Situation des trésoreries et proximité des services publics
Hervé GilléSER
Sénateur — Gironde
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/10/2019La direction générale des finances publiques est née de la fusion de la comptabilité publique et du service des impôts. Ce qui se passe aujourd'hui, dans la continuité de ce qui s'est produit les années précédentes, quels que soient les gouvernements, à savoir la fermeture de 200 trésoreries par an, n'est pas acceptable. Nous avons dû nous adapter, par un supplice chinois territorial – je le sais pour être moi-même élu local –, à un manque de vision sur l'organisation d'une partie de nos réseaux. La suppression des effectifs n'est pas pour grand-chose, monsieur le sénateur, dans les perspectives de refonte des trésoreries.
Des transformations de ce réseau, que chacun de nos concitoyens a pu constater, sont nées de la transformation de Bercy, avec l'impôt à la source, souhaité notamment par votre groupe politique, voilà quelques mois encore, la déclaration tacite du revenu à partir de l'année prochaine et la suppression de la taxe d'habitation. Je rappelle que 4 000 agents des finances publiques s'occupent de la taxe d'habitation et de son contentieux, qui est le premier en volume à arriver dans les bannettes des agents des services publics. Quand nous aurons supprimé cette taxe, un certain nombre d'agents devront, à l'évidence, faire autre chose ou en tout cas agir différemment.
Nous sommes bien loin, monsieur le sénateur, de la question du numérique. Les maisons France services pourvoiront en partie, mais pas totalement, à ce que nous faisons mal jusqu'à présent. Ainsi, je regardais votre département, où au moins quatre trésoreries rurales dans votre sphère d'influence – pardon de le dire ainsi ! – sont ouvertes deux après-midi seulement par semaine, jusqu'à seize heures trente. Les Français souhaitant s'y rendre doivent donc prendre une demi-journée de congés, ce qui, à mon sens, ne correspond pas au bon service public que nous devons leur assurer. Nous devons adapter ce service public.
J'ai pris l'engagement qu'il n'y aurait aucune fermeture de trésorerie en 2020. (Exclamations ironiques sur les travées des groupes Les Républicains, SOCR et CRCE.) Je sais que vous êtes surpris, mesdames, messieurs les sénateurs, car cela n'est pas arrivé depuis vingt et un ans. (Nouvelles exclamations. – MM. Martin Lévrier et François Patriat applaudissent.)
J'y insiste, en 2020, il n'y aura aucune fermeture de trésorerie, et nous signerons avec les présidents de conseil départemental qui accepteront les nouvelles cartes. Une quinzaine d'entre eux m'ont déjà donné leur accord ; pour les autres départements, y compris la Gironde, nous continuons de discuter. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)
M. le président. La parole est à M. Hervé Gillé, pour la réplique. Je vous accorde trois secondes supplémentaires, mon cher collègue, comme cadeau d'anniversaire. (Rires.)
M. Hervé Gillé. Merci, monsieur le président.
Monsieur le ministre, je crains simplement que ces mesures ne continuent à creuser la fracture territoriale, à renforcer l'insécurité financière et juridique des citoyens et des élus locaux, surtout ceux qui sont éloignés des centres de décision. C'est en total contresens avec les attentes actuelles ! (Applaudissements sur les travées du groupe SOCR. – M. Éric Bocquet applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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