Surtransposition des normes alimentaires européennes
Yves BleunvenUCI
Sénateur — Morbihan
La question
M. le président. La parole est à M. Yves Bleunven, pour le groupe Union Centriste et Indépendants. (Applaudissements sur les travées des groupes UCI et INDEP.)
M. Yves Bleunven. Ma question s'adresse à Mme la ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire. J'y associe mes collègues sénateurs morbihannais, Muriel Jourda et Simon Uzenat.
Madame la ministre, la technique ancestrale de fumage de l'andouille de Guémené est aujourd'hui menacée. (Exclamations amusées.)
Il est, pour une fois, inutile d'accuser Bruxelles : si le droit européen impose de contrôler la partie comestible d'un produit, depuis 2016, la France mesure la présence d'hydrocarbures aromatiques polycycliques issus de la fumée, les fameux HAP, dans la peau de l'andouille, que le consommateur n'est pas censé manger. Nous avons, comme d'habitude, décidé de laver plus blanc que blanc et d'adopter une lecture plus stricte que nécessaire.
Le problème, madame la ministre, c'est que cette décision condamne à l'extinction à petit feu un savoir-faire transmis de génération en génération, fondé sur un fumage lent au bois de hêtre. Demain, ce sera peut-être la saucisse de Morteau, que vous connaissez bien, ou le figatellu de Corse qui seront concernés. (Mêmes exclamations.) Autrement dit, c'est tout un patrimoine charcutier artisanal qui pourrait disparaître au profit de la standardisation.
Bien sûr, nul ne conteste l'exigence de protéger la santé des consommateurs. Certains mangent la peau, d'autres non ; c'est leur choix, à condition d'être informés. La Finlande et la Suède ont su défendre leurs produits fumés traditionnels avec des garanties adaptées. Indiquer clairement que la peau n'est pas destinée à être consommée plutôt que d'interdire, ce serait faire confiance aux Français. C'est bien cela, la liberté alimentaire.
Madame la ministre, je vous sais attachée à la défense de notre territoire et de nos spécialités locales. Dès lors, ma question est simple : êtes-vous prête à abroger l'instruction qui impose de mesurer les HAP avec la peau de l'andouille et à la remplacer par une mention d'information sur l'emballage, tout simplement ? (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe UCI, ainsi que sur des travées des groupes RDSE, RDPI, INDEP, Les Républicains et SER.)
⏳ Cette question n'a pas encore reçu de réponse du gouvernement.
Source : senat.fr ↗
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