Allocation aux adultes handicapés
P Pascale GrunyLes Républicains Sénatrice — AisneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 24/06/2021Mme Sophie Cluzel, secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées. Madame la sénatrice Gruny, je me demande bien ce qui a pu se produire entre le mois d'octobre 2018 et aujourd'hui, pour que votre groupe politique balaie d'un revers de main ses principes… (Exclamations ironiques sur des travées du groupe CRCE.)
Permettez-moi de vous rappeler que, en 2018, dans ce même hémicycle, votre groupe affirmait, à propos de la déconjugalisation de l'AAH, que « la volonté de nier la situation familiale du bénéficiaire pour individualiser l'allocation participe de cette vision individualiste de l'homme et de la société qui tend vers un éclatement du lien social et une déconstruction de la famille ». Vous vous opposiez massivement, par principe, au nom des valeurs qui font la colonne vertébrale politique de votre groupe, à la déconjugalisation de l'AAH et à ses effets. Vous vous refusiez à considérer la société comme une simple addition d'individus autonomes aux intérêts propres. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Où sont donc passés ces principes de solidarité nationale et familiale, madame la sénatrice ? Considérez-vous à présent le couple comme une zone de violence permanente où les personnes en situation de handicap seraient systématiquement soumises ou sous emprise ? (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
Parlons également de responsabilité budgétaire ! Vous vous érigez en permanence en garants du bon usage des deniers publics et vous passez votre temps à nous donner des leçons de gestion. (Nouvelles exclamations sur les mêmes travées.) Pourtant, vous êtes prêts à ouvrir la voie à un revenu universel sans condition de ressources et à élargir par conséquent ce principe au RSA, sur le budget des départements !
Pour rappel, le coût de la déconjugalisation du RSA est chiffré à 9 milliards d'euros. Si nous l'ajoutons à celui de la déconjugalisation de l'AAH, je serais très curieuse de connaître votre stratégie budgétaire. (Exclamations ironiques sur les travées du groupe Les Républicains.)
Allons-nous financer des hausses d'allocations avec les impôts des Français ? Eh bien, non ! La réforme que nous portons, c'est zéro perdant et 110 euros de plus pour 120 000 personnes en couple. Elle n'est faite d'aucune promesse vaine, car nous pourrons l'appliquer dès le 1er janvier 2022, en toute équité et justice sociale. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Pascale Gruny, pour la réplique.
Mme Pascale Gruny. Concernant l'aspect budgétaire, quand on est dans le « quoi qu'il en coûte », je pense que, pour les personnes en situation de handicap, on ne fait pas dans le détail ! (Exclamations sur les travées du groupe RDPI.)
Au sujet de la position de mon groupe en 2018, vous le savez, certaines personnes handicapées perdront une partie de leur allocation si l'on ne sépare pas les revenus du conjoint. Nous voulions une étude d'impact sur cette mesure. Ses résultats nous ont conduits à revoir notre position.
Un texte est prêt à être examiné, et nous sommes à votre disposition. Il sera l'occasion de revenir sur le sujet, et vous verrez que, grâce aux collègues issus de l'ensemble des travées, il finira par passer. Nous ne faisons pas, nous, de politique politicienne (Rires sur les travées du groupe RDPI.) sur les personnes en situation de handicap ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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