Politique du Gouvernement en matière de sécurité
Dominique Estrosi SassoneLes Républicains
Sénatrice — Alpes-Maritimes
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 20/05/2021Mme Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur, chargée de la citoyenneté. Madame la sénatrice, pour moi aussi, c'est un plaisir d'être présente dans cet hémicycle et de répondre à votre question au nom du ministère de l'intérieur, que je représente pour cette séance de questions d'actualité au Gouvernement. (Sourires.)
D'abord, je tiens à vous dire que nous saluons le soutien que vous adressez aux policiers. Le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin est d'ailleurs en ce moment même à leurs côtés, pour leur apporter son appui. (Murmures à droite.)
Si vous me le permettez, je voudrais me joindre à vous pour les assurer, en notre nom à tous ici, de notre totale mobilisation. En effet, les policiers comme les gendarmes ou les pompiers nous disent au quotidien qu'ils ont besoin à la fois de moyens et de soutien.
Pour ce qui concerne les moyens, nous les mettons sur la table. Vous le savez, puisque vous avez fait le choix d'augmenter le budget de la mission « Sécurités » lors de l'examen des crédits du ministère de l'intérieur, en soulignant à l'époque qu'il s'agissait d'une hausse importante et historique.
Bien sûr, la question de la chaîne pénale est absolument fondamentale. C'est la raison pour laquelle le Premier ministre s'est exprimé tout à l'heure. Accompagné du ministre de l'intérieur et du garde des sceaux, il a aussi reçu les syndicats pour faire en sorte de leur apporter une véritable réponse, et de mettre fin à ce sentiment d'impunité qui pousse des délinquants de plus en plus jeunes à commettre les faits que vous avez parfaitement décrits.
Au-delà des moyens et de la chaîne pénale, je crois profondément que la mobilisation de toute la classe politique aux côtés des forces de l'ordre est fondamentale.
C'est le travail que nous menons dans le cadre du Beauvau de la sécurité. Ce soutien que nous leur apportons est d'autant plus essentiel que, lorsque nous recevons les familles des policiers et des gendarmes, comme je l'ai fait au ministère de l'intérieur, certains petits garçons nous expliquent qu'ils n'osent pas dire à l'école que leur papa est policier ou gendarme, car ils ont peur d'être harcelés ou frappés, parfois dans l'enceinte même de l'établissement. (Marques d'agacement sur les travées du groupe Les Républicains.)
Je souhaiterais conclure en disant que la réalité du travail des policiers et des gendarmes n'est souvent pas celle qui est décrite dans les médias et sur les plateaux de télévision. À 400 reprises, chaque semaine, des policiers et des gendarmes interviennent pour sauver la vie de femmes et d'enfants confrontés à des violences intrafamiliales.
M. Cédric Perrin. Mais ce n'est pas la question !
M. François Bonhomme. Répondez à la question !
Mme Marlène Schiappa, ministre déléguée. Je sais que vous le savez, mais parmi les personnes qui nous regardent ou qui interviennent sur les plateaux de télévision, beaucoup jettent l'opprobre sur les forces de l'ordre et le métier difficile qu'elles exercent.
Plusieurs sénateurs Les Républicains. Ce n'est pas le sujet !
Mme Marlène Schiappa, ministre déléguée. Je veux dire à nos forces de l'ordre que le Gouvernement est à leurs côtés, au travers des moyens qu'il leur consacre, de ses actes, ou de la solidarité qu'il leur accorde. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – Huées sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. le président. La parole est à Mme Dominique Estrosi Sassone, pour la réplique.
Mme Dominique Estrosi Sassone. Je vous demandais si vous seriez prêts à instaurer des peines minimales automatiques contre les agresseurs des forces de l'ordre.
M. David Assouline. Arrêtez, il y a une échelle des peines, tout de même !
Mme Dominique Estrosi Sassone. Vous n'avez pas répondu à ma question : je le regrette.
Mme Dominique Estrosi Sassone. Dans votre précédente réponse, monsieur le Premier ministre, vous avez de nouveau critiqué le bilan sécuritaire de Nicolas Sarkozy.
M. Julien Bargeton. Eh oui, cela n'a pas marché !
Mme Dominique Estrosi Sassone. Or, je vous rappelle, monsieur le Premier ministre, que vous étiez l'un de ses plus proches collaborateurs et que vous avez contribué à ce bilan sécuritaire ! (Vifs applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Marc-Philippe Daubresse. On y était, on s'en souvient !
Mme Dominique Estrosi Sassone. Aujourd'hui, ce que les policiers attendent,…
M. le président. Concluez !
Mme Dominique Estrosi Sassone. … c'est la certitude de la sanction et l'impunité zéro.
M. le président. Il faut conclure !
Mme Dominique Estrosi Sassone. Qui protégera les policiers et, demain, la République si vous n'êtes pas à leurs côtés ? (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – Mme Françoise Gatel applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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