Question écrite
✓ Répondue le 07/07/2026
santé
Lutte contre le VIH
Posée le 09/12/2025 • Ministère interrogé : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées
Arthur Delaporte SOC
Député — Calvados (2)
La question
M. Arthur Delaporte attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur deux freins majeurs à la maîtrise de l'épidémie de VIH. En 2024, 181 000 personnes vivent avec le VIH et l'incidence reste stable autour de 5 000 nouveaux diagnostics par an. Près de 9 200 personnes ignorent leur séropositivité, responsables de 50 à 60 % des nouvelles infections, tandis que 8 000 à 12 000 personnes seraient en situation de rupture thérapeutique. La Haute Autorité de santé recommande, dans les zones à forte prévalence, une stratégie de dépistage systématique avec option de refus (« opt-out »), notamment aux urgences et dans les PASS, mais le cadre juridique actuel demeure insuffisamment clair pour permettre sa mise en œuvre territorialisée. Par ailleurs, aucun état des lieux précis des personnes en rupture thérapeutique n'a encore été réalisé, alors que la mobilisation des bases de la CNAM permettrait de disposer d'une évaluation indispensable pour adapter les parcours de soins. Il lui demande donc quelles mesures elle entend prendre, d'une part, pour sécuriser juridiquement la mise en place du dépistage « opt-out » dans les territoires concernés et, d'autre part, pour missionner la CNAM afin qu'elle établisse un recensement actualisé des personnes en rupture thérapeutique et propose les modalités de leur retour dans le soin. Il souhaite connaître le calendrier prévu pour ces actions essentielles à l'atteinte des objectifs nationaux et internationaux de lutte contre le VIH.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 07/07/2026
Dans ce contexte global d'augmentation du dépistage et du diagnostic des Infections sexuellement transmissibles (IST), observée depuis 2021, le maintien d'une action résolue en faveur du dépistage reste primordial. Plusieurs actions ont été déployées dernièrement. Le dépistage des IST sans ordonnance s'inscrit dans cette ambition via l'action n° 13 de la feuille de route 2021-2024 de la Stratégie nationale de santé sexuelle. Cette action répond à l'engagement du ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées de faire un pas décisif dans la diversification de l'accès au dépistage et aux outils de prévention afin de réduire au maximum les occasions manquées de prévenir une infection par le Virus de l'immunodéficience humaine (VIH), les IST et les hépatites. Prévu par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2023, le dépistage des IST sans ordonnance en laboratoire de biologie médicale est effectif depuis le 1er septembre 2024. Cette offre vient s'inscrire en complémentarité d'une part de l'activité de dépistage sur prescription et d'autre part de l'activité de dépistage au sein des centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic et les centres de santé sexuelle. Les premiers résultats de ce dispositif sont très encourageants, notamment chez les moins de 26 ans, qui représentent une grande partie des bénéficiaires. La France s'inscrit pleinement dans les objectifs fixés par l'ONUSIDA dits « 95-95-95 », qui visent, d'ici à 2030, à ce que 95 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, que 95 % de celles qui connaissent leur statut bénéficient d'un traitement antirétroviral et que 95 % des personnes traitées présentent une charge virale indétectable, condition indispensable à la préservation de leur santé et à l'absence de transmission du virus. Les données les plus récentes publiées par Santé publique France dans son bulletin d'octobre 2025 montrent que la France a atteint, et même dépassé, le troisième objectif relatif à la suppression virale chez les personnes traitées. Pour autant, l'existence de situations de rupture thérapeutique demeure une préoccupation majeure. Ces ruptures peuvent résulter de facteurs multiples : précarité sociale, troubles psychiques ou addictifs, isolement, vieillissement, ou encore complexité des parcours de soins. Elles constituent un enjeu à la fois individuel et collectif. C'est pourquoi la troisième feuille de route de la Stratégie nationale de santé sexuelle 2017-2030 se concentre sur l'amélioration des stratégies actuelles et innovantes de dépistage du VIH, IST et des hépatites virales, notamment dans les structures d'urgence. Elle comportera un volet spécifique consacré à la prévention des ruptures de soins et au retour dans le parcours de prise en charge.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
Autres questions de Arthur Delaporte
Frais liés aux saisies sur compte
Question écrite • 07/07/2026
Ventes en ligne en direct
Question écrite • 16/06/2026
Situation de la périnatalité et néonatologie en France
Question écrite • 16/06/2026
Financement du fonds mondial
Question écrite • 09/06/2026