Droits d'auteur et musiques traditionnelles
Michel CanévetUCI
Sénateur — Finistère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/12/2017Sur nos territoires, diverses manifestations sont organisées, telles que des animations, des bals ou des repas, qui impliquent le recours à des prestations de musique. Les organisateurs en sont souvent des associations.
Bien souvent, en Bretagne, où je suis élu, des ensembles pratiquent de la musique traditionnelle bretonne lors de différentes manifestations culturelles territoriales.
Les associations organisatrices sont souvent sollicitées par la SACEM pour payer des droits, ce qui pose des difficultés quand leurs recettes sont faibles. Le fait même qu'elles doivent acquitter des droits sur la diffusion de musique populaire traditionnelle régionale suscite régulièrement des doutes.
Pourriez-vous m'éclairer à ce sujet, madame la ministre ? Comment les organisateurs pourraient-ils éventuellement être dispensés de payer les droits si les morceaux diffusés sont tombés dans le patrimoine depuis déjà très longtemps ?
Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre de la culture.
Mme Françoise Nyssen, ministre de la culture. Monsieur le sénateur, vous interrogez le Gouvernement au sujet du versement d'une rémunération pour l'exécution de musiques traditionnelles, par exemple bretonne, tombées dans le domaine public à la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, la SACEM.
Comme vous le savez, le code de la propriété intellectuelle précise que la durée de protection d'une œuvre musicale est de soixante-dix ans après le décès de son compositeur.
À l'expiration de ce délai, l'œuvre peut être exploitée librement, sous réserve du droit moral de l'auteur, et gratuitement.
La SACEM n'a donc pas vocation à percevoir de rémunération pour la diffusion d'une œuvre musicale tombée dans le domaine public, sauf dans l'hypothèse où cette œuvre ferait l'objet d'arrangements ou d'adaptations.
Dans le cas de l'association que vous avez évoqué auprès de mes services, les morceaux exécutés n'ont fait l'objet d'aucune adaptation susceptible de donner naissance à des droits d'auteur. Par conséquent, en vertu de la législation en vigueur pour toute manifestation musicale et après examen du programme des œuvres interprétées par le groupe d'accordéonistes, le dossier a été clos par la SACEM et n'a donné lieu à aucune suite administrative ou facturation au titre des droits d'auteur.
Mme la présidente. La parole est à M. Michel Canevet.
M. Michel Canevet. Je vous remercie de votre réponse, madame la ministre.
Il était important de clarifier les choses, en particulier de bien mettre en évidence qu'il n'y a pas de droits à payer sur la diffusion de morceaux de musique traditionnelle, dès lors que celle-ci n'a pas fait l'objet d'arrangements particuliers.
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Michel Canévet
Ouverture de buvettes pour les clubs sportifs
Protection des prisons contre les drones
Fin du tarif d'achat sur le biométhane
Situation des ambulanciers