Recours à l'alphabet inclusif durant un examen universitaire
Bernard FialaireRDSE
Sénateur — Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/06/2023Mme Sylvie Retailleau, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Fialaire, je vous remercie beaucoup de votre question. Permettez-moi d'abord de compléter vos propos pour rappeler, en plus de ceux que vous avez énoncés, deux éléments importants sur le cadre normatif dans lequel nous nous plaçons.
Le premier est la circulaire de 2017 du Premier ministre de l'époque, Édouard Philippe, sur les règles de féminisation qui s'appliquent aux actes de nature juridique et aux textes administratifs. Ce texte évoque clairement « un souci de clarté et d'intelligibilité immédiate de ces documents », autant d'impératifs auxquels nous sommes également attachés.
En l'espèce, cette circulaire ne s'applique pas aux sujets d'examen, car, dans l'enseignement supérieur - vous l'avez dit -, les enseignants-chercheurs sont entièrement libres des sujets de leur cours, mais aussi de leurs sujets d'examen et de leur formulation.
Ni l'université ni le ministère - vous l'avez dit s'agissant de la liberté académique - n'exercent un contrôle direct (Exclamations sur des travées du groupe Les Républicains.) sur les sujets et le contenu pédagogique des enseignements, sauf en cas de propos diffamatoires, injurieux ou discriminatoires.
M. Arnaud Bazin. Il faut des sanctions !
Mme Sylvie Retailleau, ministre. Dans le cas de l'épreuve de droit de la famille de Lyon-II, sur lequel vous m'interrogez, en effet, les étudiants avaient le choix entre deux sujets, portant tous deux sur des thèmes traités dans le cadre des enseignements dispensés. Mais, si l'un des deux sujets proposés a été rédigé dans une forme d'écriture dite « inclusive » - je n'en dirai pas plus que ce que vous avez décrit -, l'autre était rédigé de manière parfaitement classique.
Cela étant, si votre question est de savoir si j'encourage l'usage de l'écriture dite « inclusive » dans les sujets d'examen, de contrôle ou tout autre document, dans une forme utilisant des points médians ou des mots tels que ceux que vous avez prononcés, ma réponse est clairement « non », comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. François Bonhomme. Encore heureux !
Mme Sylvie Retailleau, ministre. Il se trouve que je suis, comme vous et, je crois, beaucoup d'entre nous ici, attachée à notre belle langue. Il se trouve que je suis aussi très attentive aux questions de représentation. J'estime que notre langue est suffisamment riche pour que l'on puisse s'exprimer sans véhiculer de stéréotypes de genre, raison pour laquelle nous développons des guides pour aider... (Mêmes mouvements.)
M. le président. Merci, madame la ministre.
Mme Sylvie Retailleau, ministre. ... à ne pas tomber dans la caricature lors des examens.
M. François Bonhomme. Quel charabia !
M. le président. J'invite chacun à respecter son temps de parole, qui, je le rappelle, est de deux minutes.
Source : senat.fr ↗
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