Pénurie structurelle de soignants
Nadia SollogoubUCI
Sénatrice — Nièvre
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/11/2021M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Madame la sénatrice, cette question est encore parfaitement pertinente et vous dressez un diagnostic que nous partageons : le numerus clausus a entraîné une pénurie globale de médecins dans notre pays… (Protestations sur les travées des groupes Les Républicains et SER.)
Je ne comprends pas ce qui vous énerve, mesdames, messieurs les sénateurs ! C'est un constat : si vous ne formez plus de médecins, vingt ans plus tard, il n'y en a plus ! (Exclamations continues sur les travées du groupe SER.) Et ceux qui ont décidé de ne pas former suffisamment de médecins pendant quarante ans ne peuvent pas nous reprocher, à nous qui avons enfin desserré l'étau en supprimant le numerus clausus, le manque de médecins ! Pardonnez-moi, mais pas un Français ne tombe dans ce piège ! Les gens ont parfaitement compris ! D'ailleurs, vous avez été un certain nombre à déplorer cet état de fait avec nous et à voter cette disposition.
Néanmoins, madame la sénatrice, nous faisons effectivement face à une situation de pénurie. Celle-ci entraîne des dégâts plus importants en médecine d'urgence, parce que cette pratique ne s'inscrit pas dans la durée, en raison de l'usure, de l'épuisement des urgentistes, que l'on peut comprendre. Ces praticiens s'orientent donc parfois vers une autre forme de médecine, parce qu'ils sont fatigués de cet exercice.
Cela accroît l'effet de la pénurie, mais le problème de base est le même que précédemment : si nous avions 10 000 urgentistes de plus dans ce pays, nous ne nous poserions pas cette question, de même que, si nous avions 20 000 médecins généralistes de plus, nous ne parlerions pas des déserts médicaux.
Puisqu'il y a cette pénurie, que proposons-nous, au-delà du regroupement de médecins et de paramédicaux – les fameuses CPTS, les communautés professionnelles territoriales de santé – et au-delà de la participation de la ville et de l'hôpital à la permanence des soins via le service de soins non programmés et le service d'accès aux soins (SAS) ? Eh bien, nous proposons de permettre à certains professionnels de santé non médicaux d'exercer, dans des conditions sécurisées, des actes qui ne relèvent aujourd'hui que des médecins alors que, dans quasiment tous les pays qui nous entourent, ces professionnels sont capables de les prendre en charge et ont une reconnaissance de compétence pour ce faire.
Or qu'est-ce que j'observe ? Que toutes les propositions du Gouvernement en la matière qui sont incluses dans le PLFSS font l'objet d'un à dix amendements de suppression émanant de la plupart des travées de cet hémicycle !
M. Julien Bargeton. Exactement !
M. Olivier Véran, ministre. Donc, aidez-nous, madame la sénatrice ! Aidez-nous à porter ce discours concret ! (Mme Élisabeth Doineau applaudit.) Ce n'est pas votre faute à vous, personnellement, si l'on n'a plus de médecins dans notre pays et ce n'est certainement pas la mienne non plus, puisque je me suis battu pendant des années contre le numerus clausus. Mais, face à ce constat, ne renouvelons pas les échecs, allons de l'avant ! (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI et sur des travées du groupe RDSE. – Mmes Colette Mélot et Élisabeth Doineau applaudissent également.)
M. le président. La parole est à Mme Nadia Sollogoub, pour la réplique.
Mme Nadia Sollogoub. Monsieur le ministre, je vous ai demandé : « quand ? » À partir de quand commençons-nous à compter ? Devons-nous calculer 2017 plus dix ans ? Ou 2021 plus dix ans ?
Je ne sais si vous comptez être toujours là dans dix ans, mais cela aurait été bien que l'on puisse fêter cela ensemble… (Sourires. – Mme Sylvie Vermeillet applaudit.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Nadia Sollogoub
Situation humanitaire des civils de la ville d'Olechky (Ukraine) et action de la France
Mobilité des étudiants et dispositif de médecin traitant
Prise en compte des problèmes de santé des étudiants dans leur parcours, au-delà de la seule reconnaissance du handicap
Revalorisation de l'indemnité d'entretien des accueillants familiaux et décalage avec l'inflation