Fraude dans l'obtention des visas
Nathalie GouletUCI
Sénatrice — Orne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/02/2019Ces fraudes ont tendance à prendre de l'ampleur, nous en avons conscience, et nous devons les combattre. Les tentatives de fraude peuvent intervenir à toutes les étapes du parcours migratoire, y compris dans les pays de transit, dont certains exigent un visa à l'entrée sur leur territoire. Sur ces sujets, nous devons être très vigilants.
Il existe de faux visas, de faux titres de séjour. Il s'agit globalement de toute une fraude documentaire qui permet d'échapper à la mise en œuvre de nos dispositifs d'éloignement et entrave la lutte contre l'immigration irrégulière. Nos règles se veulent généreuses en matière d'accueil des réfugiés, mais elles doivent aussi s'appliquer aux migrants, notamment économiques, qui n'ont pas vocation à rester dans notre pays.
Les moyens que nous mettons en œuvre se situent à plusieurs niveaux.
Tout d'abord, dans chaque département, nous avons mis en place un comité opérationnel départemental antifraude qui associe le préfet et le procureur.
Nous recueillons en aval un certain nombre d'informations qui nous permettent de lutter efficacement contre les filières. En 2018, nous en avons démantelé cinquante-deux qui utilisaient des faux documents. Près de 12 000 agents ont été formés pour travailler sur ce sujet.
Nous multiplions aussi le nombre des officiers de liaison dans les aéroports les plus sensibles, pour détecter les faux papiers et les arnaques sur les billets d'avion que vous dénoncez. L'année dernière, près de 49 000 documents ont été analysés à la demande des différents services – police, préfectures, tribunaux. Il est nécessaire que nous maintenions l'effort. Nous devons être extrêmement vigilants, en particulier en matière de faux billets d'avion, car nul ne doit pouvoir contourner nos règles fondamentales. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à Mme Nathalie Goulet, pour la réplique.
Mme Nathalie Goulet. Vous le savez, monsieur le ministre, j'ai un léger trouble obsessionnel compulsif concernant la fraude documentaire…
Nous l'avions déjà signalé dans le cadre du rapport sur les réseaux djihadistes : la police aux frontières n'a toujours pas accès au fichier des titres électroniques sécurisés, ce qui réduit sensiblement sa capacité d'action.
Par ailleurs, en ce qui concerne les mesures de lutte contre les usurpations d'identité, il faudra, me semble-t-il, renforcer les sanctions prévues par les articles 441 et 441-2 du code pénal au travers de la future loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure.
Enfin, s'agissant de la fraude documentaire, notamment en matière de sécurité sociale, je salue l'initiative du rapporteur général de la commission des affaires sociales, qui va enfin procéder à une enquête sur pièces et sur place sur les faux numéros INSEE. Les montants en jeu sont extrêmement importants. (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste.)
Source : senat.fr ↗
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