Situation préoccupante de la filière viande
Franck MenonvilleUCI
Sénateur — Meuse
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 25/03/2021M. Julien Denormandie, ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Monsieur le sénateur, votre question porte sur la loi Égalim et la rémunération de nos agriculteurs.
Je vous parlerai avec beaucoup de franchise : la situation actuelle demeure inacceptable. (M. Bruno Sido applaudit.) La loi Égalim a permis de faire bouger les lignes, mais force est de constater que certains, dans l'industrie et la grande distribution, ne respectent ni l'esprit ni parfois même la lettre de ce texte.
Certes, nos agriculteurs ont, chevillée au corps, la volonté de nourrir le peuple. (Marques d'ironie sur les travées du groupe SER.) Mais on ne peut pas leur demander de le faire, avec des produits dont la qualité est toujours plus élevée, en laissant dans le même temps s'organiser cette guerre des prix.
La montée en qualité est incompatible avec la guerre des prix. Face à une telle situation, nous devons faire preuve de fermeté et aller plus loin par rapport à la loi Égalim. (Exclamations sur les travées du groupe SER.)
Les négociations commerciales sont un rapport de force. Je l'ai toujours dit, l'État est entré dans ce rapport de force. Songez, monsieur le sénateur, qu'en l'espace de six semaines nous avons réalisé l'équivalent de six mois de contrôles. Je le dis avec fermeté, dans notre République, la loi doit être appliquée. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, la DGCCRF, a donc démultiplié les contrôles. (Marques d'ironie sur les travées du groupe SER.)
Au-delà de ce rapport de force, il nous faut aller plus loin sur la loi Égalim, comprendre ce qui ne fonctionne pas et déterminer ce qu'il nous faut modifier. C'est tout le sens des travaux que j'ai confiés à Serge Papin, l'ancien président de Système U, qui me remettra ses recommandations demain.
Il s'agit d'aller plus loin dans la voie de la contractualisation et de la transparence, pour, finalement, trouver des solutions – probablement législatives, d'ailleurs –, afin de mettre un terme à cette contradiction entre la loi du 4 août 2008 de modernisation de l'économie, que vous connaissez bien et qui était une loi de déflation, et la loi Égalim, qui vise à mieux rémunérer.
Ces deux lois doivent être mieux coordonnées. Des avancées sont nécessaires en ce sens, je m'engage à tenir cet objectif, sous l'autorité du Premier ministre, car c'est une question de souveraineté ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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