Flux migratoires dans les Pyrénées-Atlantiques
Denise Saint-PéUCI
Sénatrice — Pyrénées-Atlantiques
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 09/11/2018Vous avez raison : trois routes migratoires classiques sont identifiées et, aujourd'hui, l'Espagne est le chemin principal d'accès au continent européen. Les chiffres que vous avez donnés sont exacts ; en outre, les nationalités concernées – vous les avez citées – sont pour l'essentiel francophones, et nous savons que le pays de destination de ces migrations est la France.
C'est la raison pour laquelle nous avons décidé de mobiliser des moyens renforcés pour contrôler nos frontières au nom de la sécurité juste, que chacun ici défend.
Une compagnie supplémentaire de CRS a été détachée et, depuis la semaine dernière, dix policiers sont venus renforcer les effectifs. Ils interviennent non seulement sur le site d'Hendaye, que vous connaissez bien, où M. Nunez s'est rendu il y a trois semaines, mais aussi au niveau des cols, où j'ai fait en sorte que nous soyons présents – on sait en effet que les chemins de la migration peuvent parfaitement se déplacer. Nous venons justement de mobiliser un peloton de gendarmerie dédié à la sécurité sur les cols.
Nous avons décidé de renforcer et de réorganiser notre intervention sur la frontière franco-espagnole, et j'ai pris la décision de nommer un coordinateur pour l'ensemble du massif pyrénéen, afin qu'un interlocuteur unique dialogue avec les autorités espagnoles, en vue de renforcer nos moyens et nos engagements.
Par ailleurs, je rencontrerai lundi prochain mon homologue espagnol, et j'irai dans la foulée au Maroc – il est important que nous intervenions aussi dans ce dernier pays. La Commission européenne a décidé il y a trois jours de mobiliser une aide exceptionnelle de 140 millions d'euros à destination du Maroc, et j'ai échangé aujourd'hui même, à midi, avec mon homologue marocain pour faire en sorte que cette enveloppe permette de financer des opérations d'anticipation du risque migratoire.
Vous me posez également la question de l'engagement financier auprès des collectivités locales. Vous avez raison : il est important, en particulier, d'accompagner les départements qui accueillent des mineurs isolés.
M. le président. Veuillez conclure, monsieur le ministre.
M. Christophe Castaner, ministre. Et nous avons prévu, dans le projet de loi de finances pour 2019, une augmentation de 25 % de la dotation dédiée à cet accompagnement. (M. André Gattolin applaudit.)
M. Xavier Iacovelli. C'est insuffisant !
M. le président. La parole est à Mme Denise Saint-Pé, pour la réplique.
Mme Denise Saint-Pé. Merci pour votre réponse, monsieur le ministre.
Il y a urgence à agir ! La France doit veiller à ce que ce sujet humanitaire ne soit pas instrumentalisé par des groupes politiques qui mêleraient immigration et délinquance.
M. le président. Il faut conclure, ma chère collègue.
Mme Denise Saint-Pé. Sur cette terre traditionnellement hospitalière qu'est le Pays basque, le populisme n'a pas sa place. (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste, du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen, du groupe Les Indépendants – République et Territoires, ainsi que sur des travées du groupe La République En Marche, du groupe socialiste et républicain et du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)
Source : senat.fr ↗
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