Remboursement des frais de sécurité des manifestations sportives et culturelles
A Alain FouchéLes Indépendants Sénateur — VienneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/06/2019Le premier sujet, le renforcement des conditions de sécurité à la suite des attentats de 2015, vise à la fois les forces de sécurité intérieure et les sociétés privées. En déplacement vendredi dernier à Nice, dans les Alpes-Maritimes, j'ai visité le site sécurisé pour la fête de la musique, qui était retransmise en direct le soir sur France Télévisions – ce sont des sociétés privées qui sont intervenues.
Il est vrai que les besoins de sécurité se sont accrus, et il est évident que nous devons les assumer collectivement, chacun à notre place. C'est une difficulté, mais les organisateurs de manifestations ont bien compris la situation et ont mis en place des dispositifs.
Le second sujet est celui de la facturation par l'État du coût de l'intervention des forces de sécurité intérieure, dans le cadre d'échanges avec les préfets et les associations ou les organisateurs de ces manifestations, un dispositif prévu, vous l'avez dit, depuis 1995.
Vous m'avez écrit le 29 avril dernier et ma réponse ira dans le même sens que celle que je vous ai faite par écrit au mois de mai, à savoir le respect de la loi, une contrainte à laquelle nous devons faire face.
Comme vous l'avez indiqué, la loi était appliquée de manière distincte d'un territoire à l'autre, d'un département à l'autre. C'est la raison pour laquelle la ministre de la culture et le ministre de l'intérieur se sont mis d'accord l'année dernière pour publier une circulaire, afin de mettre en place les dispositions prévues par la loi, avec la prise en charge par les organisateurs des sollicitations nécessaires pour la sécurité, qui sont bien en deçà du coût réel des interventions de la police et la gendarmerie.
Nous avons demandé aux préfets d'appliquer la loi avec discernement et dans le cadre de discussions. C'est pour cette raison que, en amont des festivals, des conventions doivent être proposées, avec la possibilité de prévoir peut-être un étalement de la prise en charge sur plusieurs années. Tel est le sens du courrier que je vous ai adressé et des instructions que je donne aux préfets : il faut appliquer la loi, en faisant en sorte que cela puisse se faire progressivement, afin que ne se retrouvent pas dans une situation de fragilité des festivals ou des animations, qui sont importants pour nos territoires. (MM. Martin Lévrier et François Patriat applaudissent.)
M. le président. La parole est à M. Alain Fouché, pour la réplique.
M. Alain Fouché. Monsieur le ministre, merci de votre réponse, mais ce n'est pas aux associations de financer une mission régalienne, celle d'assurer la sécurité des biens et des personnes. Il y a un risque de voir disparaître de nombreuses associations et de nombreux spectacles sur nos territoires. Soyez très attentif, car il s'agit vraiment d'un enjeu très important. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Indépendants – République et Territoires et sur des travées du groupe Union Centriste et du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Alain Fouché
Situation de la justice en France
Conséquences de la crise sanitaire sur les discothèques et les établissements de nuit
Police française et contexte sécuritaire
Accueillants familiaux et assurance chômage