC
Députée — Rhône (4)
La question
Mme Sandrine Runel appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les conditions d'apprentissage des lycéens et le manque de moyens attribués à l'éducation nationale. Depuis près de trois semaines, les lycéens se mobilisent de partout en France afin de dénoncer leurs conditions d'enseignement. Leur colère est non seulement une conséquence du manque de moyens mis dans l'enseignement depuis des années mais également le reflet d'une inquiétude grandissante concernant leur avenir. Toutes ces inquiétudes sont légitimes, elles doivent être entendues et trouver une réponse institutionnelle. Dans sa circonscription, elle a pu échanger avec des lycéens représentants de classes ayant de nombreuses revendications. Lors de cet échange, ils lui ont présenté un cahier de doléances, travaillé avec leurs camarades. Elle tient à en faire part à M. le ministre afin que leurs revendications trouvent un écho auprès de ceux qui ont les moyens aujourd'hui d'y répondre. Une des revendications les plus fortes concerne l'orientation. En effet, la question de l'orientation inquiète les jeunes, elle est multifactorielle et se rattache à diverses causes tels que les moyens mis dans les établissements, le remplacement des professeurs lorsqu'ils sont absents, le nombre d'élèves par classe, etc. Toutefois, en ce qui concerne l'orientation à proprement parler, les lycéens sollicitent un meilleur accompagnement : des conseillers d'orientation présents au sein de l'établissement pour les aider et les orienter dans cette période cruciale ; bénéficier de plus amples informations sur les formations possibles à l'issue de leur bac en fonction de la formation suivie. L'orientation est source d'une angoisse croissante chez les élèves, qui se sentent souvent seuls face à ce choix, comme leurs parents d'ailleurs, faute de moyens d'accompagnement suffisants. La plupart des forums d'orientation sont désormais privés et les échanges avec d'anciens élèves sont rares. En outre, le transfert de la compétence d'orientation aux régions a creusé les inégalités : les moyens alloués dépendent désormais de la volonté de chaque région. Ce sujet est un enjeu majeur, qui mérite des moyens propres et garantis, identiques pour toutes et tous, quelle que soit la couleur politique de la région de résidence. Par ailleurs, Parcoursup est aujourd'hui source de compétition entre les élèves, détériorant l'ambiance au sein des classes et entachant la solidarité et l'esprit d'équipe. Parcoursup, jugée injuste et peu transparente, n'a pas su apporter une réponse claire aux élèves. La demande de suppression de cette plateforme est forte et Mme la députée la soutient. Mais, au-delà de la suppression, les élèves souhaitent une meilleure explication de la plateforme, une prise en main plus tôt dans leur scolarité et un meilleur accompagnement pour son utilisation. Le non-remplacement des professeurs est également une réelle problématique dans tous les lycées de France. En effet, il ne s'agit plus uniquement d'absences imprévues nécessitant des délais supplémentaires pour trouver un remplaçant. Régulièrement ce sont des professeurs dont l'absence est connue en amont qui ne sont pas remplacés. Outre la frustration que cela crée, les élèves prennent alors du retard sur le programme et cela engendre des inégalités entre les élèves mais aussi entre les classes et les établissements. Pourquoi n'y a-t-il pas suffisamment de professeurs remplaçants aujourd'hui ? Le nombre d'élèves par classe s'élève à plus de 35 dans certains établissements. Comment espérer un accompagnement à la hauteur avec autant d'élèves par classe ? Comment un professeur peut-il s'adapter à leurs besoins s'ils sont aussi nombreux ? La baisse démographique devrait permettre de diminuer le nombre d'élèves par classe en maintenant le nombre de postes existants et progressivement faire des classes avec moins d'élèves. L'État ne peut pas faire d'économies sur la jeunesse. Il n'est pas cohérent de s'émouvoir des résultats au PISA des élèves français et en parallèle ne pas leur donner les moyens pour s'améliorer. La liste de revendications est longue et à raison. Mais toutes ces demandes se rejoignent globalement autour d'une même origine : le manque de moyens attribués à l'éducation nationale. Quel message est envoyé lorsque des postes de professeurs sont supprimés alors même que tous les élèves n'ont pas de professeur ? Quel message est envoyé lorsque des élèves n'ont pas suffisamment de tables et de chaises dans leur salle de classe ? Mme la députée souhaite savoir comment M. le ministre compte répondre à ces inquiétudes. Les lycéens doivent être pleinement intégrés aux discussions concernant leur apprentissage et leur avenir. Des instances dans lesquelles ils sont représentées doivent être mises en place. Elle lui demande ce que prévoit le Gouvernement concernant ces manques de moyens et quelles solutions vont être mises en place afin de répondre aux revendications légitimes des lycéens.
⏳ Cette question n'a pas encore reçu de réponse du gouvernement.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
Autres questions de Sandrine Runel
Manifestation d'extrême droite à Lyon
Financement des CRIAVS et prévention des violences sexuelles sur enfants
Pénibilité du métier d'urgentiste en période de canicule
Désertification médicale en dermatologie