Rétablissement de la « Palombe bleue »
Max BrissonLes Républicains
Sénateur — Pyrénées-Atlantiques
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 26/10/2022M. Max Brisson. Les trains de nuit ont un bilan carbone quinze fois moins important que l'avion et ils proposent un coût unitaire par passager largement inférieur au TGV. Ils constituent donc de véritables atouts pour la politique de mobilité nationale, en alliant à la fois vertus écologiques et valorisation du transport ferroviaire. Voilà pourquoi le Gouvernement a rétabli deux lignes de train de nuit au départ de Paris, l'une pour Nice, l'autre pour Tarbes, via Limoges et Toulouse. C'est ici que le bât blesse.
La SNCF a fait le choix d'une desserte du Sud-Ouest par l'itinéraire défini en 2011 via Toulouse. Elle a abandonné le tracé initial, qui, à partir de Dax, reliait en deux rames Bayonne, Hendaye et Irun, d'une part, et Pau, Lourdes et Tarbes, d'autre part. Elle l'a remplacée par un itinéraire via Toulouse ne desservant Pau, Bayonne et Hendaye que l'été, dans des conditions dégradées. C'est d'ailleurs ce trajet qui avait provoqué en 2011 une augmentation du temps de transport, une baisse de la fréquentation et, finalement, la suppression de la ligne.
Ce choix n'est pas le bon. Il revient à réduire le sud des Landes et les Pyrénées-Atlantiques à une simple desserte estivale. Or ces territoires ne sont pas seulement touristiques. Ce sont des pôles économiques dynamiques et des foyers de population importants, qui méritent une desserte cohérente et facile.
Quelles sont les raisons précises qui ont privilégié le choix d'un tracé via Limoges et Toulouse ? Le Gouvernement serait-il prêt à rétablir une liaison régulière par train de nuit, suivant l'axe atlantique historique via Bordeaux, celui qui assure la meilleure desserte des Landes, du Pays basque, du Béarn et de la Bigorre ?
Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Bérangère Couillard, secrétaire d'État auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargée de l'écologie. Monsieur le sénateur Brisson, je partage votre conviction que les trains de nuit ont un avenir. En effet, ils constituent une offre de transport écologique et sociale. Alors qu'il ne restait plus que deux lignes de train de nuit en 2020, l'étude transmise au Parlement en mai 2021, conformément à la LOM, offre des perspectives de renouveau de ce mode de transport.
Dans le cadre du plan de relance, deux lignes ont été ouvertes en 2021 : Paris-Nice et Paris-Tarbes. Aurillac devrait être desservie en décembre 2023. Quelque 130 millions d'euros seront investis dans la rénovation du matériel et des installations de service, dont 100 millions d'euros proviennent du plan France Relance.
Des décisions doivent être prochainement prises sur la consistance du futur réseau de trains de nuit, le renouvellement du matériel roulant et les modalités de financement, avec une perspective d'ouverture à la concurrence de l'exploitation d'ici à quelques années. La desserte du Sud-Ouest par train de nuit fait partie de cette problématique et devra être pensée dans ce cadre plus général.
Aujourd'hui, la nécessaire régénération de l'infrastructure ne permet pas des horaires optimaux et limite la desserte de Tarbes et de Lourdes en dehors de l'été.
Dans les prochaines années, il faudra également organiser la desserte en prenant en compte les travaux dans les nœuds de Bordeaux et de Toulouse. Toutefois, je peux déjà vous indiquer qu'à partir de 2024, le train de nuit desservira quotidiennement Dax, Bayonne, Orthez et Pau, en plus de Lourdes et de Tarbes. Ces évolutions positives montrent tout l'engagement de l'État en faveur de ce mode de transport pratique et respectueux de l'environnement.
Mme la présidente. La parole est à M. Max Brisson, pour la réplique.
M. Max Brisson. Si j'ai bien compris, en 2024, vous respecterez la promesse du président Macron, qui avait déclaré : « La Palombe ! Je l'ai pris plein de fois. Il faudrait investir ici. » Si je vous ai bien entendue, madame la secrétaire d'État, c'est bien par Bordeaux et Dax que le train de nuit passera pour desservir le Béarn et le Pays basque. Si tel est le cas, ce serait une avancée. J'espère que cette réponse se concrétisera en 2024.
Source : senat.fr ↗
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