Obligation d'accès aux cantines scolaires
Jean-François LongeotUCI
Sénateur — Doubs
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/12/2017Le Conseil constitutionnel a déjà été saisi, par les sénateurs, de cet article, qui présente effectivement certaines difficultés. Aux termes dudit article, « l'inscription à la cantine des écoles primaires, lorsque ce service existe, est un droit pour tous les enfants scolarisés. Il ne peut être établi aucune discrimination selon leur situation ou celle de leur famille. »
M. Patrick Kanner. Très bien !
Mme Nicole Belloubet, garde des sceaux. Cela signifie donc, comme vous l'avez indiqué à juste titre, que l'inscription est de plein droit quand ce service existe et qu'aucune discrimination ne peut être commise par les maires à l'égard des parents qui demandent l'inscription de leur enfant à la cantine.
En revanche, cet article n'oblige pas les communes à créer ce service, qui reste un service public facultatif, juridiquement en tout cas, même si les parents le ressentent très souvent comme un service public obligatoire.
Telles sont les raisons qui ont fondé la décision du tribunal administratif de Besançon. Cela implique, a précisé le tribunal, que les personnes publiques ayant choisi de créer un service de restauration scolaire sont tenues de garantir à chaque élève le droit d'y être inscrit. En conséquence, ajoute le tribunal, elles doivent adapter et proportionner le service à cette fin et ne peuvent, au motif du manque de places disponibles, refuser d'y inscrire un élève qui en fait la demande.
Tel qu'il est rédigé, il est évident que l'article n'impose pas aux communes de se doter d'un service de restauration scolaire, mais, dès lors que ce service existe, l'ensemble des élèves doit y être inscrit.
M. Claude Kern. Et s'il n'y a plus de place ?…
Mme Nicole Belloubet, garde des sceaux. Si nous voulons faire évoluer les pratiques, il faudra sans aucun doute retravailler ensemble l'écriture de ce texte. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche. – M. Franck Menonville applaudit également.)
Mme la présidente. La parole est à M. Jean-François Longeot, pour la réplique.
M. Jean-François Longeot. Je vous remercie de votre réponse, madame la garde des sceaux, qui reprend effectivement la décision du tribunal administratif.
L'effet pervers est bien celui que vous avez souligné : les communes où il n'y a pas de cantine n'en créeront pas, de peur de ne pas pouvoir assumer leur mission auprès de l'ensemble des élèves. (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste, du groupe Les Républicains et du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)
Source : senat.fr ↗
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