Distribution du vaccin AstraZeneca
Corinne ImbertLes Républicains
Sénatrice — Charente-Maritime
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 28/01/2021M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Madame la sénatrice, je vous confirme mon intention très forte de m'appuyer sur l'ensemble du réseau des professionnels de santé en ville et à l'hôpital pour mener la campagne vaccinale. Si le vaccin Pfizer ou le vaccin Moderna, compte tenu de leurs conditions de conservation et d'utilisation et de la nécessité d'une surveillance médicale de quinze minutes sur place après la vaccination, ne permettaient pas d'exploiter pleinement la richesse de notre maillage pharmaceutique et médical, et dès lors qu'un vaccin comparable au vaccin antigrippal existerait, nous aurions tort de nous priver de ces ressources et de ces compétences. Rappelons que, dans le cadre de la campagne de vaccination antigrippale, près de 1 million de personnes peuvent être vaccinées par jour.
J'attends désormais les recommandations de l'Agence européenne des médicaments (EMA). On ne peut pas me reprocher de ne pas anticiper la décision qu'une agence sanitaire européenne n'a pas encore donnée !
Pas plus, madame la sénatrice, qu'on ne peut me reprocher – même si l'on peut, et j'en ai l'habitude, tout me reprocher au final (Oui ! sur les travées du groupe Les Républicains. – Rires.) –…
M. Roger Karoutchi. C'est le job !
M. Olivier Véran, ministre. … de ne pas anticiper sur les décisions que prendra la Haute Autorité de santé dans trois ou quatre jours. Vous comprenez bien que je ne peux pas aller plus vite que la musique !
En revanche, je puis vous garantir que tous les scénarios sont sur la table. D'ailleurs, au cours de mon trajet en voiture pour venir au Sénat, je me suis entretenu avec la présidente du conseil de l'Ordre national des pharmaciens : le réseau est totalement prêt.
Je suis davantage préoccupé – je le dis ici sachant que mes propos sont publics – par la capacité du laboratoire AstraZeneca à tenir ses engagements de livraison.
Acte I : AstraZeneca nous informe qu'au lieu de recevoir 3, puis 4 millions de doses, respectivement en février et en mars, nous en recevrons 2 millions, puis 2,5 millions.
Acte II : finalement, sur les 2 millions de doses devant être livrées au mois de février, 400 000 le seront dans un premier temps, puis 700 000, puis un million à la fin du mois. Il en est ainsi pour la France et les autres pays européens.
Acte III : AstraZeneca, convoqué ce matin devant des responsables de l'Union européenne, a, semble-t-il, quitté la réunion. En général, ce n'est pas très bon signe.
Acte IV : j'ai appris, au cours de cette séance de questions d'actualité au Gouvernement, qu'AstraZeneca aurait communiqué sur son incapacité à fournir davantage qu'un tiers ou un quart des doses à l'Europe d'ici à la fin du premier trimestre.
C'est la raison pour laquelle, madame la sénatrice, je me suis voulu prudent, la semaine dernière, en affirmant que je n'étais pas certain que les publics fragiles pourraient tous être vaccinés avant l'été. Factuellement, je le rappelle, nous avons passé des commandes, et les fabricants de vaccins se sont engagés contractuellement à fournir aux États les vaccins qu'ils produisent.
Madame la sénatrice, je suis, comme vous, dans l'attente des décisions des autorités européennes, tout comme j'attends de l'ensemble des laboratoires qu'ils respectent les engagements qu'ils ont pris devant la Commission européenne. (M. Alain Richard applaudit.)
M. le président. La parole est à Mme Corinne Imbert, pour la réplique.
Mme Corinne Imbert. Monsieur le ministre, je ne vous fais pas de procès par anticipation ; je dis simplement qu'il faut réfléchir, par anticipation, à la distribution du vaccin AstraZeneca, lequel ne présente ni difficulté de transport, ni difficulté de logistique, ni difficulté de conservation.
Je me réjouis que vous pensiez aux professionnels de santé pour assurer la distribution de ce médicament. Encore une fois, les 21 000 officines pharmaceutiques que compte notre pays – chiffre à rapprocher des 900 centres de vaccination – sont au plus près des territoires.
Que vous fassiez confiance, c'est très bien ; je sais bien que vous ne produisez pas vous-même les vaccins et je n'ignore pas la complexité de ce dossier. En tout cas, et je le redis, vaccination doit rimer non seulement avec anticipation – il faut avoir plusieurs plans en tête ! –, mais également avec raison. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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