Gestion de la crise migratoire
Bernard FialaireRDSE
Sénateur — Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 02/12/2021M. Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur, tout d'abord, je veux redire au nom du Gouvernement – et je l'imagine, en notre nom à tous – notre émotion et, bien sûr, notre colère face au drame qui s'est déroulé au large de Calais le 24 novembre dernier. Beaucoup de vos collègues vont poser des questions sur cette crise migratoire, et je leur répondrai bien évidemment. Mais puisque vous avez prononcé ce mot d'introduction, je tenais à m'associer à vos propos.
Dans tous les pays, l'immigration est quelque chose de normal. Elle n'est ni une chance ni une malchance pour un pays ; elle est un fait.
Nous devons pouvoir accueillir sur notre sol les personnes qui y viennent pour diverses raisons, ce que notre droit reconnaît depuis des temps très anciens, au moins depuis que la République française est une démocratie.
L'accès au droit d'asile veut dire non pas que l'on accepte tout le monde, mais que chaque demande est étudiée dans les meilleures conditions possible.
Nous avons encore beaucoup de travail à faire, monsieur le sénateur, pour que l'accueil des personnes sur le territoire national ait lieu dans des conditions de parfaite humanité. Le Président de la République a demandé que les délais soient réduits ; nous y procédons. Faut-il agir encore davantage en ce sens ? Oui !
Notre pays a besoin aussi, comme tous les pays du monde – en tout cas ceux d'Europe –, de l'immigration de travail. Il faut réviser, sans doute, la liste des métiers concernés, mieux accueillir les personnes en matière de logement, peut-être établir avec elles un contrat plus clair, et il faut que le patronat les rémunère davantage. Oui, nous devons évidemment faire cela, comme l'ont proposé un certain nombre de penseurs et d'économistes.
En contrepartie – il me faut aller très rapidement, monsieur le sénateur –, nous devons pouvoir dire que nous ne voulons pas accueillir un certain nombre de personnes sur notre sol.
Bien sûr, nous devons encore améliorer la façon dont nous reconduisons ceux auxquels nous n'accordons pas le droit d'asile en France ou le droit de travailler dans notre pays, ou bien ceux dont nous jugeons que le comportement ou les valeurs ne sont pas compatibles avec la République.
C'est un travail très difficile, et je peux vous assurer que, loin des pulsions et des réflexes, le Gouvernement est dans la réflexion et dans l'action. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à M. Bernard Fialaire, pour la réplique.
M. Bernard Fialaire. Merci, monsieur le ministre, de votre réponse. Sincèrement, le plus bel hommage que l'on peut rendre à Joséphine Baker aujourd'hui est bien de traiter avec humanité ce problème dramatique, à la suite de l'épisode qui s'est déroulé il y a huit jours exactement. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE, ainsi que sur des travées des groupes GEST et SER.)
Source : senat.fr ↗
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