Différend franco-américain sur la taxation des géants du numérique
Anne-Catherine LoisierUCI
Sénatrice — Côte-d'Or
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 12/12/2019Pour le coup, jamais nous ne renoncerons à ce que les géants du numérique, qu'ils soient américains, européens, chinois ou autres, soient taxés de manière juste. Aujourd'hui, ils réalisent des milliards d'euros de profits sur le territoire français et européen, tout en payant des impôts dérisoires parce qu'ils n'ont pas de présence physique. C'est une question de justice et d'efficacité fiscales.
Je le dis très clairement, il n'est pas question pour la France de se coucher devant qui que ce soit ! Nous défendons une proposition juste et nécessaire pour mettre en place une fiscalité internationale du XXIe siècle.
La taxe française qui a été adoptée est aujourd'hui mise en œuvre. Existe-t-il une meilleure solution ? Oui, c'est celle qui est négociée au sein de l'OCDE. Nous avons accepté ce processus. Il revient maintenant aux États-Unis de nous dire s'ils sont prêts ou non à accepter cette solution internationale qui serait de loin la plus efficace.
Si jamais nous n'arrivons pas à une solution au sein de l'OCDE, nous travaillerons avec la Commission européenne – je le fais déjà avec le nouveau commissaire européen Paolo Gentiloni – à une nouvelle solution européenne de taxation des géants du numérique.
Quant aux sanctions, elles sont inacceptables.
Elles le sont en droit : la taxe française n'est aucunement discriminatoire, puisqu'elle touche toutes les entreprises aussi bien les européennes que les américaines ou les chinoises.
Elles le sont aussi parce que les États-Unis sont des alliés et que l'on ne se comporte pas ainsi entre alliés !
Elles le sont, enfin, parce que l'économie mondiale a besoin d'autre chose que d'un cycle de sanctions et de ripostes qui pèsent nécessairement sur la croissance internationale et les emplois, que ce soit en Europe bien sûr, mais aussi aux États-Unis.
J'invite donc les États-Unis à tenir la parole qu'ils ont donnée à la France, en août, en marge du G7, à revenir à la table des négociations à l'OCDE et à accepter cette solution internationale de taxation des géants du numérique. (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM et sur des travées du groupe UC.)
M. le président. La parole est à Mme Anne-Catherine Loisier, pour la réplique.
Mme Anne-Catherine Loisier. Nous sommes bien d'accord, monsieur le ministre : ces sanctions sont inacceptables. Pour autant, elles existent ! Aujourd'hui, alors que l'économie mondiale oscille entre taxations punitives et exonérations de droits dans les traités de libre-échange, la vraie question porte sur la régulation du commerce mondial. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
Source : senat.fr ↗
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