Question écrite
✓ Répondue le 07/07/2026
santé
Fardeau psycho-social des maladies de peau et plan santé mentale 2025
Posée le 21/10/2025 • Ministère interrogé : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Josiane Corneloup DR
Députée — Saône-et-Loire (2)
La question
Mme Josiane Corneloup attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la lutte contre le fardeau psycho-social des maladies de peau affichantes. M. Michel Barnier, lorsqu'il était Premier ministre, avait annoncé que la santé mentale serait érigée en grande cause nationale pour l'année 2025. Une thématique qui touche toute la population, mais qui atteint de plus en plus les jeunes. Les maladies de peau affichantes – comme le vitiligo – sont des maladies multidimensionnelles qui font peser, au-delà de l'aspect physique, un lourd fardeau psycho-social sur les personnes atteintes, notamment chez les jeunes. Plus la maladie progresse, plus elle est visible et plus elle provoque l'isolement, le repli sur soi ou, dans des cas extrêmes, des discriminations et du harcèlement. À ce titre, une étude IFOP de 2024 menée auprès de jeunes de 12 à 25 ans témoigne d'un constat clair et préoccupant : 76 % des personnes sondées estiment que le regard que la société porte sur les personnes atteintes de vitiligo nuit à leur santé mentale. L'étude révèle plus précisément que seuls 34 % des collégiens accepteraient un contact physique avec une personne atteinte de la maladie et seuls 38 % accepteraient d'interagir avec elle. Si une meilleure prise en compte de ce fardeau psycho-social dans le parcours patient est primordiale, la sensibilisation du grand public l'est tout autant afin de promouvoir une meilleure compréhension de la maladie et renforcer le soutien aux personnes touchées, en particulier les plus jeunes. Ainsi, elle souhaite savoir comment la lutte contre le fardeau psycho-social lié aux maladies de peau affichantes – qui a des conséquences psychologiques, scolaires, familiales et sociales chez nos enfants – s'intégrera dans le plan d'actions gouvernemental lié à la santé mentale en 2025.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/07/2026
La santé mentale a été érigée en grande cause nationale pour les années 2025 et 2026. L'ambition est claire : faire de la santé mentale une réalité tangible dans le quotidien de chacun, en renforçant la prévention, l'accès aux soins et la lutte contre les facteurs de vulnérabilité. Dans cette perspective, la prise en compte de la détresse psychique associée à des pathologies somatiques, telles que les maladies de peau affichantes, s'inscrit pleinement dans les priorités publiques. Les interactions entre santé physique et santé mentale sont désormais reconnues comme un enjeu majeur, nécessitant une approche globale et coordonnée. En particulier, plusieurs actions inscrites dans la feuille de route « Santé mentale et psychiatrie » intègrent explicitement l'impact du regard social, des stéréotypes et des discriminations sur la santé mentale. Les discriminations constituent en effet un facteur de risque important de troubles psychiques, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes. La lutte contre la stigmatisation et contre toutes les formes de rejet représente ainsi un levier central de prévention. À ce titre, les dispositifs généralistes portés par l'axe 1 de la feuille de route apportent une réponse structurante, en agissant au-delà des situations individuelles pour s'attaquer aux déterminants sociaux du mal-être. La lutte contre la stigmatisation passe notamment par le déploiement massif des formations au secourisme en santé mentale. Ces formations permettent de mieux comprendre les troubles psychiques, de repérer précocement les situations de détresse et de promouvoir des attitudes bienveillantes et inclusives. Le module « Ado », notamment, contribue à déconstruire les préjugés et à prévenir les phénomènes de rejet ou de harcèlement, y compris lorsqu'ils sont liés à une différence visible ou à une pathologie. Le dispositif « Mon soutien psy » facilite, quant à lui, l'accès à des consultations psychologiques pour les enfants, les adolescents et les adultes présentant des troubles légers à modérés. Il constitue un outil concret pour accompagner les jeunes confrontés à un retentissement psychologique lié à une maladie visible, à des moqueries ou à des discriminations. Par ailleurs, les programmes de renforcement des compétences psychosociales, déployés en milieu scolaire et périscolaire, visent à développer l'empathie, l'estime de soi, la gestion des émotions et le respect d'autrui. Ils participent à la prévention du harcèlement et à la construction d'un climat scolaire plus inclusif, favorable à l'ensemble des élèves, et tout particulièrement à ceux vivant avec une pathologie visible. Ces actions transversales peuvent être complétées par une mobilisation renforcée des acteurs de la prévention, de l'éducation nationale et du secteur associatif, afin d'intensifier la lutte contre toutes les formes de discrimination et de promouvoir une culture de l'inclusion, essentielle à la préservation de la santé mentale.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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