Renforcer l’enseignement à la défense nationale dans le cadre du parcours de citoyenneté
Amendements (2)
Art. ART. PREMIER
• 12/03/2026
DISCUTE
Exposé des motifs
Les députés du groupe parlementaire La France insoumise sont opposés à cette proposition de loi ; cet amendement de repli vise à en supprimer la disposition la plus problématique, soit la possibilité d’associer les réservistes des armées à l’enseignement à la défense qu’elle propose de renforcer.
Cette possibilité est présentée comme une mesure bénigne, presque folklorique, qui viserait à transmettre une « vision incarnée de la chose militaire ». En réalité, elle ouvre la voie à la généralisation de l’enseignement de certaines matières par des acteurs extérieurs à l’Éducation nationale. Le rapporteur de cette proposition de loi ne s’en cache d’ailleurs pas : il écrit dans son rapport souhaiter que « l’enseignement de défense [soit] entièrement dispensé par ou au moins en présence de réservistes citoyens ou opérationnels. »
Ainsi, les auteurs de cette proposition de loi veulent déposséder les professeurs de leur mission fondamentale, l’éducation. A terme, le précédent créé par ce texte pourrait ainsi amener d’autres intervenants extérieurs à intervenir dans les salles de classe, en y évinçant progressivement les professeurs.
Combinée à la baisse permanente des moyens de l’éducation nationale – comme la suppression de plus de 4000 postes de professeurs consacrée dans le Projet de loi de finances 2026- cette disposition contribuera donc à saper le rôle des professeurs dans l’éducation et l’émancipation des élèves.
Si l’enseignement à la défense venait à être renforcé, il devrait être dispensé par des professeurs; cela requiert avant tout des moyens supplémentaires. Les réservistes, en particulier ceux des armées, ne sont pas des enseignants ; ils n’en n’ont ni les compétences ni les missions.
Dispositif
Supprimer l’alinéa 4.
Art. ART. PREMIER
• 12/03/2026
DISCUTE
Exposé des motifs
Les députés du groupe La France insoumise sont opposés à cette proposition de loi ; cet amendement vise ainsi à la vider de son contenu.
Depuis des années, les responsables politiques macronistes sapent méthodiquement les services publics puis feignent de s’étonner lorsque ceux-ci n’arrivent plus à remplir leurs missions.
L’éducation n’échappe pas à la règle. Les auteurs de cette proposition de loi (PPL) déplorent ainsi que l’enseignement à la défense, déjà prévu par le code de l’éducation nationale, ne soit pas suffisamment dispensé dans les classes du secondaire.
Ils reconnaissent pourtant que ces lacunes sont dues aux manques criants de moyens dans l’Éducation nationale : le rapporteur de cette PPL C. Blanchet déplore ainsi dans rapport que « dans un contexte de pénuries de ressources humaines et d’attrition des moyens budgétaires, la difficulté récurrente des enseignants à terminer dans les temps les programmes scolaires en raison de l’inflation de ces mêmes programmes[…] expliquent également la faible diffusion de l’enseignement de défense ».
Le bilan des gouvernements successifs depuis 2017 est en effet accablant à cet égard : plus de 8800 suppressions de poste d’enseignants dans le secondaire depuis 2017 (chiffres du Snes-Fsu), avec des manques d’enseignants dans 55% des établissements scolaires à la rentrée 2025, tout en augmentant le nombre d’élèves par classe (25,8 élèves par classe au collège, soit 5 de plus que la moyenne de l’UE).
Pourtant, malgré ce constat, les auteurs de cette PPL veulent encore alourdir les programmes du secondaire, déjà surchargés faute de moyens et de temps. Le référentiel créé par cette PPL et les enseignements qui en découleront se feront donc nécessairement au détriment des autres disciplines et programmes déjà existants ; si l’enseignement à la défense peut avoir un intérêt, les enjeux écologiques, l’éducation à l’égalité ou contre le sexisme et les discriminations sont prioritaires pour une éducation émancipatrice. L’objet de cette PPL est tout autre : son auteur la décrit comme « le pendant humain et moral des investissements budgétaires consentis en faveur des armées », c’est-à-dire comme une manière d’accompagner la martialisation du discours de l’exécutif, qui utilise la rhétorique de « l’économie de guerre » et du « réarmement » pour justifier la guerre sociale qu’il mène dans le pays.
Plus grave encore, ce texte permet aux réservistes, notamment ceux des armées, d’intervenir dans les salles de classes des enseignements relatifs à la défense. Ce n’est pas le rôle des réservistes, dont les compétences n’ont rien à voir avec celles des enseignants. L’éducation, même à la défense, doit être assurée par des professeurs, non par des militaires. La possibilité pour les réservistes des armées d’intervenir dans les établissements du secondaire, couplée à une baisse régulière des moyens de l’Éducation nationale, entrainera de facto une utilisation croissante des moyens des armées pour pallier la baisse de ceux de l’Éducation nationale, sciemment orchestrée par les gouvernements macronistes successifs. Cette stratégie de sape progressive de l’école publique et du rôle des professeurs doit être combattue en bloc.
Dispositif
Supprimer cet article.
Scrutins (0)
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