Droits des propriétaires et locataires contre les occupations illégales
A Alain FouchéLes Indépendants Sénateur — VienneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 16/02/2018Votre question, monsieur le sénateur, porte sur la protection du domicile dit « principal », le lieu d'habitation.
Contrairement donc à ce que l'on a pu lire, la loi apporte aujourd'hui une sécurité juridique forte à l'encontre de ces squatteurs qui peuvent venir occuper le domicile principal d'une personne.
Comme vous l'avez relevé, la loi DALO de 2007 prévoit le recours à une procédure administrative par le truchement du préfet, lequel peut alors saisir soit les juridictions, soit la police. Surtout, depuis la loi du 24 juin 2015, il est reconnu que l'infraction porte non seulement sur l'entrée dans les lieux, mais également sur l'occupation illicite de ceux-ci, c'est-à-dire du domicile principal. Cette loi autorise la police à intervenir au titre de la flagrance pour déloger les squatteurs. Il est important de préciser que le fameux délai de quarante-huit heures ne s'applique aucunement en l'espèce.
Vous avez raison, monsieur le sénateur, il y a visiblement un problème de communication et l'information du public sur les procédures et le droit existant est insuffisante. Quand on voit des squatteurs s'installer dans une résidence principale, il faut prévenir la police. (Exclamations ironiques sur des travées du groupe Les Républicains.) Depuis la loi du 24 juin 2015, celle-ci est tenue d'intervenir au titre de la flagrance. Communiquer sur ce sujet permettra de rappeler à chacun quelles sont ses responsabilités. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche et du groupe socialiste et républicain.)
M. le président. La parole est à M. Alain Fouché, pour la réplique.
M. Alain Fouché. J'ai déposé une proposition de loi, cosignée par de nombreux collègues, que je remercie, tendant à supprimer le bénéfice de la trêve hivernale pour les squatteurs qui occupent un domicile principal.
Dans les faits, les personnes s'adressent aux services de police, qui souvent refusent d'intervenir. Il serait donc bon de prendre une circulaire de rappel. Actuellement, le locataire ou le propriétaire se trouve obligé de recourir à un avocat et de saisir le juge judiciaire pour qu'il ordonne l'expulsion du squatteur, voire la suppression de la trêve hivernale. Or cette procédure dure des mois ! Je compte sur le Gouvernement pour soutenir cette proposition de loi ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Indépendants – République et Territoires et du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées du groupe Union Centriste.)
Source : senat.fr ↗
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