Dysfonctionnement du logiciel utilisé par la direction générale des finances publiques
Hervé MaureyUCI
Sénateur — Eure
La question
M. Hervé Maurey attire l'attention de M. le ministre de l'action et des comptes publics sur les dysfonctionnements du logiciel utilisé par la direction générale des finances publiques (DGFIP) en matière de recouvrement de la taxe d'aménagement.
Dans sa réponse à la question écrite n° 06397 du même auteur, le Gouvernement indique que « l'instauration d'un processus déclaratif entièrement en ligne et concomitant aux démarches foncières [...] a été mal compris des usagers, conduisant à des erreurs déclaratives » et que « pour éviter de trop nombreuses taxations erronées, les services de la DGFiP ont été conduits à réaliser des vérifications préalables avec pour conséquence un différé de certaines taxations, en 2024 et sur le début de l'année 2025 ».
Or, les directions départementales des finances publiques indiquent que les dysfonctionnements du logiciel utilisé par la DGFIP pour calculer les taxes d'aménagement se poursuivent et posent problème en ce qui concerne le recouvrement de cette taxe.
Il en résulte une perte de recettes extrêmement préjudiciables pour les communes.
Il souhaite donc connaître les mesures que compte prendre le Gouvernement pour que les dossiers de taxe d'aménagement puissent enfin être recouvrés.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/10/2026Dans une question écrite n° 6397 du 23 octobre 2025, vous aviez appelé l'attention sur la baisse des produits fiscaux issus de la taxe d'aménagement, que vous attribuiez notamment aux difficultés rencontrées dans le cadre du nouveau dispositif de gestion mis en oeuvre par la direction générale des Finances publiques (DGFiP). Comme indiqué dans la réponse publiée au Journal officiel Sénat le 14 mai 2026, cette baisse résulte de plusieurs facteurs, au premier rang desquels figure la dégradation durable du marché de la construction. La diminution continue du nombre de constructions neuves ainsi que l'allongement des délais de réalisation des opérations continuent également de peser significativement sur le rendement de cette taxe. Il est toutefois incontestable que la mise en oeuvre du nouveau processus déclaratif entièrement dématérialisé, intégré aux démarches foncières dans une logique de simplification pour les usagers, a donné lieu à d'importantes difficultés opérationnelles, qui ont entraîné des retards dans la liquidation et le recouvrement de la taxe. En effet, les incompréhensions et erreurs déclaratives constatées ont conduit les services de la DGFiP à procéder à des vérifications préalables afin de sécuriser les taxations et d'éviter des taxations erronées qui auraient pénalisé à la fois les redevables et les collectivités affectataires. Cette phase d'adaptation a entraîné des retards de liquidation, principalement en 2024 et au début de l'année 2025. Ces retards de liquidation seront intégralement résorbés : aucune imposition n'est perdue ni prescrite. Les dossiers ayant été dans un premier temps différés font l'objet d'un traitement progressif, et le rythme des émissions s'est nettement accéléré depuis le dernier trimestre 2025. Les traitements se poursuivent en 2026, tandis que le ministère chargé de l'aménagement du territoire poursuit le traitement du stock d'autorisations d'urbanisme relevant encore de sa compétence. Parallèlement, la DGFiP poursuit un important travail de fiabilisation et de simplification du dispositif. Le parcours déclaratif a été entièrement revu en février 2025. Les usagers disposent désormais d'un simulateur en ligne sur www.impots.gouv.fr qui leur permet de mieux anticiper le montant des taxes qui vont être dues à l'achèvement des travaux. Une démarche déclarative en ligne est également accessible depuis février 2025 pour renseigner les déclarations d'acomptes pour les grands projets, et ainsi assurer l'émission de ces montants forcément sensibles dans des conditions optimales. Les évolutions informatiques mises en oeuvre permettent enfin une meilleure prise en compte des situations complexes, notamment lorsque le demandeur de l'autorisation d'urbanisme n'est pas propriétaire du terrain, situation régulièrement rencontrée sur des projets d'envergure, assurant ainsi un suivi plus complet des opérations. Les apports de ces évolutions, alliées aux travaux de relance individualisée réalisés par les services fonciers de la DGFiP auprès des usagers afin de les sensibiliser aux démarches déclaratives attendues de leur part, se concrétisent actuellement par des dépôts de déclarations de taxes d'urbanisme supplémentaires, qui sont traitées dès réception avec émission des taxations au fil de l'eau. En complément, les services de la DGFiP ont engagé, depuis juin, les procédures conduisant à une taxation d'office pour les situations de défaillance déclarative persistante, après une importante phase d'information ciblée à destination de ces usagers afin de leur rappeler leurs obligations déclaratives, dans une logique de recherche d'une couverture exhaustive des taxations attendues. La loi de finances pour 2026 a d'ailleurs simplifié la procédure de taxation d'office en permettant, tout en garantissant les possibilités de recours pour les redevables, de se dispenser de l'envoi préalable d'une mise en demeure, afin d'accélérer la mise en recouvrement des impositions. La mobilisation des collectivités locales pour informer les usagers desdites obligations déclaratives est aussi essentielle, notamment lors du dépôt de la demande d'autorisation d'urbanisme et la délivrance de l'autorisation. L'ensemble de ces éléments concourt à un niveau d'émission de titres plus soutenu, qui devrait se poursuivre sur la deuxième partie de l'année 2026. Il demeure certain que les taxes d'urbanisme souffrent d'une complexité qui rendent leur déclaration peu compréhensible pour les usagers. C'est pourquoi des travaux sont engagés afin de rapprocher les règles applicables en matière foncière et taxes d'urbanisme, dans un objectif de simplification, de lisibilité et de sécurisation des démarches. Des évolutions législatives seront proposées en ce sens dans le cadre du projet de loi de finances. Enfin, le Gouvernement attache une importance particulière à l'information des collectivités territoriales. Les services de la DGFiP, en lien avec les conseillers aux décideurs locaux, entretiennent un dialogue régulier avec les élus et les associations représentatives afin d'améliorer la visibilité des recettes attendues. Des outils de suivi, partagés à intervalle régulier, ont été définis et vont être expérimentés prochainement pour permettre aux communes de disposer d'une vision actualisée de l'état d'avancement des autorisations d'urbanisme, et de leur traduction en recettes de taxe d'aménagement.
Source : senat.fr ↗
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