Prise en charge financière des mineurs non accompagnés
Franck MenonvilleUCI
Sénateur — Meuse
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 12/10/2018Tout d'abord – je pense que nous nous entendrons tous sur ce constat –, il faut dire que la protection des mineurs non accompagnés est un impératif. Personne ne pourrait se satisfaire d'une politique qui renoncerait à s'occuper des mineurs non accompagnés.
Cela étant, nous devons aussi regarder la réalité en face : comme vous l'avez souligné, monsieur le sénateur, notre système ne fonctionne plus correctement, en raison d'un afflux considérable de mineurs non accompagnés, mais aussi, reconnaissons-le, parce qu'il est « embolisé » par un certain nombre de demandeurs, qui se prévalent d'un état de minorité alors qu'ils sont majeurs.
Il faut donc intervenir sur l'ensemble des sujets, dissuader les départs depuis les pays d'origine, démanteler les réseaux de passeurs, qui concourent aussi à l'accroissement du nombre de mineurs non accompagnés, et accompagner les départements confrontés à cette difficulté.
Nous les avons déjà aidés l'an dernier au moyen d'un fonds d'urgence. Le Gouvernement s'est ensuite engagé dans une discussion avec l'Association des départements de France. Elle fut d'une très grande fluidité, et nous sommes parvenus à un accord, qui sera évidemment mis en œuvre. Cet accord repose sur deux principes simples : tout d'abord, la protection de l'enfance reste une compétence départementale ; ensuite, l'État doit prendre toutes ses responsabilités dans la politique migratoire et la lutte contre la fraude, qui sont de son ressort.
Sur cette base, l'État renforcera en 2019 le montant des fonds alloués aux départements pour participer au financement de l'accueil de ces mineurs, jusqu'à ce que la question de leur majorité ou leur minorité soit tranchée.
Il mettra aussi en place un fichier national, afin de vérifier que les demandes formulées dans un département ne le sont pas de nouveau quelques mois plus tard par la même personne dans un autre département, engendrant de nouveaux frais d'instruction. Ce fichier sera opérationnel à compter de 2019. Il nous permettra d'éviter les doubles ou triples demandes, qui, vous le savez parfaitement, « embolisent » le système.
Enfin, si la tendance devait se confirmer, l'État prendrait sa responsabilité pour accompagner les départements concernés, sur le fondement des deux principes que j'ai évoqués. Et je parle uniquement de solidarité, et non des mesures visant à dissuader l'arrivée de ces mineurs.
Un certain nombre de départements sont confrontés à des situations particulières, notamment les Hautes-Alpes…
M. Marc-Philippe Daubresse. Le Nord également !
M. Édouard Philippe, Premier ministre. Il y en a d'autres, en effet, mais la situation a été particulièrement vive dans ce département. Aussi, comme vous le savez sans doute, mesdames, messieurs les sénateurs, l'État a pris des dispositions spécifiques pour l'accompagner dans l'exercice de ses missions. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche et du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)
Source : senat.fr ↗
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