Projet de loi « PACTE » et privatisations
Anne-Catherine LoisierUCI
Sénatrice — Côte-d'Or
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 22/06/2018Premièrement, il s'agit d'investir pour l'avenir, au travers d'un fonds dénommé « fonds pour l'innovation de rupture », qui sera doté d'une dizaine de milliards d'euros et permettra de dégager 200 à 300 millions d'euros de revenus par an.
Le but, ici, est que l'État assume pleinement son rôle de stratège dans le domaine économique, avec comme préoccupation de ne pas céder aux exigences parfois « court-termistes » des marchés et de travailler sur une innovation de rupture, plutôt que d'en rester à une innovation incrémentale.
L'État, sans doute, doit jouer un rôle plus stratégique que celui qui consisterait à se contenter d'être l'heureux bénéficiaire de dividendes d'entreprises intervenant dans des secteurs d'activité qui ne figureront probablement pas, demain, parmi les secteurs permettant à la France de retrouver un modèle économique florissant et d'entrer de plain-pied dans le XXIe siècle.
Deuxièmement, madame la sénatrice, vous nous dites que nous privons les Français de ces dividendes. Mais les Français ne sont pas actionnaires, et c'est là, d'ailleurs, une culture bien française : nombre de nos grandes entreprises sont détenues par l'État ou des fonds d'investissement étrangers.
Ces cessions de titres de l'État ont précisément pour but de permettre l'émergence d'un actionnariat populaire dans notre pays (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains, sur les travées du groupe socialiste et républicain et du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.), afin que chaque Français puisse détenir une part de ces entreprises qui, dans notre pays, sont rentables et, ainsi, toucher des dividendes.
Mme Éliane Assassi. Comme c'est laborieux !
M. Benjamin Griveaux, secrétaire d'État. Troisièmement, l'État peut être stratège au travers de la détention de capitaux dans une entreprise publique, mais il a aussi une fonction de régulation,… (Mêmes mouvements.)
Mme Éliane Assassi. Ce n'est pas sérieux !
M. Benjamin Griveaux, secrétaire d'État. … à laquelle, mesdames, messieurs les sénateurs, je vous sais attachés, indépendamment de vos sensibilités politiques.
Nous renforcerons aussi les mécanismes de régulation, notamment s'agissant de la Française des jeux et du Pari mutuel urbain, ou PMU. C'est un sujet, je le sais également, madame la sénatrice, dont vous êtes soucieuse. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à Mme Anne-Catherine Loisier, pour la réplique.
Mme Anne-Catherine Loisier. Monsieur le secrétaire d'État, à force de nationaliser les déficits et de privatiser les bénéfices, nous appauvrissons l'État.
Vous avez parlé d'innovation pour l'avenir. L'innovation, notamment dans l'administration de la France, c'est peut-être aussi inventer de nouveaux partenariats gagnants-gagnants, pas seulement pour les entreprises – c'est important –, mais aussi pour l'État, en faisant, sur le long terme, fructifier le patrimoine public des générations à venir ! (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste et du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées du groupe socialiste et républicain et du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)
Source : senat.fr ↗
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