Lutte contre la pénurie de médecins
Stéphane SautarelLes Républicains
Sénateur — Cantal
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/11/2021M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Monsieur le sénateur, vous avez raison de le souligner, dans un certain nombre de territoires, les déserts médicaux progressent.
Vous avez néanmoins dit « en attendant que les effets de la suppression du numerus clausus se fassent sentir ». (Ah ! sur les travées du groupe Les Républicains.) Donc ma première réponse consistera à indiquer que, si le numerus clausus avait été supprimé il y a dix ans, il y aurait aujourd'hui 10 000 à 15 000 médecins de plus dans les territoires et on ne parlerait pas des déserts médicaux ; c'est factuel !
Hélas, ce numerus clausus n'a pas été supprimé il y a dix, quinze ou vingt ans ! (Protestations sur les travées des groupes Les Républicains et SER.) Eh oui, mesdames, messieurs les sénateurs, quand on coupe un robinet, on ne peut pas regarder dans le lavabo et déplorer qu'il n'y ait pas d'eau à tomber ! C'est exactement ce qui s'est passé avec la médecine et, maintenant, vous faites le constat des dégâts provoqués par les politiques du passé… Là aussi, c'est factuel ! (Mêmes mouvements.)
Nous avons donc supprimé le numerus clausus.
Par ailleurs, nous développons les communautés professionnelles territoriales de santé, dont nombre de sénateurs que j'ai vus dans les territoires sont satisfaits, afin d'améliorer l'accès coordonné aux soins.
Nous débattons, en ce moment même, du PLFSS, qui comporte un certain nombre de dispositions prévues par le Gouvernement visant à faciliter, par exemple, l'accès des Français aux soins optiques ou l'accès direct à certaines professions. Or je m'étonne que nombre de sénateurs ici présents, pourtant très sensibles, je le sais, à la cause des déserts médicaux, déposent des amendements tendant à supprimer toute disposition permettant de favoriser les coopérations interprofessionnelles et de rendre ainsi les Français moins dépendants à l'accès direct au médecin lorsqu'il n'y a pas de praticiens dans les territoires concernés. (M. Didier Rambaud applaudit.) C'est pourtant l'occasion d'envoyer un autre signal à la population que la promotion d'un conservatisme qui ne facilite pas l'accès aux soins… (Exclamations sur les travées des groupes Les Républicains et SER.)
Nous déployons également la télémédecine,…
M. Franck Montaugé. Ah…
M. Olivier Véran, ministre. … qui est un élément important.
Nous développons en outre les services d'accès aux soins dans les territoires, élément central également.
Par conséquent, nous progressons, nous mettons en place toutes les solutions possibles là où elles peuvent exister.
Enfin, vous direz que c'est une pirouette, mais les parlementaires sont souvent d'accord pour que l'on empêche les médecins de s'installer dans certains endroits ; pourtant, je n'ai encore jamais rencontré un seul parlementaire, ni à l'Assemblée nationale ni au Sénat, qui considère que, dans le territoire qu'il représente, il y a suffisamment de médecins pour qu'on y empêche de nouvelles installations. Pourquoi ? Parce que la pénurie est globale…
Si vous pensez que je me trompe, monsieur le sénateur, venez me voir et nous examinerons la situation ensemble. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – M. Bernard Fialaire applaudit également.)
M. le président. La parole est à M. Stéphane Sautarel, pour la réplique.
M. Stéphane Sautarel. Monsieur le ministre, la pénurie est peut-être globale, mais la responsabilité d'aujourd'hui est d'agir.
Une loi a été adoptée en 2019, mais elle n'est pas appliquée. D'autres mesures doivent être mises en place, faute de quoi il y aura un réel problème d'accès aux soins pour nos concitoyens et la responsabilité en reviendra au gouvernement d'aujourd'hui. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – Mme Victoire Jasmin et M. Franck Montaugé applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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