Financement de la formation des orthoptistes en distanciel
Nadia SollogoubUCI
Sénatrice — Nièvre
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/05/2021Mme Nadia Sollogoub. Madame la ministre, en juillet dernier, votre ministère, en concertation avec le ministère des solidarités et de la santé, a annoncé que, au vu des résultats au baccalauréat, du nombre des candidatures et des besoins en professionnels de santé, le plan de relance comporterait un volet relatif à la création de places dans les formations du supérieur.
Un appel à candidatures a été lancé, en particulier pour les formations d'orthoptie. Seize places supplémentaires en formation d'orthoptie ont été créées – dix à Limoges et six à Nevers – pour des étudiants dépendant de l'université de Paris et réalisant un cursus délocalisé dans ces deux villes de province. Un financement de 6 000 euros par place a été annoncé pour la durée de la formation.
Ainsi, depuis septembre, six étudiants effectuent à Nevers leur formation dans des conditions optimales. Les cours à distance sont assurés avec l'encadrement de notre excellent campus numérique, grâce à la plateforme nationale d'enseignement d'orthoptie développée par le professeur d'ophtalmologie Dominique Brémond-Gignac.
Ces étudiants font leur stage en milieu hospitalier privé, chez des orthoptistes et ophtalmologistes qui les accueillent deux par deux, alors qu'il semblerait que, en région parisienne, jusqu'à vingt étudiants soient parfois accueillis pour ce stage.
Le seul bémol, madame la ministre, est qu'à ce jour le financement de ces places supplémentaires de formation, d'un montant de 96 000 euros, n'a pas été débloqué. Où en sommes-nous, madame la ministre ?
Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre.
Mme Frédérique Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Madame la sénatrice Sollogoub, à l'issue de la campagne Parcoursup 2020, un nombre important de candidatures pour les formations nouvellement intégrées aux diplômes d'orthophoniste, d'orthoptiste et d'audioprothésiste a été constaté. C'est la raison pour laquelle mon ministère a souhaité élargir le vivier d'étudiants dans ces trois formations.
Dans le cadre du plan de relance, le financement de capacités d'accueil supplémentaires à la rentrée 2020 a ainsi été acté. Les places supplémentaires ont été intégrées à Parcoursup, et l'arrêté fixant le nombre d'étudiants à admettre en première année de ces formations a été modifié en conséquence. De plus, les financements prévus portent sur la durée globale de formation de chaque place nouvellement créée. Nous avons ainsi augmenté de 5 % le nombre de places en orthophonie, de 6 % en orthoptie de 3,5 % en audioprothèse. Le financement afférent alloué s'élève à 6 000 euros par étudiant, soit un montant total de 522 000 euros.
Je vous confirme que l'université de Paris bénéficiera en 2021 d'une subvention supplémentaire de 96 000 euros pour la création de ces places en orthoptie. Je souhaite d'ailleurs remercier l'université de Paris d'avoir pensé ces parcours de façon délocalisée. Comme vous l'avez indiqué, cela démontre que l'on est parfaitement capable de dispenser des formations en santé partout sur notre territoire, et dans des conditions d'encadrement parfois meilleures que dans les métropoles.
Cet engagement a été confirmé au mois d'avril à l'université de Paris. Les crédits versés au titre du plan de relance sont en cours de notification et seront reçus prochainement par l'université. Comme vous, j'estime qu'il est très important que l'État tienne ses engagements et, une fois de plus, il les tiendra.
Mme la présidente. La parole est à Mme Nadia Sollogoub, pour la réplique.
Mme Nadia Sollogoub. Je vous remercie, madame la ministre, de cette réponse dont vous vous doutez qu'elle me réjouit. Vous avez évoqué l'année 2021, mais il s'agit bien de formations qui ont commencé en septembre 2020. En sommes-nous d'accord ? (Mme la ministre acquiesce.)
J'espère que nous aurons le plaisir de vous recevoir à Nevers pour vous présenter cette formation et vous montrer qu'il s'agit réellement d'un modèle « gagnant-gagnant », qui nous permet de proposer aux étudiants des terrains de stage d'excellence dans des territoires sous-dotés.
Je me permets d'ailleurs de vous suggérer de généraliser ce système à d'autres formations et, surtout, de le pérenniser à Nevers. Je vous demande donc de nouveau des fonds, cette fois pour demain et après-demain, car il serait vraiment dommage que cette expérience s'arrête en cours de route.
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Nadia Sollogoub
Situation humanitaire des civils de la ville d'Olechky (Ukraine) et action de la France
Mobilité des étudiants et dispositif de médecin traitant
Prise en compte des problèmes de santé des étudiants dans leur parcours, au-delà de la seule reconnaissance du handicap
Revalorisation de l'indemnité d'entretien des accueillants familiaux et décalage avec l'inflation