- Député Écologiste et Social de la 2e circonscription de la Charente-Maritime (Royan-Saintonge) depuis juillet 2024. Né le 7 avril 1967 à Sablonceaux — 59 ans.
- Ingénieur agronome et paysan bio : il a repris une exploitation céréalière intensive familiale pour la convertir à l'agroécologie (Ferme Val de Seudre Identi'Terre), couronnée du Trophée national de l'agriculture durable en 2009.
- Ancien vice-président de la région Poitou-Charentes chargé de l'agriculture (2010), puis délégué à la mer de la Nouvelle-Aquitaine.
- Député européen (EELV) de 2019 à 2024 ; battu aux européennes de juin 2024, il est élu à l'Assemblée un mois plus tard.
- Membre de la commission des affaires économiques. L'un des députés les plus actifs de la 17e législature : 803 amendements en premier auteur, 401 interventions en séance.
- Rapporteur de la loi anti-cadmium, adoptée le 3 juin 2026 contre l'avis du gouvernement.
Le 3 juin 2026, au terme de près de six mois de navette et d'obstruction, l'Assemblée nationale adopte par 144 voix contre 22 une proposition de loi plafonnant le cadmium dans les engrais phosphatés — ce métal lourd cancérogène qui, épandu dans les champs, remonte dans nos assiettes. Le texte est voté contre l'avis du gouvernement et malgré l'opposition du Rassemblement national. Son rapporteur : Benoît Biteau, seul paysan bio et ingénieur agronome de l'hémicycle, qui résume : « Nous avons pris nos responsabilités et nous avons gagné ». L'occasion de dresser, en données, le portrait d'un élu atypique — un agriculteur qui a fait de l'Assemblée le prolongement de son champ.
Le cadmium, un combat de six mois
S'il fallait ne retenir qu'un texte, ce serait celui-là. Dès février 2026, dans le cadre de la niche parlementaire des députés écologistes, Benoît Biteau porte une proposition de loi anti-cadmium : une trajectoire de baisse du seuil autorisé dans les engrais phosphatés — 40 mg/kg au 1er janvier 2027, puis 20 mg/kg en 2030, conformément aux recommandations de l'Anses. Le Poitou-Charentes, rappelle-t-il, est l'une des régions les plus exposées à cause de sa céréaliculture intensive.
Face aux fabricants d'engrais et au gouvernement, qui agitent le risque d'une flambée des prix et d'une perte de souveraineté alimentaire, l'agronome dégaine les chiffres reçus en audition.
« Les producteurs savent produire des engrais sans cadmium. Le marché ne sera donc pas sous tension. Surtout, le prix du procédé de décadmiation est indolore : 2 euros par hectare chaque année ! »
Séance du 3 juin 2026, examen de la proposition de loi anti-cadmium dont il est le rapporteur.
Eau, zones humides, pesticides : la bataille de l'agroécologie
Au-delà du cadmium, l'activité de Benoît Biteau dessine une ligne unique : celle de l'agroécologie contre l'agriculture intensive. Ses 28 questions écrites et orales tournent presque toutes autour de l'agriculture, de l'élevage extensif, de la mer et du littoral — le monde qu'il connaît de l'intérieur.
C'est en séance qu'il pèse le plus. Sur la loi « Protection et souveraineté agricoles », il a défendu au printemps 2026 la restauration des zones humides et une hiérarchisation des usages de l'eau, s'opposant frontalement aux méga-bassines de stockage — un dossier brûlant dans sa région, à quelques kilomètres de Sainte-Soline.
« L’eau ne sera ni ralentie ni retenue, les équipements de stockage ne seront pas remplis et les agriculteurs ne disposeront pas d’eau pour irriguer leurs cultures. Voilà l’écueil ! »
Séance du 21 mai 2026, débat sur le stockage de l'eau et l'irrigation agricole.
Son arme de prédilection reste l'amendement : 803 déposés en premier auteur, plus de 12 000 cosignés, dont 453 sur la seule proposition de loi « levant les contraintes du métier d'agriculteur » qu'il a combattue pied à pied. Il a par ailleurs déposé une proposition de résolution s'opposant à la déréglementation européenne des pesticides dite « Omnibus ».
Discipline de groupe totale, présence dans la moyenne
Sur les 1 918 scrutins où il a exprimé un vote, Benoît Biteau a voté 98 % du temps comme la majorité de son groupe Écologiste et Social — une des loyautés les plus élevées de l'Assemblée, cohérente avec un groupe très soudé. Aucun blâme ni rappel à l'ordre ne figure à son encontre dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base.
Côté présence, le tableau est plus nuancé. Avec un vote exprimé dans 24,2 % des 7 932 scrutins de la législature, il se situe pile dans la médiane des députés (24,1 %) — ni plus ni moins assidu aux scrutins publics que la moitié de ses collègues. Un chiffre qui contraste avec son hyperactivité en commission et en séance, où ses 401 prises de parole et ses centaines d'amendements le placent parmi les plus présents dans le travail de fond.
Du champ à l'hémicycle
Rien ne prédestinait ce fils de paysans de l'estuaire de la Seudre à devenir législateur. Ingénieur agronome de formation, il reprend à 40 ans une exploitation céréalière intensive et la convertit intégralement à l'agroécologie — un pari récompensé dès 2009 par le Trophée national de l'agriculture durable. Cette trajectoire irrigue tout son discours : pour lui, la souveraineté alimentaire ne se joue pas dans le rendement immédiat mais dans la préservation du vivant.
« Ce qui menace la souveraineté alimentaire, enjeu central de ce texte, ce sont le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité. »
Séance du 22 mai 2026, débat sur la protection et la souveraineté agricoles, à propos des zones humides.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Benoît Biteau sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-le à ses collègues dans nos classements.