Conséquences de la hausse des prix du gaz sur les bailleurs sociaux
Antoine LefèvreLes Républicains
Sénateur — Aisne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 27/01/2022Mme Emmanuelle Wargon, ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique, chargée du logement. Monsieur le sénateur Antoine Lefèvre, vous l'avez souligné, nous avons pris sans attendre des mesures fortes pour protéger le pouvoir d'achat des Français face à cette augmentation importante des prix de l'énergie.
Je pourrais évoquer le chèque énergie, soit 100 euros pour 6 millions de ménages – cela s'ajoute aux 150 euros versés normalement en mai –, ou l'indemnité inflation, soit 100 euros pour 38 millions de ménages, qui vont ainsi voir leur pouvoir d'achat soutenu. Nous avons effectivement décidé – c'est une mesure nationale très forte – de geler les tarifs réglementés de l'électricité, en plafonnant leur hausse à 4 %, et les tarifs du gaz.
La question que vous posez concerne les ménages qui n'achètent pas directement le gaz à un fournisseur à tarif réglementé, mais qui sont dans des contrats collectifs, en particulier ceux qui sont souscrits par les organismes de logements sociaux.
Ces organismes de logements sociaux nous ont effectivement fait part voilà quelques jours à peine de difficultés, sachant qu'ils ne sont pas tous dans la même situation. Certains sont chauffés à l'électricité ou au réseau de chaleur. D'autres sont avec des contrats individuels pour les locataires, qui sont donc bien protégés. D'autres encore achètent eux-mêmes en contrat collectif le gaz, et ces contrats collectifs sont dans un certain nombre de cas eux-mêmes protégés, parce qu'indexés sur les tarifs réglementés, et dans d'autres cas, non.
Les situations de défaillances qui nous sont remontées concernent des fournisseurs de gaz qui, n'étant plus en capacité de fournir, demandent aux organismes de logement social d'en changer. Là, nous sommes au prix du marché.
Face à une telle situation, monsieur le sénateur, le Gouvernement continuera évidemment à travailler pour améliorer encore la protection des Français. Bruno Le Maire, Barbara Pompili et moi-même sommes en train d'examiner, sous l'autorité du Premier ministre, toutes les solutions possibles pour protéger tous les Français. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à M. Antoine Lefèvre, pour la réplique.
M. Antoine Lefèvre. Merci, madame la ministre. Qualifier ce problème de « malencontreux oubli » serait un bel euphémisme, pour peu que l'on passe en revue les cinq années de négligence à l'égard du logement social.
Je pense aux coupes budgétaires opérées trois années de suite, au doublement de la TVA sur la construction de logements sociaux, à la très controversée réduction des APL (aides personnalisées au logement), au ralentissement sans précédent du rythme des constructions et, dernièrement, à la désindexation du plafond de ressources pour bénéficier de la réduction du loyer de solidarité.
Nous savions qu'à vos yeux les maisons individuelles étaient devenues un « non-sens écologique ». Désormais, c'est l'habitat collectif à loyer modéré qui en prend pour son grade.
Décidément, il ne sera pas exagéré de dire que, tout au long de ce quinquennat, le Gouvernement aura eu un sacré problème avec le logement social ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Antoine Lefèvre
Prévention des conflits d'intérêt dans la gouvernance des établissements publics de santé
Soutien aux collectivités confrontées à une contamination de l'eau potable par les polluants éternels
Remise au client d'une note suite à une prestation de service supérieure à 25 euros
Projet de décret visant à rationaliser les instances en voie d'appel et risques pour le droit du recours en appel