Taxation des superprofits
É Éliane AssassiCRCE Sénatrice — Seine-Saint-DenisLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 28/07/2022Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, madame la présidente Assassi, tout d'abord, nous venons d'apprendre le décès d'un adjudant-chef engagé dans la lutte contre un feu de forêt à Tarascon. Je souhaite lui rendre hommage, adresser toutes mes condoléances à sa famille et à ses proches et saluer une nouvelle fois l'engagement de nos pompiers, militaires, forces de l'ordre et agents des collectivités. Ils sont nos héros du quotidien. (Applaudissements prolongés.)
Nous pouvons nous accorder sur un point, madame la présidente : il serait choquant, alors que l'inflation est forte, que certaines entreprises accroissent leurs profits et ne contribuent pas à aider les Français.
Cette conviction, que j'ai partagée avec vous lors de ma déclaration de politique générale, c'est celle de mon gouvernement. Le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, Bruno Le Maire, l'a exprimée devant les entreprises concernées, car notre priorité est bien de protéger le pouvoir d'achat des Français.
Plutôt que de laisser filer les profits et de les taxer ensuite sans effet direct pour nos concitoyens, nous avons préféré mettre les entreprises face à leurs responsabilités et obtenir des résultats concrets. (Exclamations ironiques sur les travées du groupe CRCE.)
C'est ainsi que TotalEnergies a annoncé une remise de 20 centimes d'euros sur les carburants et que nous avons obtenu de la CMA-CGM une baisse des prix du transport des containers. Ce sont des mesures concrètes pour le pouvoir d'achat des Français. (Mêmes mouvements.)
M. Fabien Gay. On parle de 17 milliards d'euros !
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Je crois également qu'un engagement dans la durée est préférable à une taxation ponctuelle. Tel est le sens des mesures que nous vous proposons dans les textes sur le pouvoir d'achat.
Nous permettons en particulier aux entreprises d'accompagner leurs salariés face à la hausse des prix du carburant en doublant le plafond de la prime transport.
Nous attendons également des entreprises qu'elles soutiennent les revenus de leurs salariés, notamment en se saisissant de la prime de partage de la valeur et des dispositifs d'intéressement et de participation.
Enfin, nous demandons à toutes les branches dont les minima sont inférieurs au SMIC qu'elles ouvrent sans délai des négociations pour revaloriser leur grille.
M. Pierre Laurent. C'est déjà obligatoire !
Mme Élisabeth Borne, Première ministre. Madame la présidente, nous serons attentifs à ce que chacun prenne ses responsabilités, et nous serons prêts à agir s'il le faut dans le cadre du projet de loi de finances pour 2023. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – Exclamations sur les travées du groupe CRCE.)
Source : senat.fr ↗
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