Question écrite
✓ Répondue le 07/07/2026
santé
Situation des services d'urgences et accès aux soins dans le département
Posée le 11/11/2025 • Ministère interrogé : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Sophie Ricourt Vaginay UDDPLR
Députée — Alpes-de-Haute-Provence (2)
La question
Mme Sophie Ricourt Vaginay attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la situation critique des services d'urgences dans le département des Alpes-de-Haute-Provence. Depuis plusieurs mois, les hôpitaux connaissent des fermetures récurrentes ou des horaires réduits, plaçant les habitants, notamment les personnes âgées, les enfants et les patients chroniques, dans une situation sanitaire préoccupante. Le Centre 15, chargé de la régulation des appels d'urgence, fait face à un afflux croissant de demandes, tandis que les ressources en personnel médical et en véhicules d'intervention demeurent insuffisantes pour couvrir le territoire. Cette situation conduit à des ruptures d'égalité dans l'accès aux soins et expose la population à des risques majeurs. Si la pénurie de soignants est une problématique nationale, il ressort des différents audits menés dans les services hospitaliers du département des difficultés organisationnelles qui compromettent davantage le fonctionnement et l'accès aux soins. Par ailleurs, la coordination des différents acteurs de la chaîne d'urgence soulève de réelles interrogations quant à l'efficacité et la cohérence du dispositif territorial. Face à ces difficultés, elle lui demande quelles mesures elle entend mettre en œuvre pour renforcer les moyens des services d'urgences et du SAMU dans le département, améliorer les conditions de travail des personnels et garantir une prise en charge rapide et sécurisée pour tous les habitants. Elle s'interroge également sur les actions prévues pour développer durablement l'offre de soins de proximité, afin de limiter la pression sur les urgences et de sécuriser l'accès aux soins non programmés dans les territoires ruraux des Alpes-de-Haute-Provence.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/07/2026
Le ministère chargé de la santé connait les difficultés qui perdurent du fait du manque de personnel médical dans plusieurs établissements mais les effectifs des deux services d'urgences du Groupement hospitalier de territoire (GHT) 04 se renforcent peu à peu et ont même quasiment atteint leur cible au centre hospitalier de Digne-les-Bains, siège du Service d'aide médicale urgente (SAMU). Par ailleurs, de nombreuses mesures ont été prises pour ne pas affecter la réponse aux besoins de la population, notamment les publics les plus vulnérables, ainsi que pour soutenir les professionnels de santé. Parmi ces mesures, l'une, précurseure en France, prise en concertation avec les urgentistes, a été la mise en place en mai 2025 de la régulation préalable obligatoire à l'accès aux services d'urgences. Cette mesure s'appuie également sur la mise en place du Service d'accès aux soins (SAS) depuis juin 2024. Grace à ces dispositifs, d'une part les patients sont mieux orientés et d'autre part les professionnels de santé sont mobilisés de la manière la plus pertinente. Toute personne située dans les Alpes-de-Haute Provence peut en effet désormais bénéficier d'un conseil médical 24h/24 et le cas échéant être orienté vers un rendez-vous dans les 48h ou, si l'urgence est avérée, faire l'objet d'une orientation vers un service d'urgences ou l'envoi d'un véhicule de secours. Le SAMU 04 a connu une augmentation d'appels de 20 % à 30 % en 2025 suite à la mise en place de la régulation préalable et ses moyens ont été renforcés dès 2024 avec notamment pour le SAS 04, 3 postes supplémentaires d'assistants de régulation médicale et des médecins régulateurs libéraux présents du lundi au vendredi de 8h à 20h en complément des médecins régulateurs hospitaliers. Les protocoles internes aux hôpitaux ont également été revus afin d'assurer une réponse adaptée même en situation de tension médicale (mobilisation des médecins des autres services par exemple). Par ailleurs, des dispositifs complémentaires ont été soutenus, développés et financés par l'Agence régionale de santé (ARS), notamment : - la création en février 2025 d'une maison médicale de garde à Digne-les-Bains pour prendre en charge les petites urgences ; - le développement de transports paramédicaux hospitaliers (unité mobile hospitalière psychiatrique et télétransmission des informations hospitalières afin de réserver le recours aux médecins dans les seuls cas qui le nécessitent ; - l'augmentation du nombre d'internes dans les services d'urgences avec pour ce semestre 9 internes (4 à Digne et 5 à Manosque) dont 1 interne de spécialité d'urgence à Digne ; - le soutien financier de l'ARS à la médicalisation de l'hélicoptère de gendarmerie grâce à une dotation complémentaire de 150 K€ annuel depuis 2023 ; - le nombre d'heures de garde ambulancières a augmenté depuis 2022 grâce à la réforme des Transports sanitaires urgents, avec également le financement d'un poste de coordonnateur ambulancier au sein du SDIS permettant de limiter les carences ambulancières et de fluidifier la coopération entre acteurs des transports sanitaires urgents ; - le renfort de la coopération avec les moyens sapeurs-pompiers (financement de gardes VLI ou mise à disposition par l'hôpital de matériel de monitoring connecté (SCOPE) ) ; - la mobilisation des infirmiers libéraux assistés d'une mallette de télémédecine pour la garde médicale sur les zones de Annot-Entrevaux et Riez ; - l'augmentation des moyens du centre d'enseignement aux soins d'urgences afin de renforcer les expertises des professionnels et mobiliser les médecins généralistes sur des missions d'urgences (médecins correspondants SAMU, appui aux services d'urgences…) En dépit des tensions sur les effectifs médicaux, tout est ainsi mis en œuvre pour répondre aux besoins de soins urgents de la population et prévenir la survenue de risques ou pertes de chance liés à cette situation. En effet, au-delà du contexte national, la mission d'audit et de soutien réalisée par François Braun à la demande du directeur général de l'ARS et dont les conclusions ont été données en mars 2025 a identifié plusieurs leviers d'actions locaux qui ont donné lieu pour bon nombre à la mise en œuvre des actions précitées et ont ainsi permis d'améliorer la réponse globale et la coordination entre acteurs. L'ARS est engagée pour renforcer l'attractivité médicale du département que ce soit avec le soutien au développement des structures d'exercices coordonnées (MSP et centres de santé) ou l'accueil d'internes. Grace à cette action résolue, le département des Alpes-de-Haute-Provence a vu l'installation de 54 médecins généralistes entre 2023 et 2025, compensant et dépassant pour la première fois depuis plus de 10 ans les départs en retraite. Par ailleurs, le nombre d'internes accueillis dans le département ne cesse d'augmenter depuis 3 ans avec deux fois plus d'entre eux accueillis ce semestre qu'il y a 3 ans. Parallèlement, un travail est en cours afin de pouvoir accueillir dès novembre 2026 des docteurs juniors (supervisés par des maîtres de stage universitaire) dans des territoires sous-denses en médecine générale.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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