Fonderies de la Vienne
Mickaël ValletSER
Sénateur — Charente-Maritime
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 08/04/2021M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la relance. Oui, monsieur le sénateur, le Gouvernement a une politique industrielle et le souci des salariés et ouvriers.
Quand nous avons appris les difficultés financières de Liberty, la première décision prise par le Gouvernement, sous l'autorité du Premier ministre, a été d'apporter un soutien de 20 millions d'euros aux usines Ascoval situées dans le Nord et à Hayange – nous souhaitons notamment que cette dernière usine continue de produire de l'acier et des rails pour la SNCF.
Je rappelle que, sans le soutien de l'État, Ascoval aurait disparu. L'entreprise est restée debout, parce que nous sommes intervenus.
S'agissant des deux fonderies que vous évoquez, elles sont très différentes, mais chacune a près de trois cents emplois.
L'une fabrique des pièces en fonte. Hélas, la fermeture de ce site a été actée à la fin de l'année dernière, parce qu'il n'y avait tout simplement pas de débouchés pour ces produits. En effet, les besoins en moteurs thermiques sont moins importants. Un plan social avec des dispositions fortes est prévu pour accompagner les salariés concernés des Fonderies du Poitou, ceux de la fonte. Élisabeth Borne, ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, et moi-même nous assurerons que les promesses faites aux salariés sont tenues et que les annonces financières se concrétisent.
L'autre fonderie produit des pièces en aluminium. À mon sens, cette fonderie a de l'avenir et doit être préservée. Nous ferons le nécessaire pour garantir une activité et un avenir à cette partie des Fonderies du Poitou, parce que nous estimons qu'il y a un marché et des débouchés. Il n'y a donc aucune raison que les Fonderies du Poitou, dans leur volet aluminium, soient pénalisées par la situation financière du groupe Liberty, auxquelles elles appartiennent depuis plusieurs mois.
De manière plus générale et pour vous montrer que nous avons une stratégie, je veux évoquer devant vous la question de la transition du véhicule thermique vers le véhicule électrique, qui a des conséquences sur des milliers d'emplois dans notre pays. Je tiendrai dans les prochaines semaines, au ministère de l'économie et des finances, une réunion avec l'ensemble des acteurs concernés – organisations syndicales et patronales, représentants du secteur industriel, etc. – pour regarder l'avenir des fonderies en France et des milliers de salariés concernés. Les accompagner, les soutenir et assurer la transition, c'est cela avoir une politique industrielle ambitieuse pour la France ! (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP. – Mme Évelyne Perrot et M. Pierre Louault applaudissent également.)
M. le président. La parole est à M. Mickaël Vallet, pour la réplique.
M. Mickaël Vallet. Monsieur le ministre, vous ne m'avez pas répondu : les indemnités des ouvriers du secteur fonte sont-elles garanties ?
Par ailleurs, à vous entendre, on peut vraiment se demander à quoi cela sert d'avoir un État actionnaire de grands groupes, comme Renault – l'État en est actionnaire à hauteur de 15 % –, quand ceux-ci ne manifestent aucune volonté de patriotisme économique, en ne sous-traitant plus assez en France ; le patriotisme économique n'est pas un gros mot !
Il y a donc deux urgences : retourner sur le terrain au contact des ouvriers, d'une part, et savoir où sont passés les millions du plan garanti par l'État, d'autre part. C'est le seul « en même temps » qui pourrait montrer un témoignage de sympathie envers les ouvriers. (Applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées des groupes CRCE et GEST.)
Source : senat.fr ↗
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