Pacte de Marrakech
P Pascal AllizardLes Républicains Sénateur — CalvadosLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 14/12/2018C'est un document dont le préambule réaffirme la souveraineté des États pour établir leur politique migratoire, et qui vise à rappeler la coresponsabilité entre les États de transit, les États d'origine et les États de destination.
Ce document, qui, d'ailleurs, a un caractère non contraignant – c'est écrit noir sur blanc, et cela a été rappelé par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres –, a comme vertu d'être une boîte à outils, dont les États peuvent s'emparer pour faire face à ce défi mondial. Ce défi, on ne peut pas le résoudre tout seul.
Le Gouvernement a pris soin, naturellement, d'informer le Parlement. J'ai d'ailleurs entre mes mains le texte qui a été transmis au Sénat, le 25 avril 2018, au titre de l'article 88–4 de la Constitution. En effet, la Commission européenne souhaitait également approuver le pacte. Ce document est donc à votre disposition depuis six mois. Il aurait permis, si vous l'aviez souhaité, que le Sénat émette un avis sur le pacte. (Mme Nathalie Goulet s'exclame.)
Pour autant, faute de réaction de la Haute Assemblée, je me suis néanmoins penché sur les travaux de la commission des affaires européennes, et j'ai constaté que, le 30 novembre dernier, une résolution européenne du Sénat sur le suivi des conclusions de la commission d'enquête sur Schengen – M. Reichardt a beaucoup travaillé sur le sujet – rappelait un certain nombre de principes, invitant le Gouvernement à s'y tenir.
Sont notamment mises en avant « la coopération approfondie et fructueuse avec les pays d'origine » – cela tombe bien, c'est un des fondements du pacte –, et la « nécessité de négocier avec les pays tiers sur le retour et l'admission » – cela tombe bien aussi, c'est l'objectif 21 du pacte ! C'est donc fort de votre inspiration que le Gouvernement s'est rendu à Marrakech pour approuver ce pacte ! (MM Roger Karoutchi et Bruno Sido s'esclaffent – Mme Denise Saint-Pé applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Pascal Allizard, pour la réplique.
M. Pascal Allizard. Merci, monsieur le secrétaire d'État, de cette réponse, mais je crois quand même que, dans le contexte particulièrement tendu que nous traversons, et les dernières semaines viennent de nous le confirmer, les Français en ont assez de la verticalité comme mode de gouvernance. Ils veulent plus d'informations, de démocratie, et un État qui prenne ses responsabilités.
M. le président. Il faut conclure.
M. Pascal Allizard. Dès lors, je crois qu'il n'appartient pas à des experts de se substituer aux élus nationaux et de préparer, en sous-main, des politiques publiques.
M. le président. Il faut vraiment conclure.
M. Pascal Allizard. À notre sens, une politique migratoire raisonnée et une intégration réussie de migrants nécessitent autre chose que ces belles paroles. (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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