Réforme de la taxe d'habitation
É Évelyne PerrotUC Sénatrice — AubeLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 14/11/2018À court terme, le Président de la République a pris l'engagement, que le Gouvernement met en œuvre, de supprimer la taxe d'habitation pour 80 %, puis 100 %, des ménages. Pendant cette période de suppression, la perte de ressources pour les collectivités est compensée par un dégrèvement. (M. Philippe Dallier s'esclaffe.) Les élus locaux ont pu constater sur les douzièmes de fiscalité qu'ils perçoivent que le dégrèvement est la méthode la plus protectrice de leurs ressources.
Cette période de transition doit nous permettre de penser d'une nouvelle manière la fiscalité locale. Nous avons, à l'occasion de la conférence nationale des territoires du 4 juillet dernier, présenté les hypothèses sur lesquelles le Gouvernement travaille. Le Premier ministre les a lui-même évoquées devant les nombreuses associations d'élus représentées, seules deux ou trois ne l'étant pas.
Quelles sont les quatre hypothèses sur lesquelles nous travaillons de manière privilégiée ?
La première est de supprimer la taxe d'habitation uniquement pour les résidences principales et de la maintenir pour les résidences secondaires et les logements vacants.
La deuxième est d'affecter aux communes le produit de la taxe foncière sur les propriétés bâties, actuellement perçu par les départements.
La troisième est d'affecter une ressource fiscale dynamique aux intercommunalités pour qu'elles puissent faire face à leurs charges.
La quatrième est de compenser la recette qui serait perdue par les départements par l'affectation, là aussi, d'une ressource dynamique, qui pourrait être une fraction d'impôt national.
Le Premier ministre avait précisé, à l'occasion de cette conférence du 4 juillet, que les droits de mutation à titre onéreux, les DMTO, seraient maintenus aux départements et qu'il ne suivrait pas, en cela, la proposition qui avait pu être formulée par ailleurs.
La concertation va se poursuivre sur cette base avec Sébastien Lecornu, Gérald Darmanin, Jacqueline Gourault, moi-même et l'ensemble des élus, de manière que nous puissions trouver la méthode la plus juste pour respecter l'engagement pris par le Président de la République…
M. le président. Il faut conclure, monsieur le secrétaire d'État.
M. Olivier Dussopt, secrétaire d'État. … devant le Congrès des maires, voilà bientôt un an, de garantir aux communes des ressources pérennes, dynamiques et équitables. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à Mme Évelyne Perrot, pour la réplique.
Mme Évelyne Perrot. Monsieur le secrétaire d'État, les élus restent tout de même inquiets. Ils attendent vraiment beaucoup de vous. Vous le savez, en matière fiscale, la taxe d'habitation était le principal levier des maires. Ils entendent que l'État rembourse à l'euro près le manque à gagner pour les communes, comme l'avait promis le président Emmanuel Macron. (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste.)
Source : senat.fr ↗
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