Situation dans le Caucase
Rémi FéraudSER
Sénateur — Paris
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 05/11/2020M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Monsieur le sénateur, vos questions sont légitimes et totalement pertinentes. (Exclamations sur des travées du groupe SER.)
Une longue liste de désaccords très sérieux nous oppose à Ankara. Nous attendons tout d'abord de la Turquie qu'elle cesse d'avoir un comportement belliqueux dans le voisinage européen. Ses actions unilatérales en Méditerranée orientale, sa politique agressive en Libye et ses manœuvres dans le Haut-Karabakh sont autant de ferments de déstabilisation majeurs. Mais, ces dernières semaines, nous avons franchi dans nos relations avec la Turquie un palier inadmissible entre pays alliés.
Les insultes, les calomnies, la volonté d'instiller une campagne de haine contre la France et l'Europe sont de nature totalement différente : ce sont des menaces. Nous attendons que le président turc et son gouvernement y mettent un terme immédiat. Nous ne tolérerons pas non plus que cette haine et cette violence soient exportées sur le territoire français ; les groupuscules qui les relaient ne doivent pas avoir droit de cité.
En Europe, les réactions de solidarité sont unanimes. Elles le démontrent : il ne s'agit pas d'un simple contentieux franco-turc, mais d'attaques contre l'Europe, ses valeurs et son modèle, fondé sur les libertés fondamentales et l'État de droit.
M. Philippe Pemezec. Alors, pourquoi vouloir laisser la Turquie entrer ?
M. Jean-Yves Le Drian, ministre. Le Conseil européen a fixé un rendez-vous le mois dernier, avant même l'escalade à laquelle nous avons assisté. Si la Turquie ne modifie pas fondamentalement et concrètement sa posture avant le Conseil européen de décembre prochain, nous prendrons, à l'échelle européenne, les mesures nécessaires à l'encontre des autorités turques.
Vous avez proposé une liste de sanctions, et je vous assure que, dans cette perspective, toutes les options sont sur la table ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Rémi Féraud, pour la réplique.
M. Rémi Féraud. Monsieur le ministre, lors de l'invasion d'Afrine, dans le nord de la Syrie, nous avions alerté quant aux risques d'être faible face aux entreprises du président Erdogan ; la suite a montré que nous avions raison.
Qu'il s'agisse des mots ou des actes, nous veillerons à la fermeté de votre gouvernement ! (Applaudissements sur des travées du groupe SER. – M. Julien Bargeton et Mme Patricia Schillinger applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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