Répartition des nouveaux effectifs entre police nationale et gendarmerie
Anne-Catherine LoisierUCI
Sénatrice — Côte-d'Or
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 13/02/2019Candidat, le Président de la République promettait la création de 10 000 postes supplémentaires de policiers et de gendarmes, sans préciser néanmoins la clé de répartition qui s'appliquerait à cette création.
Il s'engageait à « donner à la gendarmerie toute sa place » dans la « mission de renseignement », reconnaissant « sa contribution désormais significative au renseignement territorial et au suivi des individus susceptibles d'être radicalisés ».
Nous le savons : la gendarmerie protège 50 % de la population et sa zone de compétence couvre 95 % du territoire. Elle vient en appui de la police lors des concentrations de population, comme nous avons pu le constater à l'occasion des manifestations des « gilets jaunes ».
Elle est confrontée à la gestion des flux de population et à la délinquance sur les axes de communication, dans des espaces ruraux très vastes, et avec des pics de population dans les zones d'affluence saisonnière.
Son maillage du territoire et sa connaissance du terrain lui confèrent une mission et un intérêt stratégique tout particuliers.
Les dernières programmations budgétaires laissent entrevoir la mise en œuvre d'une clé de répartition des effectifs nouveaux de 25 % pour la gendarmerie et 75 % pour la police, à mettre en regard du « 40-60 » antérieurement pratiqué. Il est également prévu de recruter des effectifs de la gendarmerie au sein de la DGSI, la Direction générale de la sécurité intérieure.
Madame la ministre, qu'en est-il aujourd'hui de ces recrutements et notamment, donc, de la présence de gendarmes au sein de la DGSI ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Nathalie Loiseau, ministre auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargée des affaires européennes. Madame la sénatrice Loisier, la sécurité des personnes et des biens dans tous les territoires constitue pour le Gouvernement une priorité.
La création de 2 500 postes à l'horizon 2022 est destinée à remettre à niveau les effectifs des unités territoriales de la gendarmerie, qui souffrent des conséquences de la politique de réduction conduite entre 2007 et 2012. Cette remise à niveau permettra de prendre en compte la hausse de la population dans la zone de compétence de la gendarmerie, que vous soulignez à juste titre.
Je rappelle qu'en 2018 le plafond d'emplois a atteint un niveau inédit depuis 2008 : 100 768 personnels, contre 100 192 en 2017.
J'ajoute que, depuis deux ans, l'écart entre les emplois votés et les emplois exécutés diminue : 1 935 équivalents temps plein annuel travaillé, en 2018, contre 3 754 en 2016.
L'augmentation des effectifs va se poursuivre entre 2019 et 2022, conformément à la volonté du Président de la République, et la gendarmerie bénéficiera de la création de 2 500 postes. Cette création de postes profitera en priorité aux unités assurant les missions de sécurité publique, dans le cadre de la poursuite de la mise en place de la police du quotidien et du développement de la fonction contact de la gendarmerie.
Les services de renseignement territoriaux ont par ailleurs vocation à être significativement renforcés d'ici à la fin du quinquennat, en partie par des militaires de la gendarmerie, qui contribuent à part entière au travail de ces services.
Il doit être rappelé que la clé de répartition entre les forces tient compte du champ de leurs missions respectives, en matière notamment de renseignement, de lutte contre le terrorisme, de contrôle aux frontières extérieures – cette activité s'accroît très fortement depuis 2015 –, de lutte contre l'immigration irrégulière et de gestion des centres de rétention administrative, autant d'objectifs prioritaires, au même titre que la sécurité du quotidien.
M. le président. La parole est à Mme Anne-Catherine Loisier, pour répondre à Mme la ministre.
Mme Anne-Catherine Loisier. Merci, madame la ministre, pour ces éléments.
Je veux profiter de cette occasion pour attirer votre attention, dans une période où nos forces de sécurité sont fortement mobilisées, sur un protocole qui a été conclu en 2016, visant à mieux valoriser les carrières d'un certain nombre de fonctionnaires.
À ce jour, ce protocole n'est pas mis en œuvre. Or, me semble-t-il, le contexte actuel et le niveau de mobilisation desdits fonctionnaires nécessiteraient que le Gouvernement tienne ses engagements et reconnaisse les lourdes responsabilités et charges aujourd'hui assumées par les militaires sur l'ensemble de notre territoire.
Source : senat.fr ↗
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