Avenir de la présence française au Mali
Marie-Arlette CarlottiSER
Sénatrice — Bouches-du-Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 20/01/2022M. Franck Riester, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité. Comme je l'ai souligné voilà quelques minutes, madame la sénatrice Carlotti, la présence de Wagner est inacceptable, tout comme le report des élections de cinq ans par la junte. Les pays de la Cédéao ont pris des décisions très fortes, que tous les États de l'Union européenne soutiennent. Nous avons aussi décidé d'un certain nombre de sanctions, individuelles et collectives, à l'encontre de Wagner.
Cela étant, nous ne pouvons pas prendre des décisions unilatérales. Nous avons besoin de consulter nos partenaires européens et internationaux, d'échanger avec eux.
En effet, nous ne sommes pas seuls au Sahel. Nous sommes présents au sein de la force Takuba, qui bénéficie de forces spéciales issues de 11 États européens.
Nous sommes également présents aux côtés des Nations unies et de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali, la Minusma, pour veiller au respect des accords d'Alger.
Nous sommes présents, enfin, auprès de nos partenaires sahéliens dans le cadre du G5 Sahel.
Nous devons donc prendre le temps des échanges et des discussions, afin d'arrêter la meilleure décision possible. Mais il est clair, dans notre esprit, que le contexte appelle la tenue de telles discussions dans les prochains jours, afin de définir précisément la position de la France et de l'Union européenne pour l'avenir proche. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Marie-Arlette Carlotti, pour la réplique.
Mme Marie-Arlette Carlotti. C'est Jean-Yves Le Drian, lui-même, qui a défini la ligne rouge, monsieur le ministre. Maintenant que nous y sommes, il donne l'impression de ne pas avoir de solution. C'est cette improvisation qui nous inquiète !
Nous sommes à un niveau de tension rarement atteint, ayant contraint le Président de la République à annuler son déplacement à Bamako et à Gao ; on a invoqué le covid, mais on sait que ce n'est pas le cas et qu'on a surtout cherché à éviter une situation explosive, susceptible de mettre en danger nos militaires en opération.
Vous vous escrimez à convaincre la junte de renoncer à Wagner. Elle ne veut rien entendre, et les invectives ne font pas une politique.
Vous n'avez pas voulu nous répondre, monsieur le ministre, mais, d'une certaine manière, je le comprends : C'est le Président de la République qui doit désormais dire aux Français quelle politique antiterroriste il entend mener au Mali ! (Applaudissements sur les travées du groupe SER et sur des travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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