Filière bois
Franck MenonvilleUCI
Sénateur — Meuse
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 08/07/2021M. Julien Denormandie, ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Monsieur le sénateur Franck Menonville, je vous remercie de pointer du doigt ce sujet très compliqué, qui suscite une profonde inquiétude pour l'ensemble de l'activité forestière de notre pays.
Du fait de la tension sur les marchés des matières premières, nous voyons arriver des traders qui viennent spéculer sur les offres de vente de bois, particulièrement les grumes de chêne, mais aussi d'autres essences forestières. Ce faisant, ils captent la ressource forestière et empêchent les scieries de notre territoire de la transformer.
Ce sujet, que nous connaissons depuis longtemps, prend des proportions considérables et constitue une véritable source d'inquiétude.
Premièrement, nous avons réuni à plusieurs reprises la filière, pour mettre en place des dispositifs, tels que le label Union européenne. Toutefois, ce dernier ne concerne que le chêne et seulement dans les ventes publiques. L'Office national des forêts (ONF) est déjà engagé dans ce dispositif et plusieurs vendeurs privés y entrent aujourd'hui.
Deuxièmement, la contractualisation, qui doit être amplifiée, constitue un élément important. Si elle est nécessaire, elle ne sera pas suffisante à court terme, car elle prend du temps.
Troisièmement, il convient de porter le sujet au niveau européen, et je m'y emploie en tant que ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Vous l'avez dit, d'autres puissances forestières ont pris des mesures.
Quatrièmement, il est nécessaire de mettre en place des certificats de qualification – le Sénat a récemment adopté une telle mesure –, pour que seules les personnes bénéficiant de ces certificats puissent répondre aux appels d'offres. Souvenez-vous de la loi Macron dans le BTP ! (M. Stéphane Piednoir ironise.) C'est exactement la même logique que vous avez adoptée, mesdames, messieurs les sénateurs, sur ce sujet.
Il nous faudra peut-être aller encore plus loin. Je pense notamment à d'éventuelles mesures fiscales, dont nous débattrons. Quoi qu'il en soit, soyez-en sûr, monsieur le sénateur, il s'agit d'un vrai sujet de préoccupation, que nous prenons à bras-le-corps avec les acteurs de la filière. Notre bois français doit bénéficier à notre forêt française. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP.)
Source : senat.fr ↗
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