Crédits MEAE des RRMA : coopération internationale et maillage territorial
Océane GodardSOC
Députée — Côte-d'Or (1)
La question
Mme Océane Godard attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur l'annonce de son intention d'annuler les crédits affectés aux seize réseaux régionaux multi-acteurs (RRMA) de la coopération internationale, alors même qu'une convention triennale avait été signée le 24 avril 2026. Cette décision engendrerait le démantèlement d'un maillage territorial qui fait vivre, au plus près des citoyens, les enjeux de coopération européenne et internationale, d'éducation à la citoyenneté mondiale et de mobilité, notamment celle des jeunes. Mme la députée souligne que, depuis plus de vingt ans, en concertation étroite avec le MEAE, les conseils régionaux et plus de 200 collectivités engagées à l'international, les RRMA animent une diplomatie citoyenne au plus près des territoires, ruraux comme urbains. En 2025, ils ont référencé plus de 13 000 acteurs associatifs, collectivités, entreprises et établissements d'enseignement et accompagné plus de 1 300 structures dans des projets à dimension internationale. Bénévoles, élus locaux, jeunes, salariés, enseignants, responsables associatifs, d'entreprises et d'établissements publics participent ainsi, à leur échelle, à la politique étrangère de la France et entretiennent la relation vivante que les citoyens et les territoires nourrissent avec le monde - une force de proximité essentielle à l'heure où le débat sur les enjeux internationaux polarise et bouscule l'opinion. Mme la députée relève que la loi n° 2021-1031 du 4 août 2021 a consacré le rôle des collectivités territoriales et des sociétés civiles dans la politique française de développement solidaire et que cette loi demeure en vigueur. Or la cinquième coupe budgétaire consécutive aurait de lourdes conséquences pour les pays partenaires de la France comme pour ses propres territoires : mobilité, politique de la ville, cohésion sociale, transition écologique, culture, sport, éducation, recherche, lutte contre les changements climatiques, sécurité civile et bien d'autres politiques publiques s'enrichissent des coopérations internationales et, plus largement, d'une meilleure compréhension des enjeux internationaux. Mme la députée observe en outre que le désengagement budgétaire de l'État a déjà coûté 16 000 emplois aux associations et ONG de solidarité internationale françaises depuis 2024, sur les territoires comme à l'international, et que cette vague de suppressions d'emploi s'étend et fragilise progressivement les structures des territoires. Elle lui demande, en conséquence, s'il entend confirmer, alors que l'année budgétaire 2026 est déjà entamée aux deux tiers, les crédits dédiés aux RRMA ainsi qu'aux autres corps intermédiaires qui structurent le secteur de la coopération internationale et quelles mesures il envisage pour en sécuriser également la programmation en 2027, afin d'éviter l'effondrement d'un pan essentiel de la politique étrangère de la France et de la cohérence entre l'action internationale de l'État et celle des collectivités territoriales.
⏳ Cette question n'a pas encore reçu de réponse du gouvernement.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
Autres questions de Océane Godard
Décret n° 2026-809 : ticket modérateur de 50 % sur les soins dentaires
Utilisation des PUNR dans les bassins : un risque pour l'eau
Pénibilité des métiers de l'urgence
Absence de renouvellement de l'arrêté ESOD groupe 2