Pourquoi ce texte ? Le contexte en 6 points
  • La loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, votée en 2023, fixe la trajectoire budgétaire des armées. Le texte adopté cette semaine l'actualise à mi-parcours pour tenir compte de la guerre en Ukraine et de la dégradation du contexte stratégique européen.
  • L'actualisation ajoute 36 milliards d'euros de crédits supplémentaires sur 2026-2030, portant l'effort de défense programmé à environ 436 milliards d'euros sur l'ensemble 2024-2030.
  • Objectif affiché par le gouvernement : porter les dépenses militaires à 2,5 % du PIB en 2030, puis viser 3,5 % à l'horizon 2035.
  • Le texte contient aussi des dispositions « diverses » : renforcement du contrôle des investissements étrangers dans l'industrie de défense, création d'un « état d'alerte de sécurité nationale », mesures de rapprochement entre la jeunesse et les armées.
  • Parcours : déposé le 8 avril 2026, adopté en première lecture à l'Assemblée le 19 mai, modifié par le Sénat le 9 juin, avant un accord en commission mixte paritaire (CMP) le 23 juin.
  • Le 1er juillet 2026, l'Assemblée a adopté le texte de la CMP par 375 voix contre 113 — dernière étape parlementaire avant promulgation.

375 voix pour, 113 contre, 2 abstentions : l'Assemblée nationale a adopté définitivement, le 1er juillet 2026, l'actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030, qui ajoute 36 milliards d'euros aux budgets des armées. Un chiffre résume le vote : la totalité des 113 voix contre provient des bancs de la gauche — et encore, d'une gauche divisée, puisque le Parti socialiste a voté pour, aux côtés du gouvernement, de la droite et du Rassemblement national.

375
Pour
113
Contre
2
Abstentions
Résultat du vote solennel — 1er juillet 2026
490 votants
375 pour76,5 % des votants
113 contre23,1 % des votants
2 abstentions0,4 % des votants

Une majorité très large, de la Macronie au Rassemblement national

Le rapport de force est sans ambiguïté : plus des trois quarts des votants ont soutenu le texte. La coalition qui l'a porté déborde très largement le socle gouvernemental. Le groupe EPR (86 voix pour), les Démocrates (26), Horizons (35), la Droite républicaine (44), Liot (19) et l'UDR (14) ont voté pour d'un seul bloc, sans aucune voix contre. Mais le contingent le plus important est venu du Rassemblement national : 97 voix pour, zéro contre — le RN forme, à lui seul, le premier soutien numérique de cette loi militaire.

« Votre motion de rejet trahit les Français et leurs soldats. Vous leur mentez, mais les soldats qui nous écoutent ne sont pas dupes. »

Jean-Michel Jacques
Jean-Michel Jacques
EPR
Morbihan (6)
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Le Rassemblement national, qui conteste pourtant régulièrement la ligne européenne de défense du gouvernement, a choisi de soutenir l'effort budgétaire tout en revendiquant d'autres priorités de financement. Ses députés ont martelé, dans l'hémicycle, qu'ils trouveraient l'argent ailleurs.

« Nous couperons très largement dans des dépenses auxquelles vous ne toucheriez pas : les 40 milliards que coûte l'immigration chaque année ou l'abondement au budget européen. »

Laurent Jacobelli
Laurent Jacobelli
RN
Moselle (8)
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Vote par groupe politique
Pour
Contre
Abstention
RN
97 pour
EPR
86 pour
LFI-NFP
62 contre
SOC
46 pour, 1 contre
DR
44 pour
EcoS
36 contre
HOR
35 pour
Dem
26 pour
Liot
19 pour
GDR
14 contre
UDR
14 pour

La gauche coupée en deux sur le réarmement

C'est la véritable ligne de fracture du scrutin. Sur les quatre groupes de gauche, un seul a voté pour : le Parti socialiste, à 46 voix pour et une seule contre. Les trois autres ont voté contre en bloc — La France insoumise (62 voix contre, aucune pour), les Écologistes (36 contre) et les communistes du groupe GDR (14 contre). Autrement dit, l'intégralité des 113 voix hostiles au texte est venue de ces bancs : le réarmement est précisément le sujet sur lequel la coalition de gauche se sépare, le PS assumant une ligne de défense nationale que le reste du Nouveau Front populaire refuse.

Pour La France insoumise, l'opposition ne porte pas sur le principe de la défense mais sur l'arbitrage budgétaire : chaque milliard fléché vers les armées est présenté comme autant de moins pour les services publics, dans une logique de « guerre » que le groupe rejette frontalement.

« Des milliards pour les munitions, la saignée pour les services publics ! Et que préparez-vous ? La guerre ? Nous n'en voulons pas ! »

Claire Lejeune
Claire Lejeune
LFI-NFP
Essonne (7)
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Ce que change l'actualisation

💶
+36 milliards d'euros
Des crédits supplémentaires programmés sur 2026-2030, portant l'effort de défense à environ 436 milliards d'euros sur l'ensemble de la période 2024-2030.
🎯
Cap vers 3,5 % du PIB
Une trajectoire de dépenses militaires portée à 2,5 % du PIB en 2030, avec un objectif de 3,5 % visé à l'horizon 2035.
🏭
Industrie de défense protégée
Renforcement du contrôle des investissements étrangers dans les entreprises stratégiques du secteur de la défense.
🚨
État d'alerte de sécurité nationale
Un nouveau régime permettant à l'État d'imposer des mesures exceptionnelles en cas de menace grave et actuelle (drones, cyberattaques, sabotages).
À noter : la LPM initiale de 2023 avait été adoptée avec le soutien d'une partie de la gauche. Cette actualisation acte au contraire une rupture nette au sein du Nouveau Front populaire : les 113 voix contre sont venues exclusivement de La France insoumise, des Écologistes et des communistes, tandis que le Parti socialiste a rejoint la majorité.

La chronologie du texte

8 avril 2026
Dépôt du projet de loi d'actualisation de la programmation militaire.
19 mai 2026
Adoption en première lecture à l'Assemblée nationale, après engagement de la procédure accélérée.
9 juin 2026
Le Sénat modifie le texte à son tour.
23 juin 2026
Accord en commission mixte paritaire entre députés et sénateurs.
1er juillet 2026
Adoption définitive par l'Assemblée : 375 voix pour, 113 contre.

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