Évasion de Rédoine Faïd
Antoine LefèvreLes Républicains
Sénateur — Aisne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/07/2018Je crois en effet qu'il nous faut disposer d'éléments stabilisés. Ce ne sont pas simplement des images, ni même ce que j'ai pu voir de mes propres yeux, qui me permettront de tirer des conclusions, mais un certain nombre d'éléments irréfutables.
Je n'ai toutefois pas attendu cet événement grave pour engager des politiques en faveur de la sécurité de ces établissements, qui sont destinées à prévenir ces évasions.
La direction de l'administration pénitentiaire, à ma demande, travaille selon trois axes : observer la population pénale pour prévenir et déceler des indices – c'est le rôle du renseignement pénitentiaire, qui se déploie de façon très importante ; mettre en place des systèmes d'affectation des détenus dans des établissements correspondant à leur profil – c'est tout le travail de construction d'établissements pénitentiaires adaptés que nous effectuons ; enfin, accomplir des efforts importants pour la sécurité des établissements. Et je vous cite là seulement quelques actions que nous entreprenons.
Nous privilégions la vidéoprotection, les dispositifs anti-projection, les dispositifs de détection, notamment de métaux, la sécurité aux abords des établissements, les équipements de sécurité pour les agents.
Nous travaillons également pour lutter contre le fléau des téléphones portables : nous avons passé un nouveau marché de brouillage des téléphones pour éviter les communications illicites. Son déploiement est en cours et se poursuivra à l'automne.
Toutes ces mesures, qui nécessitent des moyens importants, seront confirmées par la loi de programmation que je vous présenterai. Elles s'accompagnent en outre d'un important effort en termes de recrutement de personnels. Nous nous engageons sur les cinq années qui viennent à recruter 6 500 personnes. Ces éléments témoignent de notre volonté d'assurer à la fois la sécurité des agents et celle des Français. C'est notre seul objectif. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à M. Antoine Lefèvre, pour la réplique.
M. Antoine Lefèvre. Comme vous le savez, madame la garde des sceaux, je suis rapporteur de la mission « Justice » et je connais les difficultés budgétaires de votre ministère. À ce titre, je regrette la récente annulation de crédits de 340 millions d'euros au titre de l'administration pénitentiaire, des sommes qui ne seraient pas reportées pour 2018. (Mme la garde des sceaux le conteste.)
Vous avez certes la volonté de recruter plus de surveillants, mais, si leur sécurité n'est pas assurée, qui va se porter candidat ? Plus que jamais, les revendications des organisations syndicales du début d'année sont d'actualité.
De nouveau, je veux vous interpeller sur la prolifération des portables en prison. Plus de 20 000 ont déjà été saisis depuis le mois de janvier. À Fleury-Mérogis, cinquante-six téléphones et objets connectés ont été trouvés dans une même cellule : une vraie téléboutique ! (Sourires sur les travées du groupe Les Républicains et du groupe Union Centriste.) Dans le même temps, les agents et les surveillants doivent laisser leur portable à l'entrée !
Vous venez d'en toucher un mot, madame la ministre : 14 millions d'euros de crédits ont été votés pour l'équipement en nouveaux brouilleurs, mais, visiblement, les résultats se font attendre. La population carcérale a évolué ; elle est plus violente, plus jeune, pour partie radicalisée et désormais toujours connectée.
Madame la garde des sceaux, il est urgent de proposer dans ce domaine des solutions vraiment efficaces et pérennes. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains et du groupe Union Centriste.)
Source : senat.fr ↗
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