Situation d'EDF
Franck MenonvilleUCI
Sénateur — Meuse
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 20/01/2022M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la relance. Monsieur le sénateur, je vous rejoins totalement : EDF est une grande entreprise nationale, qui fait la fierté de tous les Français. Cette entreprise a toujours répondu présent lorsque notre pays a connu des difficultés d'approvisionnement, des tempêtes ou des accidents climatiques. Je veux donc rendre un hommage appuyé aux plus de 160 000 salariés d'EDF à travers le monde, dont 130 000 en France, qui contribuent à cette fierté nationale.
Je l'ai dit en réponse à une autre question, l'État a toujours été aux côtés d'EDF. Lorsque le groupe a eu besoin, pour des recapitalisations, qu'il renonce à ses dividendes, il a chaque fois répondu présent. Il sera toujours présent, pour EDF et pour ses salariés.
Effectivement, nous demandons un effort aujourd'hui, comme l'État, lui-même, en a fait. Une seule et unique raison à cela : protéger les Français et les entreprises françaises contre une augmentation des prix qui aurait été insupportable. (Murmures sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Marc-Philippe Daubresse. Baissez les taxes !
M. Bruno Le Maire, ministre. Imaginez, mesdames, messieurs les sénateurs, les millions de contribuables modestes, les millions de foyers modestes, qui, ouvrant leur courrier le 1er février, aurait découvert une facture d'électricité en augmentation de 35 % ou 40 %. Cela aurait été insupportable pour les ménages, comme pour les entreprises !
Maintenant, nous voulons ouvrir des perspectives de long terme.
La première a été rappelée par le Président de la République : nous entendons faire d'EDF un des leaders mondiaux de la construction de nouveaux réacteurs nucléaires.
Mme Sophie Primas et M. Bruno Sido. Il est temps !
M. Bruno Le Maire, ministre. Le Président de la République, le Premier ministre, l'ensemble de la majorité, tous nous avons fait un choix clair en faveur de cette construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Cela constitue, pour EDF, une réelle perspective de développement.
La deuxième concerne le marché européen de l'énergie. Je répète ce que j'ai déjà dit à ce propos – je persiste et je signe –, le fonctionnement du marché européen de l'énergie est aberrant. (Marques d'approbation sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. Marc-Philippe Daubresse. Voilà cinq ans que ça ne va pas !
M. Bruno Le Maire, ministre. Je ne vois pas pourquoi la France aurait à payer son électricité au coût marginal d'ouverture des centrales à gaz dans les pays d'Europe de l'Est.
M. Pierre Charon. Certes, mais changez cela !
M. Bruno Le Maire, ministre. Nous voulons payer notre électricité au coût moyen de production en France ! Nous voulons en avoir pour notre argent – et à hauteur de nos investissements dans le nucléaire !
Une bonne fois pour toutes, il faut décorréler le coût de l'électricité produite en France de celui que représente la mise en route de centrales à gaz dans le reste de l'Europe. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – Mme Sylvie Vermeillet, MM. André Guiol et Jean-Claude Requier applaudissent également.)
M. Fabien Gay. On n'a pas toujours tort !
Source : senat.fr ↗
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