Écriture inclusive à l'université de Lyon
É Étienne BlancLes Républicains Sénateur — RhôneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/06/2023Mme Sylvie Retailleau, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Blanc, je veux d'abord vous remercier de me donner l'occasion de préciser de nouveau les choses.
Non, je ne suis pas pour l'utilisation de l'écriture inclusive, comme je l'ai dit tout à l'heure.
Des exemples de points médians, des exemples proches du non-respect de la langue française ont été évoqués. Mais inclure l'ensemble de ses interlocuteurs en utilisant l'expression « chers toutes et tous », c'est très différent de l'écriture inclusive ! Je vous remercie de me donner l'occasion de le réexpliquer.
Monsieur le sénateur, je vous sais très attaché aux libertés académiques, dont nous venons de parler en évoquant le sujet de l'université de Lyon-II.
En effet, le tribunal administratif de Grenoble a jugé que le règlement tombait sous le coup de la circulaire.
Je sais que vous connaissez cette question pour avoir travaillé avec le sénateur André Gattolin sur les ingérences étrangères.
Cependant, on ne peut pas être pour la liberté académique, l'autonomie des universités et fustiger continûment le ministère pour qu'il intervienne à tout bout de champ pour régir le contenu de ce que proposent les enseignants et les enseignants-chercheurs ! (Applaudissements sur les travées du groupe GEST. - Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
Mme Pascale Gruny. Non, mais franchement !
Mme Sylvie Retailleau, ministre. La liberté académique est importante, ce qui ne nous empêche pas de donner effectivement des consignes claires, en nous appuyant sur les circulaires qui existent, pour que la langue française soit respectée comme il se doit et pour que les sujets des examens et l'enseignement soient rédigés dans une langue intelligible et claire, ce qui, je vous rejoins sur ce point, est important pour l'enseignement de tous nos étudiants.
M. Mickaël Vallet. Et les cours en anglais ?
M. le président. La parole est à M. Étienne Blanc, pour la réplique.
M. Étienne Blanc. Le moins que l'on puisse dire, madame la ministre, c'est que votre réponse est quelque peu ambiguë ! En tout cas, elle n'est pas claire.
D'abord, vous ne répondez pas sur le jugement du tribunal de Grenoble sur l'inintelligibilité ni, surtout, sur le problème constitutionnel.
Vous ne répondez pas non plus à l'Académie française,...
Mme Laurence Cohen. Ah, l'Académie française...
M. Étienne Blanc. ... qui, au sujet de l'écriture inclusive, parle d'un « péril mortifère »,...
M. Max Brisson. Très bien !
M. Étienne Blanc. ... d'une « aberration ».
« J'ai compris que tout le malheur des hommes venait de ce qu'ils ne tenaient pas un langage clair », disait Camus.
Mme Laurence Rossignol. Elle est usée, cette citation !
M. Étienne Blanc. Pour ma part, j'invite aujourd'hui le Gouvernement à tenir un langage clair ! L'écriture inclusive, c'est oui ou c'est non.
M. Jérôme Bascher. C'est non !
M. Étienne Blanc. Si c'est non, décidez enfin que tout texte écrit en écriture inclusive, de quelque nature qu'il soit, est nul de plein droit. Vous tiendrez alors un langage clair ! (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées des groupes UC et INDEP.)
Source : senat.fr ↗
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