Question écrite
✓ Répondue le 02/06/2026
santé
Chikungunya : quelles mesures pour enrayer la progression du moustique tigre ?
Posée le 04/11/2025 • Ministère interrogé : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Julie Lechanteux RN
Députée — Var (5)
La question
Mme Julie Lechanteux attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la recrudescence préoccupante des cas de chikungunya observée dans le département du Var et, plus largement, en France métropolitaine. Depuis le début de l'année 2025, 228 cas ont été recensés sur le territoire national, dont près de la moitié dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ce chiffre marque une progression significative par rapport aux années précédentes et révèle une tendance inquiétante. Le chikungunya, maladie virale transmise par le moustique tigre (Aedes albopictus), provoque de fortes douleurs articulaires, de la fièvre et une fatigue durable, pouvant entraîner une incapacité temporaire, voire prolongée. Or le Var figure parmi les départements les plus touchés : placé en vigilance rouge dès l'arrivée de l'été 2025, il est désormais colonisé par cette espèce invasive dans plus de 40 % des communes. Cette situation fait peser un risque sanitaire réel sur la population locale, mais aussi sur les touristes, nombreux à fréquenter la région durant l'été. Face à cette progression, il est impératif de renforcer la stratégie de prévention et de lutte antivectorielle. La prévention demeure le premier rempart : elle passe par une information claire et continue du public, rappelant les gestes essentiels : élimination des eaux stagnantes, port de vêtements longs et clairs, usage de répulsifs et installation de moustiquaires. Cependant, la démoustication doit également faire l'objet d'un plan d'action renforcé, coordonné entre l'État, les collectivités territoriales et les agences régionales de santé, afin d'éviter une propagation incontrôlée du moustique tigre et des maladies qu'il véhicule. Elle l'interroge en conséquence sur les mesures concrètes qu'elle entend mettre en œuvre pour renforcer la prévention et la sensibilisation du public et intensifier les actions de démoustication dans les zones les plus exposées au risques liés au chikungunya et, plus largement, aux moustiques tigres ; elle rappelle que la lutte contre le chikungunya et les maladies vectorielles est un enjeu de santé publique majeur, qui nécessite une action coordonnée, rapide et durable pour protéger la population et préserver la sécurité sanitaire du pays.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 02/06/2026
La saison 2025 a été marquée par une augmentation significative du nombre de cas autochtones de chikungunya, en lien avec un nombre record de cas importés, notamment en provenance de La Réunion, où une épidémie importante a sévi. Les maladies transmises par les moustiques constituent par conséquent un enjeu majeur de santé publique, dans un contexte marqué par le changement climatique, l'urbanisation et la mondialisation des échanges. Avec près de 95 % de ses communes colonisées par le moustique tigre (Aedes albopictus), le Var est l'un des départements métropolitains les plus touchés par cette espèce. Afin de suivre l'expansion du moustique tigre, un portail de signalement géré par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) permet aux citoyens et aux professionnels de contribuer à la surveillance de la progression du moustique dans les communes encore indemnes et d'orienter efficacement les actions de surveillance entomologique. Face à cette colonisation, la doctrine de la direction générale de la santé repose sur une stratégie de lutte intégrée qui comprend la surveillance entomologique, les actions de prévention et de mobilisation sociale, et des enquêtes entomo-épidémiologiques permettant le cas échéant de gérer les cas déclarés et de déclencher des interventions de lutte antivectorielle visant à réduire localement la transmission virale. Ces actions sont sous la responsabilité des Agences régionales de santé (ARS) et de leurs opérateurs de démoustication dûment habilités, afin de limiter localement la transmission des virus. Ces actions sont menées en lien étroit avec Santé Publique France pour le suivi épidémiologique. La prévention repose avant tout sur la réduction des sites de reproduction du moustique tigre, notamment par la détection et l'élimination de tous les récipients susceptibles de contenir de l'eau stagnante, quelle que soit leur taille. Cette lutte préventive mobilise l'ensemble des acteurs, en particulier les ARS, mais également les communes, qui, au titre de leurs missions d'hygiène et de salubrité publique, peuvent sensibiliser la population aux gestes de prévention, mettre en place un programme de recensement, d'élimination et de traitement des sites publics, intégrer des mesures adaptées dans les documents d'urbanisme, et renforcer la gestion des déchets visant à éviter la création de gîtes potentiels. Les départements jouent également un rôle important et peuvent intervenir pour mener des opérations de démoustications à des fins de baisse des nuisances. Divers outils de sensibilisation, souvent élaborés ou soutenus par les ARS sont également mis à disposition des communes.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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