Prise en compte des surcoûts du secteur agroalimentaire dans les cadre des négociations commerciales
Antoinette GuhlGEST
Sénatrice — Paris
La question
Mme Antoinette Guhl interroge M. le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat sur une urgence qui touche directement nos industries agroalimentaires : les surcoûts liés au conflit au Moyen-Orient. Les chiffres sont sans appel. Cinq mois après le début du conflit, neuf PME et ETI de l'alimentation sur dix déclaraient des surcoûts, avec des hausses de l'ordre de 15 % sur le transport routier et de 20 % sur les matières plastiques. La réouverture partielle du détroit d'Ormuz ne fait disparaître ni les surcoûts déjà subis, ni ceux à venir. En outre, la sécheresse et les canicules renchérissent les matières premières agricoles. Face à cela, les clauses de renégociation, pourtant prévues pour ces situations, demeurent largement ineffectives. Résultat : nos entreprises absorbent seules ces hausses depuis plus de six mois. Et quand on sait la crainte de rétorsion commerciale qui pèse sur elles, on comprend pourquoi elles n'osent pas saisir les autorités de contrôle. La commission d'enquête sénatoriale portant sur les marges des industriels et de la grande distribution l'a établi : l'enjeu n'est pas seulement celui des marges, mais celui de la répartition de la valeur tout au long de la chaîne. Sans revalorisation, ce sont les PME et ETI qui se fragilisent, et avec elles l'amont agricole et l'emploi industriel dans nos territoires. Rappelons que plus de 30 % des entreprises agro-alimentaires sont aujourd'hui déficitaires. Comme elle l'a dit le 3 juin 2026: nos filières n'ont pas le « temps long ». Une réforme structurelle des négociations est nécessaire, mais elle ne répondra pas à l'urgence d'aujourd'hui. C'est pourquoi elle aimerait savoir s'il est possible d'organiser une rencontre entre la grande distribution et les industriels au plus vite sous l'égide des ministres de l'agriculture, de l'industrie et de la consommation, sur les négociations à venir, afin que les distributeurs prennent enfin en compte ces surcoûts de manière loyale et au cas par cas. Le Gouvernement s'engage-t-il à convoquer cette réunion, dans quel délai, et avec quelle présence de parlementaires pour garantir que les engagements pris soient suivis d'effets ?
⏳ Cette question n'a pas encore reçu de réponse du gouvernement.
Source : senat.fr ↗
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