Limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes
M Michel RaisonLes Républicains Sénateur — Haute-SaôneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/12/2017M. Gilbert Bouchet. Et alors ?
M. Christophe Castaner, secrétaire d'État. Il a ainsi pris un certain nombre de mesures, avec le gouvernement qui l'accompagnait, qui ont permis de constater que, à la fin de son second mandat, près de 8 000 personnes avaient conservé la vie du fait de ces actions et que près de 100 000 personnes avaient évité un accident relativement important entraînant des séquelles physiques permanentes. Il a fallu à ce moment-là le courage de tenir bon face à ceux qui revendiquaient le droit de rouler sur les routes à la vitesse qu'ils souhaitaient.
C'était le même débat en 1974, quand on a abordé la question de la ceinture de sécurité à l'avant des véhicules. (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains et du groupe Les Indépendants – République et territoires.)
M. Alain Fouché. Non, cela n'a rien à voir !
M. Christophe Castaner, secrétaire d'État. Là encore, au nom de la liberté, certains contestaient cette mesure. Soyons sérieux, mesdames, messieurs les sénateurs. Les études montrent que baisser de 10 kilomètres par heure la vitesse sur les routes bidirectionnelles sans séparateur central permettrait de sauver 350 vies par an.
M. Gilbert Bouchet. C'est faux !
M. Christophe Castaner, secrétaire d'État. On peut certes considérer qu'il faut continuer ainsi et se satisfaire de l'augmentation, sur les trois dernières années, de la mortalité sur nos routes – de 3,6 % en 2014, 2,3 % en 2015 et 0,5 % en 2016 –, mais on peut aussi choisir le courage. Et puisque la moitié des morts sur nos routes adviennent sur ce type de voies, assumer de prendre des mesures de sécurité routière et de prévention et d'engager des investissements, que les collectivités territoriales discutent, en ce moment même, à Cahors, en présence du Premier ministre et des représentants des départements qui ont une responsabilité sur ces routes.
On peut décider d'avoir le courage politique pour sauver des vies ! (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche, ainsi que sur des travées du groupe socialiste et républicain. – Protestations sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Gilbert Bouchet. Cette mesure ne sauvera aucune vie !
Mme la présidente. La parole est à M. Michel Raison, pour la réplique.
M. Michel Raison. Je vous remercie, monsieur le secrétaire d'État. Je suis tout à fait d'accord : on doit être très rigoureux sur ce sujet. Toutefois, je suis également partisan de la pédagogie. Pour que les citoyens puissent s'approprier une nouvelle mesure, il faut la leur expliquer. La pédagogie ne peut être bonne que si l'on a des arguments chiffrés, ce qui ne me semble pas être tout à fait le cas.
Je ne voudrais surtout pas que la mesure soit contre-productive ; tel était le but de ma question. Je ne suis pas, je vous rassure, pour le laxisme. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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